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La micro finance et la lutte contre la pauvreté. Le cas de Djibouti

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par Abdoulkader WARSAMA AFASSEH
Université de Poitiers ( France ) - Diplôme d'études supérieures spécialisées en développement économique local 2012
  

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Deuxième Partie : Rôle du microcrédit dans la lutte
contre la pauvreté.

Le microcrédit est un puissant instrument de lutte contre la pauvreté qui a prouvé son utilité social. En général, C'est un prêt destiné à des personnes défavorisées, en majorité des femmes, pour leur permettre de créer des activités génératrices des revenus.

Cette présente partie traite de la stratégie et rôle du microcrédit comme instrument de lutte contre la pauvreté à Djibouti. De prime abord, nous tenterons d'étudier le profil de la Pauvreté, état des lieux et dispositif pour faire face. Et ensuite, nous étudierons les mécanismes adoptés pour lutter contre la pauvreté.

CHAPITRE I : La Pauvreté à Djibouti : concepts, états des lieux

I.1) La pauvreté : définition et mesure.

L'analyse des politiques de lutte contre la pauvreté en général échoue parce que l'on ne sait pas mesurer correctement la notion même de pauvreté. Donc, il est nécessaire, avant d'aller plus loin de définir précisément ce que l'on entend par pauvreté.

En effet, dans sa définition courante, la pauvreté désigne l'état, la condition d'une personne qui manque de ressources, de moyens matériels pour mener une vie décente. On perçoit que si la notion d'argent est primordiale dans cette définition, ce n'est pas pour se rapporter à un standard de niveau de vie. Par conséquent, cela entraine des différences entre les pays en fonction de leur situation économique générale. Ces considérations ont conduit les institutions internationales à donner différentes définitions de la pauvreté :

_ La pauvreté relative évoque un niveau de vie variable en fonction de l'époque et de la société. Elle comprend la moitié du revenu médian d'une société.

_ Le seuil de pauvreté correspond à deux dollars par jours et par habitant,

_ La pauvreté absolue ou extrême pauvreté correspond à moins d'un dollars par jour et

habitant.

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Ces définitions classiques s'appuient exclusivement sur des mesures du revenu par habitant. Cependant, un consensus existe aujourd'hui autour de la dimension pluridimensionnelle de la pauvreté : elle ne se limite pas à une simple insuffisance de revenu mais englobe également des aspects plus qualitatifs de la vie. La pauvreté n'est plus seulement économique, mais devient en même temps sociale, politique et culturelle. Cette approche est légitimée par les travaux d'Amartya SEN1. Considérer comme l'un des penseurs fortement influencé par l'évolution de ce concept, selon lui, la pauvreté est avant tout une privation des capacités élémentaires.

Néanmoins, « cette définition ne vise en aucune manière à nier l'évidence : un revenu faible constitue bien une des causes essentielles de la pauvreté, pour la raison, au moins, que l'absence de ressources est la principale source de privation des capacités d'un individu »2

Cela veut dire que la richesse est pressentie comme pouvoir et la pauvreté comme altération des conditions dans lesquelles les individus décident, ce qui justifie de fait une intervention du gouvernement et des institutions internationales.

Il ressort de ces analyses trois formes principales de pauvreté :

? La pauvreté monétaire qui prend en compte les ressources des individus. Elle est évaluée en fonction du revenu des individus ou de leur consommation (de biens alimentaire).

? La pauvreté des conditions de vie résultant de l'incapacité de l'individu à satisfaire ses besoins essentiels. C'est une vision plus qualitative qui met en lumière l'exclusion par rapport à un certain mode de vie matériel et culturel. La pauvreté est ici perçue comme un manque.

? La pauvreté des « capacités » traduit le fait que l'on ne dispose pas des moyens qui permettraient de se soustraire à la pauvreté par la mise en valeur de ses capacités individuelles.

Ces différentes formes de pauvreté interagissent entre elles, de sorte que tout individu pauvre est confronté à un cercle vicieux, un « processus cumulatifs dans lequel déficits éducatifs et matériels se traduisent par un engrenage infernale ». La pauvreté est perçue comme un état mais s'assimile de plus en plus à un processus pluridimensionnel et protéiforme dans le cadre duquel richesse, savoir et pouvoir sont intimement liés. Elle est

1 _

2

_

Economiste et prix Nobel en 1998.

extrait d'ouvrage d'Amartya Sen, « l'économie est une science morale » paru en 1999.

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d'avantage abordée à la source et considérée comme la conséquence d'une inaptitude à saisir les opportunités qui se présentent en raison d'un manque de capacité.

Dès lors, il est possible de formuler une définition unique de la pauvreté comme étant un processus cumulatif dans lequel les déficits matériels, sociaux, éducatifs et culturels figent un individu dans une situation de manque en entravant son épanouissement.

Cette définition ne doit pas occulter la place de la perception par la population de leur situation. En d'autres termes, un individu qui ne se perçoit pas comme pauvre, quel que soit ses conditions de vie et son niveau de revenu, n'exprimera le besoin d'améliorer sa situation, tout dépend de l'environnement culturel qui structure les populations. A Djibouti, comme dans les autres pays Africains, le groupe est conçu comme un vecteur naturel de solidarité, les notions de revenu ou même de niveau de vie n'est pas pertinent.

Peu importe ce que l'individu possède pourvu qu'il soit intégrer au groupe ou au village.

On peut avancer que la pauvreté n'est pas perçue comme une absence de richesse ou de capacité mais comme un déficit de socialisation.

Parallèlement aux trois formes de pauvreté définies auparavant, il existe trois formes d'inégalités :

? L'Inégalité monétaire correspond à la répartition des richesses nationales ;

? L'inégalité des conditions de vie renvoie aux différences dans les possibilités d'accès à la satisfaction des besoins essentiels ;

? L'inégalité de « capacités » ou inégalité des chances, correspond aux différences de probabilités de pouvoir mettre en valeur ses capacités, les individus n'ayant pas alors au départ les mêmes chances de réussit.

Qu'est-ce que la lutte contre la pauvreté ?

Comment situer la lutte contre la pauvreté par rapport à ces définitions ?

La banque mondiale, dans son rapport 2000 (sur le développement dans le monde 2000 : « combattre la pauvreté », a défini la lutte contre la pauvreté dans une approche élargie et pluridimensionnelle qui comporte quatre critères :

-L'augmentation des revenues ;

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-L'accès aux besoins publics (eau, éducation, santé, etc.) -Réduction des risques ;

-L'amélioration des rapports de force en faveur des « sans pouvoirs » et des « sans voix » (ce qu'on désigne généralement sous le terme d' «empowerment »).

Fort de cette approche, le rapport de la banque mondiale propose une stratégie visant à combattre la pauvreté sur trois fronts :

-Le développement des opportunités, c'est-à-dire des opportunités matérielles et financiers (emploi, crédit, électricité, école, services de sante, etc.) Et des qualifications (éducation et formation professionnelle) ;

-L'insertion : l'insertion des pauvres dans la société est déterminée en grande partie par les institutions publiques et sociales qui doivent être attentives à leur besoins. Cette démarche est politique : elle implique un ensemble de reformes devant améliorer la responsabilité et l'efficacité de l'administration, des institutions juridiques et des services publics, ainsi que le renforcement de la participation des pauvres aux processus politique et aux décisions locale.

C'est dans cet optique que né la micro finance à Djibouti.

-La sécurité matérielle : il est nécessaire, afin d'améliorer le bien-être et d'encourager les investissements dans le capital humain, d'atténuer la vulnérabilité aux chocs économiques, aux catastrophes naturelles, à la mauvaise santé, à la violence, etc.

L'état doit tout mettre en oeuvre pour diminuer ces risques auxquels sont confrontes les pauvres

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