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Télévision haà»tienne par càóble et couleur locale ( la télé Haà»ti )

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par Joêl Lorquet
Université d'état d'Haà»ti faculté des sciences humaines - Licence en sciences de la communication collective et du journalisme 1999
  

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C- LES ACCIDENTS

Bien qu'ils ne se produisent que rarement, les accidents constituent un type de problèmes rencontrés par les techniciens de la Télé Haïti. Ces accidents qui provoquent la coupure du câble de la Télé Haïti sont généralement occasionnés par des chauffeurs de poids lourds distraits qui, revenant d'une livraison de sable, de gravier ou de pierres quelconque, oublient de rebasculer la partie arrière de leur engin. Ce genre d'accidents est surtout enregistré dans les endroits qui n'ont pas encore été rénovés par l'EDH (l'Electricité d'Haïti). Notons en passant que 70% du réseau de la Télé Haïti sont rénovés. Des travaux de rénovation complet du réseau de l'ED'H seraient profitable à la Télé Haïti. En effet, Sur environ 30% de réseau Télé Haïti les poteaux en bois sont en très mauvais état et les câbles des trois compagnies (ED'H, Téléco, Télé Haïti) sont placés trop bas, ce qui favorise les prises clandestines et les accidents de la circulation sus-mentionnés.

A-I LES REPERCUSSIONS DES PRISES CLANDESTINES ET DES COUPURES INTEMPESTIVES DE L'EDH

Les répercussions des prises clandestines y compris des coupures intempestives de l'EDH sont légions sur le fonctionnement de la Télé Haiti. Des effets négatifs sont bien souvent enregistrés notamment sur le matériel utilisé, tandis qu'un certain nombre d'autres dommages sont constatés de temps à autres par les techniciens de l'entreprise.

a) Les amplificateurs défectueux

Si les prises clandestines causent des problèmes mineurs au niveau du câble coaxial utilisé par la Télé Haïti, ils provoquent parfois des dommages graves sur les amplificateurs de la station. En effet, la diminution de tension occasionnée par le sectionnement des câbles coaxiaux occasionnent la brûlure de certains amplificateurs. A la recherche d'une force de tension, les amplificateurs s'échauffent et parfois, sautent. Ce qui oblige les responsables de la station à procéder au remplacement des amplificateurs défectueux et à utiliser d'autres matériels neufs sous peine de priver un certains nombre d'abonnés de la réception des signaux de la Télé Haïti.

b) Dommages provoqués par les coupures intempestives de l'EDH

Les coupures sporadiques et non annoncées de l'Eléctricite d'Etat d'Haïti ont également des effets négatifs sur le matériel utilisé par la Télé Haïti. Les variations du courant électrique constituent également un vrai casse-tête pour les techniciens de la station. En effet, la tension énergétique, quand elle est trop forte ou trop faible, fait sauter certaines fois les amplificateurs ou d'autres équipements de la station.

B- LES MOYENS DE LUTTE CONTRE LES PRISES CLANDESTINES

Capter le signal de Télé Haïti sans être abonné est un vol puni par la loi. Face à la recrudenscence de prises clandestines sur son réseau qui lui cause un préjudice matériel (câbles endommagés) et financier (service volé; privation de service aux autres abonnés), Télé Haïti a décidé de faire appel aux autorités compétentes afin de faire respecter ses droits.

Pour lutter contre les prises clandestines, les responsables de la Télé Haïti peuvent appliquer les options suivantes:

A) L'utilisation du juge de paix et de la police

Lorsqu'on surprend un fraudeur en flagrant délit, les techniciens de la Télé Haïti font appel à l'appareil judiciaire, autrement dit, ils peuvent se présenter sur les lieux avec un juge de paix accompagné de son greffier et de deux policiers au moins. Conformément à la loi, l'appareil judiciaire peut procécer aux poursuites des propriétaires ou locataires des logements pris en flagrant délit de vol des signaux de Télé Haïti.

Il est à noter qu'en vertu du décret-loi du 12 octobre 1977 sur les Services de Télécommunications en Haïti, en ses articles 139, 143 et 144, qui prévoient en cas d'infraction et de flagrant délit:

a) une peine d'emprisonnement de un à trois ans;

b) une amende de mille à cinq mille gourdes.

Par ailleurs, des articles 9, 10 (1er et 2ème alinéas), 42 et 324 du Code Pénal, qui se lisent comme suit:

a) les peines en matière correctionnelle sont: «l'emprisonnement à temps et l'amende».

b) «l'infraction que les lois punissent de peines correctionnelles est un délit».

c) «les complices d'un crime ou d'un délit sont punis de la même peine que les auteurs même de ce crime ou de ce délit...

d) «les condamnés à une peine correctionnelle seront en cas de nouveau délit, condamnés jusqu'au double de la même peine».

e) «Quiconque a soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas est coupable de vol».33(*)

B) Saisie des appareils ou obligation est faite au fraudeur de signer un contrat d'abonnement

Lorsque la Télé Haïti utilise les services d'un juge de paix, elle procède à la saisie de l'appareil de télévision du fraudeur. Elle exige également du fraudeur, la signature d'un contrat d'abonnement immédiat en vue d'une connection légale. L'appareil sera remis au fraudeur s'il respecte les exigences de la compagnie. Dans de pareils cas, 60% environ des fraudeurs ayant accepté de faire un contrat d'abonnement respectent leur engagement.

C) Effectuer la Saisie des câbles utilisés pour les prises clandestines

Le dernier procédé appliqué par la Télé Haïti pour faire face aux fraudeurs consiste à la saisie des câbles utilisés pour réaliser les prises clandestines. Ce procédé donne de bons résultats en ce sens qu'il décourage les fraudeurs obligés à acheter un autre câble qui coûte assez cher à présent.

Notons en passant que lors des périodes de panne ou d'arrêt de fonctionnement de la TNH (Télévision Nationale d'Haïti), comme par exemple durant la période allant de septembre 1993 jusqu'au début de 1994, une augmentation sensible des actes de piratage est constatée. Cela s'explique simplement par le fait que les téléspectateurs n'ont pas d'autres alternatives en matière d'informations télévisées, surtout qu'à cette époque donnée, à côté de la PVS-Antenne 16, les trois nouvelles chaînes de TV (4, 5, et 13) ne diffusaient pas encore d'informations.

L'AUDIOVISUEL ET LA PRODUCTION CULTURELLE EN HAITI

Il ne serait pas tout à fait juste de demander à chaque station de télévision de produire ou de réaliser la totalité des émissions devant être diffusées sur leurs ondes. Le coût de production de programmes destinés à la télévision étant élevé, les stations ont recours à des rares produits réalisés par des compagnies locales privées de production, et le plus souvent à des documentaires, des magazines ou des films en provenance de l'étranger, par le truchement des services culturels des ambassades accréditées en Haïti. Il est pourtant malheureux de constater que la production haïtienne en matière de cinéma ou de télévision est presqu'inexistant. Cette situation durera encore longtemps si aucun effort n'est consenti en vue de l'améliorer.

La situation actuelle

D'une manière générale, la production haïtienne en matière de cinéma ou de télévision est très faible. A part de quelques feuilletons télévisés, la plupart ont d'ailleurs disparu («Languichatte», «Papa Pyè», «Mr. Piram», «Gabel», «Les Gens d'ici», «Pè Toma», etc.) et quelques "films" cinématographiques, qu'on peut compter sur les doigts: «Gouverneurs de la Rosée», «Map Pale nèt», «Olivia», «Anita», « Founérailles», «Canne amère», «Le Cap à la Une» et quelques autres que nous verrons en détails dans ce chapitre, rien de particulier n'a été accompli jusqu'ici à ce niveau.

Quelques compatriotes évoluant à l'étranger se sont fait un nom dans le domaine du cinéma, tel est le cas de Dany Laferrière (Prix Carbet de la Caraibe), un Haïtien vivant à Montréal dont roman "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer" a été primé. Raoul Peck, un autre compatriote qui évoluait en Europe, avant de retourner en Haïti pour occuper le poste de Ministre de la Culture sous le gouvernement Préval-Smarth (1996), a plusieurs réalisations cinématographiques à son actif, notamment "Haïtian Corner", (réalisé à New York), "Lumumba ou la mort du prophète" et plus récemment "L'homme sur les quais", film qui a été sélectionné officiellement au Festival de Cannes en 1993.

Le producteur Sicilien évoluant en Haïti depuis les années 80, Claude Mancuso, qui en 1988 a réalisé "Ala mizè pou Rodrig", constate comme bon nombre d'observateurs, que la production haïtienne est très pauvre, il explique ce phénomène à cause de la situation économique du pays. Il fait remarquer que dans les années 80, il y avait un effort en vue de produire certaines émissions destinées à la télévision, cependant dit-il, «le manque d'encouragement de la production indépendante a brisé cet élan». M. Mancuso indique que ces producteurs indépendants ont dû s'arrêter en cours de route à cause des conditions très peu favorables imposées par les stations de télévision (Télé Haïti et TNH) qui exigeaient un trop grand pourcentage sur les recettes publicitaires.

Si les réalisateurs et producteurs haïtiens évoluant à l'étranger ont certaines facilités, on ne saurait condamner toutefois ceux qui évoluent à l'intérieur du pays puisqu'ils font face à des difficultés de toutes sortes. D'abord le manque d'encadrement puisque jusqu'ici le Ministère de la Culture dont le rôle serait de promouvoir ces éléments de notre culture nationale, ne s'est pas encore manifesté en vue de faire avancer le 7ème art. Viennent s'ajouter à cela les problèmes économiques, de facilités techniques et de distribution du produit sur le marché local ou international.

Un article du Nouvelliste consacré à la sortie d'un film haïtien évoquait récemment: «On doit rendre hommage à tous ceux qui tentent de faire vivre le 7ème art et grâce à qui on peut dire qu'il existe un cinéma haïtien. Dans un milieu où tout est difficile, même les conditions d'existence, le cinéma se fraie difficilement un chemin et il n'arrivera jamais à rien si nous ne l'aidons pas».34(*)

PRODUCTIONS VIDEOGRAPHIQUES ET CINEMATOGRAPHIQUES

Chronologie sommaire du cinéma en Haïti et sur Haïti

Le cinéma haïtien est très jeune et caractérisé généralement par une production qu'on ne saurait qualifier de professionnelle ni comparer aux réalisations étrangères. Ce cinéma pauvre traduit la réalité d'un pays sous-développé, qui a trop connu l'instabilité politique, et où les moyens économiques permettant de supporter la production cinématographique et de la démocratiser, sont presqu'inexistants. Le 7ème art produit en Haïti traduit également l'absence d'une vraie école de cinématographie. Les meilleurs cinéastes haïtiens ont été formés à l'étranger, tandis que le pays a vu naître, depuis près d'une dizaine d'années, une nouvelle génération de cinéastes formés sur le tas, et qui en dépit de la richesse de leur créativité, utilisent encore des équipements vidéo destinés pour des reportages télévisés et non des films cinématograghiques au sens propre, qui habituellement, se pratiquent sur pellicule.

- L'APPARITION DU CINEMA

L'historiographie haïtienne sur le cinéma est très limitée. On ne connait que deux numéros de la revue de l'Institut Français d'Haïti, «Conjonction», publiés en 1983 consacrés au cinéma et le livre d'Arnold Antonin paru au cours de la même année à Caracas (Vénézuéla), intitulé «Matériel pour une pré-histoire du cinéma haïtien» ainsi qu'un chapître du même auteur dans le livre de Guy Hennebel et de Alfonso Gumucio Dagron paru en 1984 sous le titre de «Cinéma de l'Amérique latine».

Presqu'en même temps, que dans tous les autres pays du monde, le cinématographe fait son apparition en Haïti. Le 14 décembre 1899, un représentant du cinématographe Lumière effectue la première projection publique au Petit Séminaire. Le lendemain, ce même représentant, Joseph Filippi de passage en Haïti, filme un incendie à Port-au-Prince. Bien qu'il n'y ait pas eu de recherches systématiques et donc d'informations précises et documentées à ce sujet, il y a eu des reportages filmés sur des sujets variés (ciné-variétés) jusqu'à la prise du pouvoir par François Duvalier en 1957. Emmanuel Lafond et Edouard Guilbaud réalisent de nombreux reportages sur les événements politiques et sportifs jugés les plus importants.

On dispose encore dans les archives américaines de la Library of Congress des Etats-Unis d'Amérique, de nombreuses images en mouvement de la période de l'occupation de 1915-1934 représentant les actions des marines et les cérémonies officielles.

On peut retrouver encore des images en mouvement tournées en Haïti sur les soins de santé, l'agriculture ou des scènes de la vie sociale dont le carnaval est le moment privilégié dans les archives de la Library of Congress également ou à Pathé-Ciné.

Les premières projections continues après le passage du représentant des Frères Lumière ont lieu à partir de 1907 au Grand Hotel de Pétion-Ville puis au Parisiana situé au Champ de Mars à partir de 1914. Le Parisiana a été la première grande salle de cinéma et de théâtre ( environ 500 places) qui a existé dans le pays.

En 1933, le Ciné Eden ouvre ses portes au Cap-Haïtien. L'année suivante ce fut le tour du Paramount à Port-au-Prince et en 1935 celui du Rex Théâtre.

LE CINEMA QUE VOIENT LES HAITIENS

Si la production cinématographique locale est pratiquement inexistante, les Haïtiens cependant, vont au cinéma. Dans les années soixante, les spectateurs avaient encore le choix entre des films produits par des réalisateurs italiens et français. Mais au fur et à mesure, malgré des espaces offerts sporadiquement par l'Institut Français, le cinéma holywoodien et pas le meilleur, a envahi les écrans. Pendant tout le régime des Duvalier, une stricte surveillance est exercée sur les films projetés de peur qu'ils ne véhiculent des idées subversives. Par exemple, «La Fièvre monte à El Pao», de Luis Bunuel, a été vite enlevé des salles. Fort souvent les westerns et les films inspirés des arts martiaux chinois représentaient les seuls choix offerts au public.

Dans les années 80, le groupe Elisée apparaît sur le marché haïtien du cinéma. Cette corporation antillaise a permis au public haïtien d'avoir accès aux films à succès réalisés en France et aux versions françaises des films américains.

Aujourd'hui un seul groupe domine la distribution et l'exploitation du cinéma en Haïti, il s'agit du même groupe Maxence Elisée devenu groupe «Loisirs S.A.» et qui possède la plupart des salles de spectacles du pays, notamment les trois plus grandes, l'Impérial, (5 salles), le Capitol (4 salles), le Rex Théâtre et le Paramount.

Le sort des Haïtiens qui veulent voir du cinéma sur le petit écran n'est guère meilleur. Bien que le pays vive encore à l'heure de la radio (194 stations à travers le pays), beaucoup de nouvelles chaînes de télévisions (18 au total) ont fait leur apparition, soit 7 à la capitale et 11 en province. La production locale étant inexistante, ces «télévisions» ne font que relayer soit directement ou en différé des programmes captés à partir d'antennes paraboliques des chaînes américaines ou canadiennes qui déversent fort souvent en anglais toutes sortes d'images en provenance du premier monde. Ainsi donc, les Haïtiens ont eu et ont très peu d'occasion de voir des produits réalisés par leurs compatriotes.

LE CINEMA QUE FONT LES HAITIENS

Le cinéma qui se fait par les Haitiens se caractérise de deux façons: celui réalisé par les compatriotes vivant à l'intérieur du pays où défini comme étant le cinéma de l'intérieur et celui de la diaspora qui à cause du contexte dans lequel il est conçu, le procédé utilisé et l'époque, se veut un cinéma engagé, dans lequel le militantisme est présent dans la majorité des films produits.

* 33- (Réf. Le Nouvelliste: «Annonce de la Télé Haïti sur le captage du signal sans être abonné. Vendredi 26 au Dimanche 28 juin 1998, page 27)

* 34- (Réf. Le Nouvelliste: «Une soirée avec la CCJAH», Mardi 16 septembre 1997, page 5)

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