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Et la bande dessinée rencontra l'ordinateur: enjeux des oeuvres numériques de bande dessinée sur la création artistique

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par Laurène STREIFF
Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse - Maà®trise des sciences et des techniques information- communication concepteur multimédia 2001
  

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6. DU SCENARIO AU SCENARIO D'INTERACTION

6.1. TYPOLOGIE DES FORMES DE SCENARIO DES E-BD

La synthèse des résultats émanant des grilles d'analyse complétées met en exergue quatre formes de scénario de bande dessinée. Chaque forme exprime la démarche de création et la manière dont l'auteur combine interactivité et bande dessinée, c'est-à-dire dont il envisage l'action du lecteur sur son oeuvre.

6.1.2. E-BD à scénario linéaire

Au type scénario linéaire correspondent trois e-BD : My obsession with Chess (MOC) de Scott McCloud, When I am a king (WIK) de Demian5 et L'Oreille Coupée (OC) de Coté et Djief. Dans ces trois créations, l'histoire, donc l'organisation des SUE/UE, est uniquement linéaire : son début, son développement et sa fin sont prévus pour avoir un déroulement unique. Un seul chemin est possible pour le lecteur, sa démarche se limite à la fonction « continuer ». La seule interactivité proposée est de surface avec pour outils d'interaction le clic et/ou le scroll pour découvrir les SUE ou UE, les unes après les autres, de manière continue. Nous retrouvons les caractéristiques d'une lecture d'un album papier, où l'oeil qui passe de cases en cases et la main qui tourne les pages se substituent à une activité de l'index sur une souris d'ordinateur.

Les trois e-BD proposent des plans interactifs, c'est-à-dire des vues d'ensemble, tel un sommaire détaillé, qui présentent les UE dont l'oeuvre est composée. Ces éléments, iconiques (reproduction en taille réduite des UE dans le cas de MOC et OC) ou textuels (numéros de UE en liens html dans le cas de WIK) sont « cliquables », menant vers la partie de la bande dessinée choisie. Il est bien évident que ces interfaces sont accessoires. Elles représentent une aide à l'orientation dans l'oeuvre et offrent la possibilité de reprendre la lecture là où elle a été laissée, en cas d'interruption. Bien évidemment, le lecteur pourrait tout à loisir cliquer sur n'importe quel lien et choisir d'organiser différemment le récit en visionnant les UE dans le désordre. Cependant, cet agissement non préconisé par les auteurs aurait pour conséquence la mise en place d'un récit segmenté et peu compréhensible tant il ne respecte pas les articulations originales.

Et la bande dessinée rencontra l'ordinateur Mémoire de maîtrise I Septembre 2001

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6.1.2. E-BD à scénario extensif

Les e-BD Le déclic (D) de Milo Manara et d'Alphanim, Les Technoffs (T) de Tout pour plaire et Opération Teddy Bear (OTB) d'Edouard Lussan présentent des scénarii appelés extensifs. Cette dénomination signifie que l'oeuvre ajoute au scénario principal, des éléments qui viennent s'y greffer, que le lecteur choisit de lire ou non. Ces éléments sont de plusieurs ordres et ont des fonctions différentes.

D propose au lecteur, à certains moments de l'histoire, de suspendre le temps du récit pour découvrir les pensées des personnages. Le lecteur entre dans leur état d'esprit et peut mieux comprendre leur personnalité ou connaître leur desseins qui se réaliseront dans les scènes suivantes. L'extension est signifiée par un bouton, une flèche verte entourée d'un cercle, placé à côté du visage du personnage. Si le lecteur choisit de cliquer dessus, l'extension s'affiche dans une nouvelle UE qui remplace, le temps d'être lue, celle où se joue la trame principale. Le lecteur revient ensuite là où il en était resté. Si l'option n'est pas activée, l'action se poursuit normalement.

OTB propose, une fois l'ensemble des SUE d'une UE découvertes, des zones actives, signifiées par un halo blanc clignotant, dans les images qui correspondent à des détails du décor (enseignes, véhicules, livres, ticket de rationnement, etc.) ou à des personnages (détails d'uniformes). Par roll-over* puis clic sur ces zones, des indications complémentaires s'affichent, sous forme de petits textes dans l'hypercadre, puis dans des écrans particuliers. Ces éléments n'adoptent pas la forme bande dessinée, et ne relèvent pas forcément de la fiction. Ils se présentent sous la forme de fiches historiques qui expliquent les différents éléments de l'image ou de cartes géographiques qui indiquent le parcours du héros et les zones occupées par les Allemands ou reprises par les alliés. La fonction des extensions est donc éducative. Outre lire l'histoire, le lecteur a la possibilité, s'il le désire, de s'informer sur les événements de la seconde guerre mondiale. Etant donné que le récit se déroule pendant cette période historique et en respecte fidèlement de nombreux détails, le lecteur peut mieux comprendre les différentes scènes de l'histoire et les agissements de certains personnages.

Enfin, la nature des extensions est encore différente dans T. Fréquemment, le lecteur a la possibilité de cliquer sur des zones actives dans l'image ou d'effectuer des roll-over qui sont signifiés par une intervention sonore, afin de découvrir des éléments iconiques

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supplémentaires qui enrichissent le récit principal de petites anecdotes ou digressions : fausses pubs pour des objets présents dans l'image, apparition de fausses citations lors d'un roll-over sur un livre, etc. En outre, le lecteur peut choisir de lire des scénarii parallèles. L'action principale se trame autour d'un premier personnage qui évoque un sujet particulier avec son collègue de bureau. Au cours du récit, le lecteur voit apparaître un petit icône animé qui présente les visages des autres membres de la famille du personnage principal. En cliquant sur cet icône, le lecteur passe alors à un autre personnage qui présente son point de vue sur le sujet traité et peut aussi parler d'autre chose. En fait, la e-BD présente quatre mini-récits, compréhensibles séparément, mais qui s'imbriquent aussi les uns aux autres pour former un histoire globale. L'ordre de lecture des mini-récits n'importe pas. Les extensions ont une fonction de complexification du récit principal.

Les e-BD à scénario extensif offrent au lecteur un scénario linéaire, au cours duquel il peut intervenir pour obtenir des informations «bonus ». A certains moments, il est placé devant deux alternatives : poursuivre la lecture de l'histoire principale ou activer une extension qui va lui donner des éléments utiles, mais non nécessaires, à la compréhension ou à la complexification du récit. Les créations proposent un organigramme linéaire avec des ramifications plus ou moins nombreuses et longues.

Elles initient une réflexion sur les possibilités de l'interactivité de structure en proposant des choix au lecteur. L'action du lecteur n'est plus seulement de cliquer pour visualiser successivement les étapes du récit, elle se joue sur l'activation ou non d'étapes supplémentaires. Le lecteur participe alors à l'élaboration de l'histoire par choix dans les éléments visibles.

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus