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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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c) Un pôle qui profiterait au quartier selon les salariés

En contre partie du fait que les salariés trouvent que le quartier n'est pas assez dynamique, il semblerait que, selon eux, le Pôle Belle-de-Mai a pourtant favorisé ce dynamisme et ils se disent même plutôt satisfaits, dans l'ensemble, de travailler à la Belle-de-Mai. Comme nous le montre le graphique ci-dessous, travailler à la Belle-de-Mai est agréable pour 75% des salariés.

Graphique 22 : taux de salariés qui pensent que travailler à la Belle-de-Mai est agréable/désagréable

Pour conforter ce constat, près des deux tiers des salariés pensent que travailler à la Belle-de-Mai est valorisant professionnellement.

Graphique 23 : Taux de salariés qui pensent que travailler à la Belle-de-Mai est valorisant d'un point de vue personnel/professionnel.

Par contre, seulement la moitié d'entre eux pensent que c'est valorisant personnellement. Il faut sans doute faire le lien entre ce constat mitigé et le fait que le quartier n'a, selon les salariés, pas assez d'équipements ; qu'il y a de l'insécurité et de la précarité ; qu'il n'est pas attirant. Il semble néanmoins évident de signaler que malgré ces différents constats, les salariés considèrent pour moitié que travailler dans le quartier est une bonne chose. Et d'ailleurs, ils pensent aussi que le pôle a été une bonne chose pour le quartier.

Comme nous le constatons avec le graphique ci-contre, qui représente le ressenti des salariés sur l'impact du pôle sur le quartier, c'est 67,9% d'entre eux qui pensent que cela a eu un impact positif.

Graphique 24 : ressenti des salariés quant à l'impact du pôle sur la Belle-de-Mai

De plus, seulement 1,6% d'entre eux pensent que cela a eu un impact négatif. Nous avons également demandé aux salariés ayant un avis neutre ou positif sur quel plan le pôle avait eu un impact. Nous avons ainsi obtenu les réponses suivantes :

Graphique 25 : types d'impacts du Pôle Belle-de-Mai sur le quartier énoncé par les salariés

Pour 76,8% d'entre eux, le pôle a eu un impact culturel sur le quartier. C'est sans doute la réponse la plus convenable et la plus plausible. Le Pôle Belle-de-Mai étant un lieu qui réunit industries culturelles et industries créatives, il a forcement permis au quartier d'élargir son offre dans ce secteur. Pour les trois autres raisons, il semblerait que ce soit plus difficile à comprendre. On a environ 44% des salariés qui considèrent que cela a eu un impact social et urbain et 35% qui pensent que cela a eu un impact économique. Il semblerait donc que les entreprises et les salariés n'ont pas la même vision des choses. D'un coté on a les entreprises, qui pensent que le pôle n'a pas profité au quartier, que la précarité y persiste voir qu'elle y a été renforcée, que le pôle n'a pas permis de redynamiser l'économie et que la vie sociale est toujours aussi difficile. Et de l'autre, on a les salariés, qui pensent que le pôle a permis de créer une certaine richesse au sein du quartier par la ressource culturelle.

Finalement, si l'on croise tous ces éléments, que se soit la consommation, le logement, les considérations des salariés en matière d'équipements, d'impact du pôle, les avis sont plutôt mitigés. On a d'un coté ceux qui consomment parce qu'ils sont a proximité du quartier ou parce qu'il considèrent qu'il est attractif et de l'autre ceux qui ne consomment pas par préférence ou parce que l'offre n'est pas assez attractive. On a aussi ceux qui pensent que travailler à la Belle-de-Mai est valorisant et ceux qui pensent le contraire. Ceux qui considèrent que le quartier de la Belle-de-Mai ne dispose pas d'assez d'équipements et donc n'est pas assez attractif et ceux qui considèrent que l'offre y est plutôt intéressante. Enfin, il y a ceux qui pensent que le pôle a eu un bon impact sur le quartier et d'autres qui sont plus réservés. Tout semble donc être une question d'encastrement personnel : chacun pratique le quartier d'une manière différente et c'est aussi ça qui fait l'ancrage territorial. Si les individus étaient trop encastrés, alors cela impacterait sans doute le développement de leur entreprise. Et au contraire, s'ils ne sont pas assez encastrés, alors la distinction entre l'entreprise et le quartier serait récurrente et le développement de lien serait impossible. Nous nous sommes donc demandé quelles pourraient être les perspectives pour la Belle-de-Mai et en quoi le quartier pourrait, aujourd'hui, se développer.

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