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Attractivité territoriale et stratégies de localisation des entreprises industrielles dans les collectivités territoriales de la région du centre au Cameroun


par Marius Trésor MENGUE OYONO
Université de Yaoundé 2 - SOA - Master 2 en Economie du Territoire et de la Décentralisation 2015
  

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II.2. Les stratégies de localisation transnationales

Dans cette sous partie, nous voulons montrer que la transnationalisation peut être le résultat de la stratégie mise en place par certaines firmes (stratégies pour contrer les firmes en place, ou simplement pour étendre son champs d'action au-delà des frontières du pays d'origine en empêchant ainsi l'entré des concurrents potentiels sur d'autres espaces nationaux

II.2.1. Multi nationalisme et comportements stratégiques

Les modèles mis en place pour illustrer ces types de stratégies sont développés des travaux de Smith (1987). Ces travaux reposent sur certaines caractéristiques : tout d'abord, une firme est monopole dans un pays, alors qu'il existe un concurrent potentiel localisé dans un autre pays ; ensuite, la modélisation de la production repose sur l'existence de coûts irrécupérables ; enfin, les firmes s'engagent dans comportements stratégiques.

i. Présentation du modèle de base de SMITH (1987)

Hypothèse de son modèle :

H1 : une firme a le choix entre exporter ou produire à l'étranger sur un marché où un concurrent potentiel peut entrer ;

H2 : les coûts irrécupérables sont composés des coûts spécifiques à la firme [nécessaire pour entrer dans le secteur (Recherche et Développement) et des coûts de mis au point du produit], et des coûts spécifiques à l'usinage (acquisition des machines, des bâtiments, etc...).

H3 : la firme va s'implanter dans un pays A et produire avec un coût irrécupérable F (spécifique à la firme). La production est réalisée avec un coût unitaire supposé constant c. Pour vendre par exportation dans un pays B, il faut un coût unitaire supplémentaire s qui représente le transport ou éventuellement les droits de douane (supposés proportionnels aux quantités produites).

H4 : la création d'une nouvelle usine en B, implique un nouveau coût irrécupérable U (spécifique à l'usinage, c'est-à-dire composé des machines et des bâtiments). Une fois l'usine faite, la production se fait en B au même coût unitaire qu'en A c'est-à-dire c.

H4 : la firme i doit choisir entre produire en A et exporter  ; ou produire en B, ce qui revient à

H5 : supposons qu'une firme 2 du pays B, soit concurrent potentiel (qui peut devenir effectif en accèdent à la même technologie que la firme domestique). Pour entrer dans le secteur, il lui faut F+U avant d'espérer produire au coût c, c'est-à-dire

Ainsi, le marché en B est décrit par une fonction de revenue ou recette , où le prix P est fonction des quantités produites q. cette fonction est telle que la firme 1 trouve toujours profitable d'approvisionner B soit étant seule, soit en duopole.

ii. Équilibre du marché en situation stratégique de monopole ou de duopole

En situation de monopole : les fonctions de profit seront déterminées de manière suivante,

Par exportation : (la quantité exportée qE maximise son profit Ð1) ; produisant en (la quantité qp maximise le profit Ð2).

De ce fait la firme sera multinationale si :  . Autrement dit, la firme investira à l'étranger si le coût d'exportation l'emporte sur le coût spécifique à l'usinage (ceteris paribus). Donc, tout dépend de la rentabilité entre les deux modes d'approvisionnement du marché étranger.

En situation de duopole : Maintenant on suppose que la firme 2 entre sur le marché. Les stratégies de la firme 1 peuvent se dessiner à plusieurs étapes.

Si 1 joue en premier (choisi soit d'exporter, soit de produire sur place), 2 décide en fonction du choix de 1 d'entrer ou non sur le marché. Si les deux firmes décident d'entrer sur le marché, il y'aura un « comportement de type Cournot » (choix des quantités à produire, ce qui déterminera leur profit).

Si la firme 1 est en situation de monopole en produisant sur place, elle produit qp et en monopole par exportation, elle produit qE. C'est à partir de ces points que sont tracées les fonctions de réaction de la firme 1. Les deux fonctions sont parallèle car une fois les dépenses en coûts irrécupérables effectuées, l'approvisionnement du marché étranger est réalisé à des coûts variables différents. Le décalage entre R1' et R1 est expliqué par le coût de transport.

L'équilibre du marché quand les deux firmes produisent sur place est en et l'équilibre du marché quand une exporte est

Le choix effectué par 1 n'est pas indépendant de celui de 2, il dépend des gains ultimes pour chaque firme découlant de la combinaison des stratégies des deux joueurs (firmes).

Tableau 16 : La matrice des gains du duopole dans une stratégie de localisation transnationale

Firme 2

Firme 1

N'entre pas

Entre

Exporte

 
 

Produit en B

 
 

Source : Smith (1987)

Il faut remarquer que :

Puisque 1 approvisionne le marché B par son choix, le profit associé est toujours positif. En revanche 2 n'est pas dans cette situation et ses gains dépendent des choix réalisés par 1. Si par exemple la firme 1 trouve que ses gains sont hiérarchisés tels que  alors dans ce cas 1 préfère être exportatrice par rapport à la stratégie adoptée par 2 car les gains associés à cette stratégie sont supérieurs à ceux de la production en B, l'entrée de 2 dans ce cas reste non profitable, Mais, elle peut choisir de produire sur place car ses gains dans ce cas excèdent ceux obtenus en duopole avec un marché approvisionné par exportation Ð1Ep2.

Un pareil investissement à l'étranger est surtout stratégique, car a pour but de prévenir l'entrée dans le marché d'un nouveau concurrent. Le désir étant de rester en situation de monopole. Par la suite, il y'a eu des extensions de ce modèle de base par des auteurs tels que Jacquemin (1989), Acocella (1992), Bughim et Vannini (1995), contribuant donc à construire et à développer la « nouvelle théorie du commerce internationale ».

II.2.2. Internalisation des firmes comme stratégie de localisation dans un contexte multi national

Les firmes multi nationales apparaissent comme des entreprises qui internalisent les transactions à travers les frontières. Beaucoup d'entreprises à ce niveau procèdent à une organisation interne des transactions et fond très peu recourt au marché. L'organisation interne fait référence à une « intégration verticale » qui est stratégie de subdivision des entreprises en filiale, ceci dans l'optique de contrôler les points de production des matières première à travers le monde. Ainsi, les firmes multi nationales passent par l'internalisation pour ne pas être liées aux coûts du marché (coûts liés au fonctionnement du marché)

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