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Déterminants de la croissance économique au Burkina Faso

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par Edouard Kaboré
ENAM-BF - Conseiller des affaires économiques 2011
  

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Paragraphe II : les implications entre croissance et développement

Le lien entre la croissance économique et le développement donne lieu à de multiples interprétations. La croissance, de laquelle aucun responsable politique ou économique ne veut dissocier le développement, renferme une ambigüité consubstantielle. Lorsqu'elle est forte, on entretient l'illusion qu'elle peut résoudre les problèmes et que plus forte elle est, mieux le corps social se portera. Lorsqu'elle est faible, le manque apparaît et se révèle d'autant plus douloureux qu'aucune alternative n'a été prévue.

Cependant, le point de vue de la théorie économique dominante met en avant l'idée d'une croissance durable comme condition nécessaire et suffisante pour accéder au développement. Ce postulat est fondé sur une affirmation qui est loin de faire l'unanimité, à savoir : « la croissance économique est supposée compatible avec le maintien des équilibres naturels et la résolution des problèmes sociaux, c'est-à-dire, elle serait capable de réduire la pauvreté et les inégalités et de renforcer la cohésion sociale et donc d'entraîner les Etats sur la voie du développement ».

D'après les arguments favorables à cette affirmation, il apparaît que croissance et développement sont étroitement liés (au regard de certaines études empiriques). Globalement, les faits confirment que les résultats obtenus sur le front du développement dépendent du scénario de la croissance économique et de son rythme. Mais comment parvenir à un schéma optimal ? La réponse ne semble pas évidente.

En revanche, les arguments qui s'y opposent se fondent sur le fait que la répartition des fruits de la croissance est souvent inégale, destructrice autant que créatrice, se nourrissant des inégalités pour susciter sans cesse des frustrations et des besoins nouveaux. En effet, depuis cinquante ans, malgré l'accroissement considérable de la richesse produite dans le monde, les inégalités ont explosé : l'écart entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches était de 1 à 30 en 1960, il est aujourd'hui de 1 à 80. La Banque Mondiale elle-même avoue que l'objectif de division par deux du nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue d'ici à 2015 ne sera pas atteint : plus de 1,1 milliardsde personnes vivent encore avec moins d'un dollar par jour. Ainsi, ces arguments soutiennent qu'il faut faire une distinction claire dans la façon d'appréhender le lien entre les deux concepts : l'amélioration du bien-être et l'épanouissement des potentialités humaines se réalisant hors du sentier de la croissance infinie des quantités produites et consommées, hors du sentier de la marchandise et de la valeur d'échange, mais sur celui de la valeur d'usage et de la qualité du tissu social qui peut naître autour d'elle.

En dépit de cette contradiction apparente, les organisations internationales dont celles de Bretton Woods ont tenté, au cours de la période récente, de rallier les opinions divergentes au profit d'un consensus selon lequel un développement rapide et durable passe par une croissance soutenable. Toutefois, ce débat est loin d'être tranché et ramène encore aujourd'hui à une nécessaire critique du lien entre croissance et développement.

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