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Approche socio-anthropologique des institutions d'intégration des personnes àĘgées¬†: le cas de l'êbeb chez les Odjukru (côte d?ivoire)

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par Fato Patrice KACOU
Université Félix Houphouet Boigny de Cocody-Abidjan - Thèse Unique de Doctorat en Sociologie 2013
  

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3.1.10- Institutions féminines majeures chez les Odjukru

On distingue deux institutions sociales féminines majeures chez les Odjukru. Ce sont le dédiakpo et le wawrouoka.

3.1.10.1- Dédiakpo

Le dédiakpo est la fête initiatique qui consacre la puberté de la jeune fille, généralement entre l'âge de 14 ans et 16 ans. On le célèbre dès l'apparition des premières menstrues de la jeune fille. L'apparition des menstrues consacre la maturité physique et sociale de la jeune fille. La maturité physique signifie qu'au plan biologique, la jeune fille a tous les atouts pour concevoir un enfant. La maturité sociale veut dire que la jeune fille peut être donnée en mariage. C'est cette dernière maturité qui nous intéresse ici.

En effet, dans la tradition Odjukru, la famille présente à la célébration du dédiakpo sa jeune fille à la communauté villageoise pour signifier implicitement qu'elle peut être donnée en mariage eu égard à sa maturité.

Mais comment la famille est-elle informée ?

La jeune fille qui voit apparaître ses premières menstrues va discrètement dévoiler la nouvelle à sa mère. Dès cet instant, une fête est organisée sur trois semaines.

· Les étapes de la fête

Durant la première semaine de la fête, la jeune fille porte des pagnes kita et des bijoux en argent blanc, signe de pureté. Au cours de la deuxième semaine, elle est vêtue de pagne de couleur rouge, avec des parures en or, pour symboliser l'éclat, la présence et la joie d'acquérir ce statut. Pendant la troisième semaine, elle s'orne de colliers et se vêt de pagnes en design bigarré pour traduire la fin de la cérémonie. Elle retrouve sa place ordinaire de membre de la société.

Au cours des trois semaines, elle fait le tour du village pour saluer les différentes familles. Initialement, la totalité du coût financier de la fête était pris en charge par le prétendant au mariage pendant les trois semaines. Cependant, avec les transformations sociales, aujourd'hui, la fête se déroule le plus souvent en une semaine et les dépenses sont supportées par les parents. A des périodes reculées, la faible proportion des femmes relativement à celle des hommes explique cette innovation.

Hormis l'aspect financier de la fête, la réduction du temps de la célébration de trois semaines à une semaine serait liée à la sexualité précoce des jeunes filles qui ont des rapports sexuels avant la célébration de leur dédiakpo. En principe, il n'est pas permis à la jeune fille d'avoir ce type de rapport avant son initiation.

Il y a eu des cas où les jeunes filles ayant eu des rapports illégaux ont été enceintes avant le dédiakpo. Pour éviter donc l'humiliation à la famille, les parents décident précipitamment de célébrer la fête avant l'apparition de la grossesse.

Le dédiakpo est l'unique fête qui distingue la jeune fille des autres ; il est l'équivalent du low. Les hommes n'y jouent pas de rôle majeur ici. Leur rôle est celui de pourvoyeurs de fonds (couvrir les charges financières de la fête). C'est une fête en l'honneur de la jeune fille; seules les femmes, en l'occurrence les femmes âgées, interviennent. Elles s'occupent du protocole et de la façon qu'il convient à la jeune fille de se vêtir et de se tenir. A cette occasion, on nourrit les femmes âgées de la famille. Si la chance sourit à la jeune fille, elle peut suite au dédiakpo contracter un mariage et être mère. Elle va donc célébrer une autre fête, le wawrouoka.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault