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Approche socio-anthropologique des institutions d'intégration des personnes àĘgées¬†: le cas de l'êbeb chez les Odjukru (côte d?ivoire)

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par Fato Patrice KACOU
Université Félix Houphouet Boigny de Cocody-Abidjan - Thèse Unique de Doctorat en Sociologie 2013
  

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6.1.3- Répartition par génération et classe d'âge

Tableau 17 : Répartition des enquêtés par sexe en fonction des générations

Sexes

Générations

Masculin

Féminin

Total

VA

VR

VA

VR

VA

VR

Mborman

86

25,9

92

27,7

178

53,6

Mbédié

41

12,3

74

22,3

115

34,6

Abrahman

10

03

25

07,5

35

10,5

Ndjurman

01

0,3

03

0,9

04

01,2

Total

138

41,6

194

58,4

332

100

Source : enquête personnelle, 2010.

Nous distinguons à partir du tableau quatre grandes générations (oworan) sur les sept que comprend la stratification de la société Odjukru. Ce qui exprime que dans le pays Odjukru, c'est dans ces quatre générations que se trouvent présentement les aînés sociaux. La génération des Mborman a, à elle seule 53,6% des personnes âgées interrogées, celle des Mbédié 34,6%, la génération des Abrahman 10,5% et celle des Ndjurman 4%. Nous avons une gérontocroissance qui diminue entre la catégorie des Mborman et celle des Mbédié de 19%, entre celle des Mbédié et des Abrahman de 24,1% et entre la catégorie des Abrahman et celle des Ndjurman de 9,3%. Ce qui signifie qu'il y a un taux de mortalité élevé dans les catégories aînées.

La génération des Mborman constitue à l'heure actuelle dans les villages Odjukru, le premier niveau de personnes âgées qui ont un âge qui varie entre 60 et 76 ans. La génération des Ndjurman réunit les nonagénaires, les centenaires et supercentenaires.

La décomposition des générations (association entre génération et classe d'âge) donne 16 classes d'âge187(*). Elle fait observer une proportion de personnes âgées plus importante dans les classes d'âge Mborman-Bago et Mborman-Kata, soit 14,8% et 17,5%. L'addition donne pour les deux classes d'âge 32,3% (14,8% et 17,5%).

Les plus faibles pourcentages se situent aux niveaux des classes d'âge issues de la génération Ndjurman. Nous avons un pourcentage nul pour les Ndjurman-Bago et un pourcentage de 0,3% pour les Ndjurman-Odjogba et Ndjurman-kata.

D'une classe d'âge d'aînés à celle de cadets, nous n'avons par nécessairement une évolution croissante en termes de pourcentage. On a plutôt une évolution croissante et décroissante, donc une évolution en dents de scie. En d'autres termes, à l'intérieur d'une génération, nous pouvons avoir des classes d'âge d'aînés à proportion plus élevée que celle des clases d'âge des cadets. Cette situation peut se justifier par le vieillissement différentiel, le taux de mortalité élevé à l'intérieur d'une génération et d'une classe d'âge et à une inégalité de répartition à l'intérieur des classes d'âge. En effet, le taux de natalité varie d'une année à une autre. Or, ce sont les individus nés au cours d'un même intervalle de temps de deux ans qui vont former une classe d'âge.

De plus, la proportion des femmes âgées dans toutes les générations est supérieure à celle des hommes âgés. L'écart de pourcentage au profit des femmes âgées se creuse, presque le double de celui des hommes de la génération des Mbédié en passant par celle des Abrahman jusqu'à la génération des Ndjurman. L'écart est moins important dans la génération des Mborman. Ainsi, nous avons 28% de femmes âgées contre 25,6% d'hommes âgés dans la génération des Mborman (une différence de 2,4%), 22% de femmes âgées contre 12,7% d'hommes âgés dans la génération des Mbédié (une différence de 9,3%), 7,5% de femmes âgées contre 3% d'hommes âgés dans la génération des Abrahman (une différence de 4,5%), 0,9 % de femmes âgées contre 0,3% d'hommes âgés dans la génération des Ndjurman (une différence de 0,6%). Nous avons donc une tendance à avoir plus de femmes âgées que d'hommes âgés dans les générations.

Nous examinons simultanément dans le tableau suivant la répartition par génération selon les tranches d'âge.

Tableau 18 : Répartition des enquêtés par génération selon les tranches d'âge

Tranches

d'âge

Générations

[60-75]

[76-99]

100 et plus

Total

VA

VR

VA

VR

VA

VR

VA

VR

MBorman-odjogba

22

6,6

13

3 ,9

00

00

35

10,5

MBorman-bago

47

14,2

02

0,6

00

00

49

14,8

MBorman-Kata

53

16

05

1,5

00

00

58

17,5

MBorman-boman

34

10,2

02

0,6

00

00

36

10,8

Sous total Mborman

156

47

22

6,6

00

00

178

53,6

MBédié-odjogba

00

00

30

09

00

00

30

09

MBédié-bago

00

00

27

8,1

00

00

27

8,1

MBédié-Kata

07

2,1

28

8,4

00

00

35

10,5

MBédié-boman

09

2,7

14

4,2

00

00

23

6,9

Sous total Mbédié

16

4,8

99

29,8

00

00

115

34,6

Abrahman-odjogba

00

00

05

1,5

00

00

05

1,5

Abrahman-bago

00

00

08

2,4

00

00

08

2,4

Abrahman-Kata

01

0,3

16

4,8

00

00

17

5,1

Abrahman-boman

00

00

05

1,5

00

00

05

1,5

Sous total Abrahman

01

0,3

34

10,2

00

00

35

10,5

NDjurman-odjogba

00

00

00

00

01

0,3

01

0,3

NDjurman-bago

00

00

00

00

00

00

00

00

NDjurman-Kata

00

00

01

0,3

00

00

01

0,3

NDjurman-boman

00

00

02

0,6

00

00

02

0,6

Sous totalNdjurman

00

00

03

0,9

01

0,3

04

1,2

Total

173

52,1

158

47,6

01

0,3

332

100

Source : enquête personnelle, 2010.

Age à l'entrée

Age à la sortie

Milacme

Nênici

Lakpikine

Lêlessel

Êbebu

60 à 68 ans

68 à 76 ans

68 à 76 ans

76 à 84 ans

76 à 84 ans

84 à 92 ans

84 à 92 ans

92 à 100 ans

92 à 100 ans

Plus

Schéma 11: Echelle des âges des différentes catégories d'aînés sociaux, (enquête personnelle, 2010).

L'étude du croisement de l'âge et de la génération nous fait constater que 47% des Mborman appartiennent au troisième âge et que 29,8% des Mbédié sont du quatrième âge. Cependant le tableau met en exergue une contradiction entre l'âge numérique et l'âge de la génération. Cette contradiction se situe au niveau du cas de l'individu de la génération des Abrahman, qui appartient au troisième âge. C'est-à-dire étant moins âgé que certains Mborman et Mbédié. Or, dans le découpage et la manière de classer les individus dans la société Odjukru, les Abrahman sont les aînés des Mborman et des Mbédié soit une différence d'âge comprise entre 16 et 32 ans.

Comme évoqué plus haut, les âges sur les registres d'état civil sont une estimation. Le système de classification des individus dans les générations est plus réaliste et rend compte de façon exhaustive de l'âge des individus. En fait, le système des générations et des classes d'âge est un moyen de détermination de l'âge des individus. La difficulté de ce système de classification et d'identification est qu'il est par essence qualitatif.

Dans les classes d'âge, nous avons quatre types de proportion. Le premier type est la proportion des classes d'âge à pourcentage supérieur à 10 qui sont les Mborman-kata, les Mborman-bago et les Mborman-boman du troisième âge. Nous avons respectivement: 16%, 14,2% et 10,2%.

Le deuxième type est la proportion des classes d'âge à pourcentage supérieur à 5 et inférieur à 10 qui sont les Mbédié-odjogba, les Mbédié-kata, les Mbédié-bago du quatrième âge et les Mborman-odjogba du troisième âge. Nous avons dans l'ordre 9%, 8,4%, 8,1% et 6,6%.

Le troisième type est la proportion des classes d'âge à pourcentage inférieur à 5 et supérieur à 1. Il s'agit des classes d'âge des Mbédié-kata, des Mbédié-boman du troisième âge qui ont respectivement 2,1% et 2,7% et des classes d'âge des Mborman-odjogba, Mborman-kata, Mbédié-borman, de Abrahman-odjogba, Abrahman-bago, Abrahman-kata et Abrahman-borman.

Et enfin le quatrième type est la proportion des classes d'âge inférieure à 1 % et supérieure ou égale à 0%. Elles sont les plus nombreuses. Nous constatons de par l'âge et de par la génération une sous-représentativité des classes d'âge.

La proportion des générations dans chacun des quatre villages progresse de façon décroissante188(*). Si à Armébé la différence de proportion entre la génération des Mborman et celle des Mbédié est faible (3,9%), l'écart de proportion dans les autres générations reste significatif.

A Débrimou, la proportion des Mborman est de 33,7% et celle des Mbédié est de 21,4% soit une différence de 12,3% (33,7%-21,4%). A Bouboury, la génération des Mborman équivaut au double de celle des Mbédié, respectivement nous avons 14,5% et 6,6% soit une différence de 7,9% (14,5%-6,6%). Si à Débrimou les quatre générations sont animées par des membres, dans les trois autres villages, nous avons au moins une génération qui a un pourcentage nul. A Bouboury et à Bonn, nous avons un pourcentage nul de Ndjurman. Comparativement aux trois autres villages en présence, Débrimou a une proportion de générations supérieure à celle des autres.

Milacme

Nênici

Lakpikine

Lêless

Êbebu

Angbandji

Low

Schéma 12 : Echelle graduelle d'honneur, (enquête personnelle, 2010).

La génération des Mborman a le prestige de détenir le titre d'êbebu dans trois villages à l'exception de Bonn. Les Mbédié correspondent à l'échelle des lêlessel, les Abrahman ont le prestigieux nom de lakpikine et les Ndjurman ont la dignité d'être appelé nênici.

Cependant nous mentionnons, au regard des données recueillies que dans les quatre villages, il y a absence de membres de génération détenant le titre de milacme. Le niveau milacme est celui de la longévité maximale ou extrême. A Débrimou, ce titre a été porté par une femme du nom de Aka Agné, Mborman-kata qui est décédée à l'âge de 129 ans à quelques semaines de notre étude. Elle aurait détenu selon notre informateur, l'un des sages dudit village, lêless Koko Samuel, le record de longévité à Débrimou.

Dans les quatre villages qui renferment chacun quatre générations et 16 classes d'âges, soit un total de 64 classes d'âge (16 X 4), il n'y a que 6 classes d'âge qui ont un pourcentage compris entre 10,8 et 5,4. 27 classes d'âge ont un pourcentage nul dont 7 classes d'âge à Armébé et à Bouboury et 2 classes d'âge à Débrimou. Il y a donc un nombre considérable de classes d'âge dans les villages qui ont des effectifs nuls. Cela traduit l'ampleur de la mortalité des membres des classes d'âge. Nous tirons deux constats majeurs qui sont: la désintégration complète (mort) de certaines générations et la divergence entre génération-âge et âge documenté. Deux notions poursuivant le même but mais ayant des visions et procédés différents. Telle est la problématique que la rencontre des religions traditionnelles et celles dites révélées a mise à jour.

* 187Voir supra, p. 116: Structures des générations et leurs classes d'âge.

* 188Voir tableau annexe V: Répartition des enquêtés en relation entre les générations et les villages.

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