CHAPITRE II : CADRE
METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE.
Il s'agit pour nous ici de présenter le cadre
méthodologique des modèles retenus pour notre étude.
Ainsi, deux (2) sections feront l'objet de notre attention : la section
1 se consacre à présenter les modèles de
l'étude. La section 2 porte, quant à elle, sur
la spécification économétrique des modèles.
Section 1 :
Présentation des modèles.
Dans cette section, nous allons tout d'abord présenter
le champ théorique avant de présenter le modèle empirique
de référence.
1.1- Champ théorique des modèles.
Dans la littérature théorique, la courbe de
Phillips suggère une relation inverse stable et non linéaire
entre l'inflation et le chômage. Les premières preuves empiriques
de cette relation ont été fournies par Phillips (1958)
lui-même, sur l'économie du Royaume-Uni et plus tard par Samuelson
et Solow (1960) sur les données des États-Unis. Cependant,
l'abandon de la courbe de Phillips traditionnelle dans les années 1970 a
laissé la place à un nouveau consensus impulsé par les
critiques libérales reposant sur l'hypothèse des anticipations.
La première vague des critiques nous vient du
monétariste Friedman (1968) et Phelps (1967). Ces derniers vont
critiquer la courbe de Phillips au sujet de son instabilité dans le
temps liée à la notion de révision des anticipations et de
l'existence du chômage naturel (NAIRU). C'est à la lumière
de ces critiques que va naitre une nouvelle courbe de Phillips dite «
augmentée » des anticipations d'inflation, formulée comme
suit :
???? = ?????? - ??(????
- ??*)
(5) Avec ?????? = ??????-1
Où ?????? et ??*
représentent respectivement les anticipations inflationnistes et le taux
de chômage naturel et, è mesurant la sensibilité de
l'anticipation d'inflation à l'inflation passée ????-1
(?? ? [??, ??]). Dans les applications empiriques, les anticipations
inflationnistes et les taux de chômage naturel sont toujours omis parce
qu'ils sont difficiles à observer (Le Bihan, 2009).
De ce fait, notre champ d'investigation théorique se
situe dans le cadre d'analyse libérale, en particulier, dans celle du
courant monétariste de la courbe de Phillips, et ce, pour au moins deux
raisons : Son hypothèse réaliste pour notre champ d'étude
et la dynamique temporelle.
Tout d'abord, l'hypothèse des erreurs d'anticipations
semble etre pertinente dans le cadre de notre champ d'étude. En effet,
les agents économiques de la CEMAC sont dans la majorité des cas
victimes des asymétries d'information leur conduisant à prendre
des décisions sous optimales. Ainsi, selon certaines études de
notre littérature empirique, la vérification de la courbe de
Phillips en Afrique Subsaharien en générale et dans les pays de
la zone CEMAC en particulier, a pu etre possible grâce aux erreurs
d'anticipations que commettent les agents économiques. (Christophe Raoul
Besso, 2010 ; Mah Philippe et al, 2023).
Ensuite, la dynamique temporelle de l'analyse : En effet, dans
l'analyse traditionnelle de la courbe de Phillips, l'horizon temporel
défini était de court-terme (Ball et al, 1988 ; Mankiw, 2000),
cependant la critique formulée sur son horizon temporel a permis de
dynamiser cette analyse en l'inscrivant dans un horizon temporel plus long (Le
Bihan, 2009). En ce qui concerne la situation des pays de la CEMAC, les
insuffisances en matière de structures constituerait un échec de
la mise en oeuvre d'une politique de relance à long terme, pour la
simple raison que l'insuffisance des structures d'emploi contribuera à
ramener le chomage réduit à court terme à la hausse,
à long terme.
Une reformulation appropriée de l'équation
théorique (5) en un modèle avec des décalages et des
premières différences pourrait être utilisé pour
intégrer les notions d'anticipations inflationnistes, de chômage
naturel mais aussi pour dynamiser la relation, ainsi que pour les traitements
des flux de causalité inverse entre l'inflation et le chômage
(King et al, 1995 ; Crosby et Olekalns, 1998 ; Beffy et al, 2004). Une
formulation typique est examinée dans la section suivante.
1.2- Modèle empirique de
référence.
Nous nous appuyons sur le travail de Sin-Yu Ho et Njindan Lyke
(2018) qui ont testé la courbe de Phillips dans la zone Euro sur la
période allant de janvier 1999 à février 2017, avec pour
hypothèse de l'existence d'une linéarité entre les
variables. Cependant, ces auteurs utilisent un modèle en donnée
de panel dynamique à retard distribué (ARDL) auquel ils ont
associé la méthodologie d'effets de seuil (PTR)
développée par Hansen (1999). Afin d'estimer la dynamique dans
relation de Phillips, ils font recours à la méthode d'estimations
de moyennes regroupées (PMG) du modele ARDL.
Les modèles utilisés par ces auteurs se
présentent comme suit :
1) Modèle de décalage distribué pour
estimer la courbe de Phillips à court et à long terme :
p q
Äði,t = öi(ði,t-k - èi'ìi,t) ?
ëi,k Äði,t-k + ? ????,??'Äìi,t-j + ôi +
åi,t (6)
k=1 j=0
Avec,
ï ????,?? et ????,?? respectivement
la variable d'intérêt traduisant le chômage et la variable
dépendante d'inflation ;
ï et sont respectivement les effets fixes individuels et le terme d'erreur
iid ;
ï i,k et i,j
sont respectivement les vecteurs scalaires et coefficients ;
ï ;
ï ;
ï i,k , ???????? j . , p - 1 ;
ï i,j , ???????? j = 1, 2, . . . , q - 1 ;
ï i est le terme de correction d'erreur ; Il s'agit de
la vitesse à laquelle les variables reviennent à
l'équilibre après s'être éloignées à
court terme. Par conséquent, les variables sont
co-intégrées si la valeur estimée de öi
est négative et statistiquement significative.
ï èi' est le vecteur de
co-intégration, indiquant le nombre de relations de
co-intégration dans le modèle.
2) La modélisation de seuil exogène de Hansen
(1999) permettant de tester les effets de seuil dans la courbe de Phillips :
(qi,t ? ?) + åi,t
(7a)
Alternativement, l'équation (7a) peut être
écrite comme suit :

ði,t = {ôi + â1'
'ìi,t + åi,t ; qi,t
(7b)
ôi + â2 ìi,t + åi,t ; qi,t ?
Avec,
ï ????,?? et ? représentent
respectivement la variable de transition et le paramètre de seuil.
Cette variable de transition est la variable
d'intérêt ????,?? .
ï ( ·) représente la fonction de
transition de type indicatrice qui prend la valeur 1 si la condition entre
parenthèse est respectée et 0, sinon.
ï â1' et
â2' représentent le vecteur des coefficients
dans les régimes 1 et 2.
En tenant compte de la situation économique des pays de
la CEMAC, nous avons choisi d'adapter au modèle de base la
spécificité suivante :
Un ajout des variables de contrôle afin de contourner
les problèmes d'endogénéité liés à
une omission de variable influente mais aussi, afin d'augmenter la
qualité du modèle. Ces variables jouent le rôle de
médiateur entre notre variable d'intérêt et la variable
dépendante.
Cet ajout est pris en compte dans notre partie du travail
dédiée à la spécification du modèle.
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