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La relation inflation-chômage en zone CEMAC


par Jean-Baptiste IDAGA
Université Omar Bongo - Master 2024
  

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CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE.

Il s'agit pour nous ici de présenter le cadre méthodologique des modèles retenus pour notre étude. Ainsi, deux (2) sections feront l'objet de notre attention : la section 1 se consacre à présenter les modèles de l'étude. La section 2 porte, quant à elle, sur la spécification économétrique des modèles.

Section 1 : Présentation des modèles.

Dans cette section, nous allons tout d'abord présenter le champ théorique avant de présenter le modèle empirique de référence.

1.1- Champ théorique des modèles.

Dans la littérature théorique, la courbe de Phillips suggère une relation inverse stable et non linéaire entre l'inflation et le chômage. Les premières preuves empiriques de cette relation ont été fournies par Phillips (1958) lui-même, sur l'économie du Royaume-Uni et plus tard par Samuelson et Solow (1960) sur les données des États-Unis. Cependant, l'abandon de la courbe de Phillips traditionnelle dans les années 1970 a laissé la place à un nouveau consensus impulsé par les critiques libérales reposant sur l'hypothèse des anticipations.

La première vague des critiques nous vient du monétariste Friedman (1968) et Phelps (1967). Ces derniers vont critiquer la courbe de Phillips au sujet de son instabilité dans le temps liée à la notion de révision des anticipations et de l'existence du chômage naturel (NAIRU). C'est à la lumière de ces critiques que va naitre une nouvelle courbe de Phillips dite « augmentée » des anticipations d'inflation, formulée comme suit :

???? = ?????? - ??(???? - ??*) (5) Avec ?????? = ??????-1

Où ?????? et ??* représentent respectivement les anticipations inflationnistes et le taux de chômage naturel et, è mesurant la sensibilité de l'anticipation d'inflation à l'inflation passée ????-1 (?? ? [??, ??]). Dans les applications empiriques, les anticipations inflationnistes et les taux de chômage naturel sont toujours omis parce qu'ils sont difficiles à observer (Le Bihan, 2009).

De ce fait, notre champ d'investigation théorique se situe dans le cadre d'analyse libérale, en particulier, dans celle du courant monétariste de la courbe de Phillips, et ce, pour au moins deux raisons : Son hypothèse réaliste pour notre champ d'étude et la dynamique temporelle.

Tout d'abord, l'hypothèse des erreurs d'anticipations semble etre pertinente dans le cadre de notre champ d'étude. En effet, les agents économiques de la CEMAC sont dans la majorité des cas victimes des asymétries d'information leur conduisant à prendre des décisions sous optimales. Ainsi, selon certaines études de notre littérature empirique, la vérification de la courbe de Phillips en Afrique Subsaharien en générale et dans les pays de la zone CEMAC en particulier, a pu etre possible grâce aux erreurs d'anticipations que commettent les agents économiques. (Christophe Raoul Besso, 2010 ; Mah Philippe et al, 2023).

Ensuite, la dynamique temporelle de l'analyse : En effet, dans l'analyse traditionnelle de la courbe de Phillips, l'horizon temporel défini était de court-terme (Ball et al, 1988 ; Mankiw, 2000), cependant la critique formulée sur son horizon temporel a permis de dynamiser cette analyse en l'inscrivant dans un horizon temporel plus long (Le Bihan, 2009). En ce qui concerne la situation des pays de la CEMAC, les insuffisances en matière de structures constituerait un échec de la mise en oeuvre d'une politique de relance à long terme, pour la simple raison que l'insuffisance des structures d'emploi contribuera à ramener le chomage réduit à court terme à la hausse, à long terme.

Une reformulation appropriée de l'équation théorique (5) en un modèle avec des décalages et des premières différences pourrait être utilisé pour intégrer les notions d'anticipations inflationnistes, de chômage naturel mais aussi pour dynamiser la relation, ainsi que pour les traitements des flux de causalité inverse entre l'inflation et le chômage (King et al, 1995 ; Crosby et Olekalns, 1998 ; Beffy et al, 2004). Une formulation typique est examinée dans la section suivante.

1.2- Modèle empirique de référence.

Nous nous appuyons sur le travail de Sin-Yu Ho et Njindan Lyke (2018) qui ont testé la courbe de Phillips dans la zone Euro sur la période allant de janvier 1999 à février 2017, avec pour hypothèse de l'existence d'une linéarité entre les variables. Cependant, ces auteurs utilisent un modèle en donnée de panel dynamique à retard distribué (ARDL) auquel ils ont associé la méthodologie d'effets de seuil (PTR) développée par Hansen (1999). Afin d'estimer la dynamique dans relation de Phillips, ils font recours à la méthode d'estimations de moyennes regroupées (PMG) du modele ARDL.

Les modèles utilisés par ces auteurs se présentent comme suit :

1) Modèle de décalage distribué pour estimer la courbe de Phillips à court et à long terme :

p q

Äði,t = öi(ði,t-k - èi'ìi,t) ? ëi,k Äði,t-k + ? ????,??'Äìi,t-j + ôi + åi,t (6)

k=1 j=0

Avec,

ï ????,?? et ????,?? respectivement la variable d'intérêt traduisant le chômage et la variable dépendante d'inflation ;

ï et sont respectivement les effets fixes individuels et le terme d'erreur iid ;

ï i,k et i,j sont respectivement les vecteurs scalaires et coefficients ;

ï ;

ï ;

ï i,k , ???????? j . , p - 1 ;

ï i,j , ???????? j = 1, 2, . . . , q - 1 ;

ï i est le terme de correction d'erreur ; Il s'agit de la vitesse à laquelle les variables reviennent à l'équilibre après s'être éloignées à court terme. Par conséquent, les variables sont co-intégrées si la valeur estimée de öi est négative et statistiquement significative.

ï èi' est le vecteur de co-intégration, indiquant le nombre de relations de co-intégration dans le modèle.

2) La modélisation de seuil exogène de Hansen (1999) permettant de tester les effets de seuil dans la courbe de Phillips :

(qi,t ? ?) + åi,t (7a)

Alternativement, l'équation (7a) peut être écrite comme suit :

ði,t = {ôi + â1' 'ìi,t + åi,t ; qi,t (7b)

ôi + â2 ìi,t + åi,t ; qi,t ?

Avec,

ï ????,?? et ? représentent respectivement la variable de transition et le paramètre de seuil.

Cette variable de transition est la variable d'intérêt ????,?? .

ï (
·) représente la fonction de transition de type indicatrice qui prend la valeur 1 si la condition entre parenthèse est respectée et 0, sinon.

ï â1' et â2' représentent le vecteur des coefficients dans les régimes 1 et 2.

En tenant compte de la situation économique des pays de la CEMAC, nous avons choisi d'adapter au modèle de base la spécificité suivante :

Un ajout des variables de contrôle afin de contourner les problèmes d'endogénéité liés à une omission de variable influente mais aussi, afin d'augmenter la qualité du modèle. Ces variables jouent le rôle de médiateur entre notre variable d'intérêt et la variable dépendante.

Cet ajout est pris en compte dans notre partie du travail dédiée à la spécification du modèle.

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