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L'Union européenne et Chypre: autopsie d'un succès inachevé


par Meriem JAMMALI
Université Paris IV Sorbonne - Master Enjeux, conflits, systèmes internatinaux à l'époque moderne et contemporaine 2006
  

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2. Une religion commune : le Christianisme

Il n'est pas douteux qu'à l'égard de toutes les autres populations, l'Europe apparaît comme une terre chrétienne. L'héritage culturel et historique n'exclut pas la religion qui, généralement instaure des codes de conduite propre à une ou plusieurs communautés liées par la religion. Le message de la religion chrétienne - diversifié depuis la querelle du « filio que » au X siècle, où se sont séparées une Europe pontificale dont Rome est le centre religieux, et une Europe orthodoxe dont les églises sont autocéphales - est le facteur commun de l'ensemble des pays qui ont adhéré jusque là à la Communauté européenne puis à l'UE.

De ce fait, la religion constitue le deuxième facteur favorisant l'adhésion chypriote à l'Union européenne. Le christianisme a été introduit à Chypre par les Apôtres Saint Paul et Saint Barnabé au cours du 1ier siècle de notre ère en convertissant le proconsul Sergius Paulus au christianisme. Elle devient de ce fait le premier pays dirigé par un Chrétien. Chypre en est fière étant donné que Saint Barnabé est considéré comme le fondateur de l'église chypriote.

Les débats liés au contenu du préambule de la Constitution européenne vont clairement dans ce sens. Ils portent essentiellement sur la possibilité d'y inscrire ou non la référence à Dieu ou aux valeurs chrétiennes. Cette question est un enjeu de taille suscitant de nombreuses discussions sur les racines culturelles de l'identité européenne. La question est de mentionner que le christianisme est historiquement le fondateur de la culture et de l'identité européenne74(*). Dans ce contexte, sept pays (l'Italie, la Lituanie, Malte, la Pologne, le Portugal, le République tchèque et la Slovaquie) ont manifesté leur souhait lors de la réunion du Conseil européen du 18 juin 2004, pour que le préambule comporte la référence à la religion. Le « patrimoine spirituel » a remplacé l'héritage religieux75(*). Ce critère explique t-il en partie la réticence de l'Europe à accepter la Turquie au sein de son club qualifié de « Club chrétien » ?

3. La colonisation britannique

Enfin, il faut bien reconnaître que la colonisation britannique a joué un rôle important dans la détermination de son identité européenne. Chypre a vécu sous la tutelle britannique pendant un siècle. Par conséquent, elle s'est éloignée du modèle turco-moyen-oriental76(*). La colonisation britannique a sombré le pays dans des divisions ethniques, mais elle a apporté des effets positifs dans la modernisation des institutions politiques, économiques et judiciaires77(*) et a effacé les traces de l'administration ottomane déjà en faillite. En effet, le système juridique est calqué sur le droit britannique78(*).

* 74 Ibid, p.26.

* 75 Ibid . passim.

* 76 LEGRAND Alexandre, « Chypre et l'Europe ou la nouvelle question d'Orient », in Le supplément de la lettre n°193 de la fondation Robert Schuman, 20 décembre 2004, www.robert-schuman.org .

* 77D'après Tassos Papadopoulos lors d'une intervention à l'occasion du FPA World Leadership Forum, le 15 septembre 2005 : « we always had a free economy and society, our institutions and administration were United Kingdom-oriented since we were a colony of Britain and it took us 8 years to makes it possible for Cyprus to comply with the requirements of the EU.» Document dosponible sur le site du Foreign Policy Association: www.fpa.org.

* 78 BERTRAND (G), op.cit., p.217.

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