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L'Union européenne et Chypre: autopsie d'un succès inachevé


par Meriem JAMMALI
Université Paris IV Sorbonne - Master Enjeux, conflits, systèmes internatinaux à l'époque moderne et contemporaine 2006
  

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1.2. Le parti progressiste des Travailleurs (Anorthothikon Komma Ergazomenou Laou) Akel 

Le parti progressiste des travailleurs Chypriotes Akel, demeure de loin le plus grand parti politique au parlement, membre de l'alliance qui forme le gouvernement de Tassos Papadopulous. Le parti continue à revendiquer son identité communiste et siège au parlement européen avec le groupe de gauche, l'Europarti (Evroko).

L'Akel était hostile au partenariat euro-chypriote dès les années 60, date à laquelle le Président Mgr Makarios cherchait un partenariat avec la Communauté européenne afin d'assurer la sécurité de l'île. Dès le début, l'Akel s'est opposé aussi bien à l'adhésion de Chypre à la CEE qu'à son association à cette organisation. Ses leaders estimait que l'intégration capitaliste en Europe occidentale démontre l'aboutissement et le renforcement de la domination des monopoles sur l'échiquier mondiale. Cette domination se traduit explicitement par l'emprise des pays capitalistes forts sur les pays faibles. Dinos Constantinou92(*) va dans ce sens en affirmant que « ce que représente la politique de la CEE à l'égard d'un petit pays ayant conquis son indépendance à une époque relativement récente, nous, Chypriotes, l'avons appris à nos dépens »93(*). Cette conception trouve son essence dans la perception du parti de la communauté européenne En principe, le parti Akel est opposé à la privatisation et à la libéralisation, mais il accepte les implications de la politique économique qui résulte de l'adhésion de Chypre à l'Union européenne. Cependant, l'Akel était le principal opposant au processus de ratification de Chypre du traité constitutionnel européen en 2005.

De par le passé, Akel a adopté les politiques les plus modérées à propos du problème chypriote. En contrepartie, dès les années 90, nous assistons à un remodelage de sa politique. Lors du référendum sur le plan Annan, Akel opte pour le non après l'avoir soutenu. Akel estime que ce plan manque de garanties de sécurité suffisantes pour l'avenir des Chypriotes grecs. 10%94(*) de ses électeurs se sont abstenus après que la direction a appelé à voter non. Selon le journal grec Elethérotypia (gauche indépendant), l'Akel est le grand perdant suite à l'abstention de ses électeurs - or, le vote à Chypre est obligatoire - et de sa politique ambiguë. Cette reformulation de la politique du parti s'explique autant par l'évolution du contexte international que par la situation politique de Chypre. Beaucoup amputent la chute d'Akel à sa politique largement incohérente concernat la réunification de l'île.

* 92 Membre du Bureau politique CC du parti progressiste des travailleurs Chypriotes (Akel).

* 93CONSTANTINOU (D), « Chypre-CEE : l'amère expérience d'une association », in La Nouvelle revue internationale, n° 267, Paris, novembre 1980, p184.

* 94 Chiffre cité dans le quotidien grec Apogematini (droite populaire) au lendemain du référendum.

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