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L'Union européenne et Chypre: autopsie d'un succès inachevé

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par Meriem JAMMALI
Université Paris IV Sorbonne - Master Enjeux, conflits, systèmes internatinaux à l'époque moderne et contemporaine 2006
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1.3. Le rassemblement unitaire du centre démocratique (Eniaia Demokratiki Enosis Kendrou) Edek 

Fondé en 1969 par Vassos Lyssarides, médecin et ami du président Makarios, ce parti se définit comme un parti de centre-gauche avec une sensibilité modérée qui ne se trouve pas dans le projet politique d'Akel. Il est réputé pour ses opinions intransigeantes voire extrémistes concernant la question chypriote. Sur le plan de la politique étrangère, Edek était opposé au plan de l'Otan. Il a fait des relations avec les pays arabes et africains sa priorité en matière de politique internationale. Cependant, dès que Chypre a manifesté sa volonté de rejoindre l'UE, il s'est tourné vers les pays européens. Il a toujours compté sur le renforcement du dispositif militaire hellénique et l'entrée de Chypre dans l'union européenne afin de chasser « l'ennemi turc ». En ce qui concerne sa position vis-à-vis des différents plans onusiens, le parti de centre-gauche est hostile aux propositions onusiennes étant donné qu'elles n'ont jamais été suffisantes pour un retrait des troupes turques de la partie Nord. De ce fait, cet argument est avancé par la majorité des formations politiques dans la justification de leur rejet.

1.4. Le rassemblement démocratique (Dimokratikos Synagermos) Disy

Il a été fondé en 1976 par l'ancien président Glafcos Cléridès. Sur le plan économique et social, le Rassemblement démocratique a une vision libérale de l'économie qui le situe à droite du clivage politique chypriote. Il représente les intérêts de la communauté des affaires et les classes moyennes. Son discours est bien accueilli par les entrepreneurs, d'ailleurs très nombreux sur l'île, et les classes moyennes. Cette base très large lui assure un poids électoral à ne pas négliger malgré sa défaite lors des dernières élections présidentielles. Néanmoins, il reste le deuxième parti après Akel. Ce constat s'est confirmé par les résultats des législatives du 21 mai 2006. Cependant, il a du mal à imposer sa politique à cause de la présence en son sein des anciens combattants de l'EOKA95(*). Désormais, il constitue le principal parti d'opposition.

En ce qui concerne la question nationale, il est favorable au dialogue intercommunautaire. Cette attitude est inspirée essentiellement par son leader Glafcos Cléridès. Malgré ses liens très étroits avec l'ancienne organisation « terroriste», l'ancien président a toujours adopté des positions souples en favorisant les négociations entre les deux communautés. De plus, il voulait mettre fin à l'emprise turque sur les affaires de la partie Nord en proposant des aides aux Chypriotes turcs, surtout dans le domaine éducatif96(*). Ce parti mène une politique qu'on peut qualifier de « réalisme politique ». Nonobstant ce réalisme pragmatique, il existe au sein du parti des divergences patentes à cause de la présence des militants de l'EOKA-B dont la position est plutôt intransigeante. Pierre Blanc affirme que « l'aspect pluriel de ce parti est particulièrement perceptible à travers l'existence de deux journaux proches du Disy mais dont la tonalité est assez différente. Alithia (« La Vérité »)...représente une sensibilité « chypritiste » et très tournée vers le dialogue intercommunautaire, tandis que Simerini (« Le Journal du jour ») représente une sensibilité helléniste et clairement anti-turque. »97(*)

Conscient que le temps joue contre les Chypriotes grecs, DISY sous l'égide de Cléridès a toujours soutenu les plans onusiens. Pour accéder enfin à l'Europe et panser la plaie chypriote, le parti a soutenu le plan Annan. Il a appelé pour le oui et a enregistré une grande victoire tandis qu'Akel a enregistré une chute inattendue. Dans ce contexte, il importe de souligner que Cléridès souhaitait prolonger son mandat afin de mener Chypre à terme au sein de l'Europe. Tandis que Papadoupolos a mené une campagne en démontrant les limites de la politique de Cléridès. Papadopolous a déclaré que l'obsession de son rival de privilégier les problèmes liés à l'adhésion de l'île à l'Union européenne mettrait les priorités nationales en péril98(*).

* 95 Glafcos Cléridès a participé au combat national de 1955 à 1959 en tant qu'avocat des soldats de l'EOKA.

* 96 BLANC (P), Op. cit., p.108.

* 97 Ibid., p. 109.

* 98 Ibid., passim.

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