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L'Union européenne et Chypre: autopsie d'un succès inachevé

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par Meriem JAMMALI
Université Paris IV Sorbonne - Master Enjeux, conflits, systèmes internatinaux à l'époque moderne et contemporaine 2006
  

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1 Les principaux secteurs d'activités

La structure de l'économie chypriote a radicalement changé après la division de l'île en 1974. Elle passe d'une économie agricole à une économie industrielle dans les années 70 et la première moitié des années 80 pour devenir finalement une économie de services. En 2004, les services constituent 74,5% du PIB12(*). Le tourisme constitue le secteur principal de l'économie chypriote.

Suite à la partition de 1974, la République chypriote s'est trouvée privée d'une grande partie de ses infrastructures économiques. L'agriculture chypriote représentait environ 4% du PIB. Il s'agit d'un secteur marginal. Sa contribution au PIB ne cesse de diminuer depuis les années 70. En effet, la partie turcophone est plus fertile et plus favorable aux activités agricoles. Le vin est l'un des premiers postes d'exportation. Les ressources naturelles minières sont très limitées. L'industrie manufacturière représente 10% du PIB mais voit sa compétitivité diminuer, principalement à cause du coût élevé de la main-d'oeuvre. Le secteur de l'énergie et de l'industrie occupe 22% de la population active et contribue pour 20,6% au PNB. Ce secteur a connu un réel essor après la crise de 1974. Cependant, il enregistre depuis les années 80 un déclin au profit des services, secteur qui a connu depuis un essor très important. En effet, les deux piliers de l'économie chypriote sont le tourisme qui fournit en 2004 22% du PIB et les activités offshore qui sont estimées à 12% du PIB13(*). Il s'agit en particulier des activités menées par des sociétés chypriotes à capitaux étrangers exerçant leurs activités exclusivement hors de Chypre et qui bénéficient d'allégements fiscaux importants. Chypre doit, au courant de 2006, mettre en conformité ce secteur offshore avec la réglementation européenne. Enfin, le secteur maritime constitue une autre source de revenus importante : la flotte battant pavillon chypriote occupe le sixième rang mondial.

2. Faiblesses de l'économie chypriote

Les performances de l'économie chypriote demeurent satisfaisantes, surtout dans le cadre de son adhésion à la Communauté européenne. Ce constat se confirme en terme de chômage et d'inflation. En 2004, de taux de chômage s'élève à 3,6% et le taux d'inflation est estimé à 2,2% contre 4,1% en 2003 et 2,5% pour l'an 2005. Les indicateurs économiques montrent une croissance de l'économie chypriote qui a atteint 4% en 2005 contre 3,6% en 200414(*). Néanmoins, l'économie chypriote présente des faiblesses structurelles. Elle souffre d'un déficit commercial récurrent et une dépendance accrue au tourisme qui représente 20% de son PIB15(*).

Ces faiblesses sont liées à des facteurs exogènes qui dépassent parfois ses frontières et aux quels Chypre doit faire face. L'instabilité politique internationale affecte très directement son économie. En effet, en 2001 l'avant guerre puis la guerre en Irak, a affecté le secteur touristique et la demande de marchandises de ses principaux partenaires commerciaux dont le dollar est le moyen de paiement. La chute de la valeur du dollar et de la livre Sterling en faveur de l'euro est un facteur supplémentaire de cette stagnation. La dévalorisation du dollar devrait être un atout pour la livre chypriote car le coût de l'énergie a baissé. Cependant, cette tendance a été un problème de taille. Le poids de la dette en euro a augmenté. Cette tendance de la livre chypriote a facilité les exportations vers les pays européens. En contrepartie, les importations chypriotes issus de la zone euro deviennent plus chères. Ceci s'explique par le fait que la République chypriote n'a pas encore accès à l'Eurozone. A ce propos, le gouvernement chypriote désireux de rejoindre la zone euro rapidement, a lancé un « programme de convergence 2004-2008 ».

La timide croissance enregistrée au cours des années 2002 et 2003 est due essentiellement à la croissance de la demande domestique des ménages et à l'investissement dans le domaine de la construction et des équipements. De plus, la démarche des entrepreneurs privés pour exporter des services autres que le tourisme a porté ses fruits. En conséquence, l'année 2004 enregistre une croissance de 2% de l'économie chypriote par rapport à 2003. En même temps, et malgré le renforcement de son économie au cours de 2004, la dépendance de l'économie chypriote vis-à-vis de l'économie européenne en stagnation (qui reste de loin son principal partenaire), l'attente du référendum avant l'adhésion de 2004 et la hausse des prix de pétrole tout au long de cette période n'ont pas épargné à l'île les effets néfastes de ces incertitudes. Dans ce contexte, l'année 2005 constitue un prolongement du climat incertain qui règne sur l'économie chypriote. La crise du nucléaire iranien pourrait être un facteur additionnel pour l'instabilité économique insulaire. En somme, même si Chypre rejoint l'eurozone d'ici 2008, ce qui est peu probable selon Akel16(*), l'économie de l'île ne peut pas ignorer l'évolution de l'ordre mondial et des rapports de forces et surtout les zones de tensions qui constituent ses frontières immédiates. Le cas de Chypre n'est pas unique. Bien souvent les incertitudes politiques ont un fort impact économique.

Source : Bureau de Presse et d'Information de la république de Chypre

* 12 The Republic of Cyprus, An overview, Nicosia, 2005

* 13 Ibid.

* 14 Ibid.

* 15 Ibid.

* 16 Selon le programme électoral d'Akel pour les législatives de mai 2006, Chypre ne sera pas prête à intégrer la zone euro en 2008. « Joining the Eurozone The entry into the Euro-zone is a conventional obligation of the Republic of

Cyprus towards the European Union. However we believe that the adoption of the Euro should be postponed until after 2008 due to the following reasons: 1. The large public deficits inherited from the previous government has forced the Tassos Papadopoulos government to follow a strict fiscal policy and a policy geared towards tidying up public finances that in some cases almost came close to being viewed as austerity. During the same period a whole

chain of effects due to the accession to the European Union were also felt much more intensely. The grave harmonisation tax that was voted in 20012002-2003 led to a number of results such as to price increases and higher costs that were also aggravated by the rise in petrol prices internationally. In order to achieve the fiscal but also growth goals that were set, the working people were asked to make sacrifices and show self-restraint. Now that the situation has improved, AKEL-Left-New Forces considers that the working people must be rewarded for whatever sacrifices they were asked to make. It is imperative that the opportunity to implement social measures must be

given, many of which are included in the government programme.

2. The postponement of the entry into the Eurozone in 2009 will enable the positive road of growth and recovery of the economy to be stabilised and consolidated, for this to have continuity. This will result in many all-round benefits: economic, social and regarding public finances. The economy is at a transitional stage of restructuring, at a stage where it is functioning in new and unknown institutions of the European Union. The economy is at a stage of assimilation but also harmonisation with European affairs. This adaptation process will be smoother and more successful if more time could be provided and this can be achieved with the entry into the Eurozone in 2009. At the same time the fiscal but also monetary stability of the pound will be even more strengthened and as a consequence any monetary shocks can be averted that may have resulted in a misfortunate devaluation of our currency, something which would have catastrophic consequences on the economy and the working people.

3. The adoption of the Euro currency is not at all an easy matter. On the contrary, the best possible organisation and preparation is called for. What is demanded is planning and information, changes to the institutional and legislative framework that governs many institutions, change in the computerisation (accountant, auditory, cashmachines) of all the agencies and services that are involved in selling goods and providing services. Special preparation is demanded from banks and cooperative institutions. A great deal of preparation and organisation will also need to be done by the various sections of the state and especially the tax collecting agencies, as well as by the entire retail trade, audit and accounting offices. A necessary period of time must be provided so that all these matters can be resolved without provoking problems.

4. A great deal of work will need to be done concerning the taking of measures for the protection of the consumer from price speculation and profiteering through the hiking up of prices on the pretext of rounding up numbers.

5. The Government has decided to introduce the Euro from the 1/1/2008. On the same date an increase in the VAT on foodstuffs is also expected to rise from 0% to 5%. The introduction of the Euro and the parallel increase of VAT will lead to a surge in profiteering and price speculation. The postponement that we as AKEL are calling for will help on the one hand the taking of preventive measures in order to avoid price speculation and on the other it would help in the necessary introduction of equalisation measures geared towards the strata of the population who will be affected most by the increase in VAT. Se reférer à son programme electoral Why I will vote for Akel: www.akel.org.

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