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La couverture médiatique d'une zone de conflit armé: Cas de la Radio Okapi en Ituri (RDC)

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par Jacques Yves MOLIMA
Institut facultaire des sciences de l'information et de la communication - Graduat 2007
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I.2. LA COMPETENCE EFFECTIVE

Il se dégage que les qualités telles que détaillées ci-dessus constituent à certains égards, le socle du professionnalisme dans le métier du journaliste. Dans une zone en conflit armé, il importe de souligner que en plus de l'exactitude, de la précision, de l'honnêteté dans la relation des faits, de la rigueur et de la clarté dans le traitement de l'information, le journaliste sur terrain devrait être non seulement un spécialiste de la région mais également un reporter tout terrain, habitué dans la couverture des zones à risque.

A cet effet, certains indicateurs entrent en compte selon Jürgen Habermas, notamment le savoir faire et la qualification qui impliquent, la compétence conceptuelle d'un côté basé sur l'analyse et la compréhension dans l'action et la compétence technique de l'autre côté, notamment en ce qui concerne les méthodes appliquées ainsi que la procédure empruntée pour une couverture médiatique.

Ainsi, posons nous la question de savoir si les journalistes de Radio okapi en mission dans le district de l'ituri dans la province orientale ont-ils répondu à ces exigences ? Nous avons été mener une enquête sur terrain afin de vérifier l'adéquation entre l'idéal de la profession en matière de compétence et du profil du journaliste et ce que la Radio Okapi a disposé en terme de ressource humaine pour cette couverture.

A cet égard, notre enquête est partie de la notion de rationalité comme le souligne Max Weber en faisant allusion à la mobilisation globale des ressources dans le but d'atteindre des objectifs et celle de Henry Mintzberg qui recommande une intelligence intra et extra sociétal afin de réguler le comportement des membres en quête de la finalité en connaissance des causes.

Selon le rédacteur en chef de la Radio Okapi, une rotation permanente des journalistes a été organisée pour la couverture de la situation en Ituri. C'est-à-dire que toutes les trois semaines les journalistes, station par station se relayaient à Bunia. Ainsi nous soulignons que la Radio Okapi en plus de la station de Kinshasa compte neuf stations régionales à savoir une station à Mbandaka, à Kisangani, à Bunia, à Goma, à Bukavu, à Kindu, à Lubumbashi, à Mbuji mayi et à Kananga. Elle regorge par ailleurs en son sein d'au moins 199 journalistes dont en moyenne 7 journalistes et 1 technicien par station régionale et au moins 89 journalistes et 22 techniciens à Kinshasa.

En ce qui concerne la couverture de Bunia, Etienne Rougerie a précisé que les premiers journalistes envoyés à Bunia étaient des seniors c'est-à-dire selon lui c'était des journalistes ayant acquis une certaine expérience dans la profession du journalisme. Cette sélection se faisait non seulement sur base des compétences mais aussi de la connaissance de la langue du milieu. Mais au fur et à mesure que le conflit se propageait et gagnait du terrain, le travail à Bunia devenait pour Radio Okapi une sorte de terrain de formation pour les journalistes dans la couverture des zones en conflit armé. « Des journalistes qui arrivaient sur place avaient la particularité souvent de ne pas connaître le terrain, c'était très intéressant de les voir travailler un peu comme nous internationaux qui travaillent sans connaître le terrain... » a souligné Etienne Rougerie.85(*)

Ainsi, Radio okapi est partie sur base du professionnalisme des journalistes pour couvrir la situation de l'ituri. Bien que n'ayant pas au départ des journalistes spécialistes de la Région de l'ituri, Radio Okapi s'est constituée une banque des données sur la situation de l'Ituri avec l'expérience des uns et des autres accumulée sur terrain lors des rotations organisées. Il faut ici signaler que par rapport à la délimitation de notre travail, entre Mars 2004 au décembre 2005, certains journalistes de Radio Okapi ont eu à effectuer 3 à 5 rotations sur Bunia. Et par ce fait, ils sont censés avoir une maîtrise de la situation par expérience.

Mais, aussi savoir qu'à chaque début, toute descente sur terrain était au préalable précédée d'une conférence de rédaction au courant de laquelle le journaliste reporter bénéficiait des certaines indications eu égard à la politique éditoriale de Okapi, aux enjeux socio politiques sur terrain, aux motivations des parties engagées dans le conflit et surtout à sa sécurité. Des éléments sur les différentes figures de proue du conflit armé de l'Ituri étaient disponibilisés dans la rédaction, des photos, des numéros de contact téléphonique, des cartes géographiques, des archives des reportages réalisés dans les différentes localités...bref une documentation assez abondante des expériences des journalistes sur terrain.

* 85 Extrait de l'interview que nous a accordé le rédacteur en chef de la radio okapi Etienne Rougerie, juillet 2007.

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