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Etude des causes et conséquences socio-économiques de l'expansion des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince

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par Eliccel PAUL
CTPEA - DES 2002
  

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2.1.1.- Le salaire minimum dans les industries à Port-au-Prince et le salaire agricole

Avec l'arrivée des industries de sous-traitance à Port-au-Prince au cours des années 70, le salaire minimum était déjà supérieur au salaire agricole. Le secteur industriel grâce à sa caractéristique capitalistique, utilise les nouvelles technologies, alors que le secteur agricole en Haïti utilise encore des techniques rudimentaires de production. Il en résulte une plus forte productivité au niveau du secteur industriel, c'est ce qui crée le différentiel de salaire entre les deux secteurs. Vers les années 80, on assiste à la détérioration de l'économie paysanne, source de revenu des 70% de la population totale du pays, qui s'exprime par la décroissance de la valeur ajoutée du secteur primaire (VAP) soit une baisse de 2% par rapport à l'année 1979.

La tendance à la baisse du taux de croissance du secteur primaire, de 3.3% en 1991 qui est passé à -11.2% en 1994 et aboutit à 1.7% en 19994(*), s'explique par le faible poids de l'investissement dans ce secteur. Il en résulte un salaire inférieur au niveau du secteur agricole par rapport au secteur industriel.

Ce différentiel salarial existant entre les deux secteurs, ajouté aux multiples problèmes rencontrés par le secteur agricole, mettait les paysans dans une situation de pauvreté aiguë. A rappeler que l'économie haïtienne est un système dualiste selon la théorie du développement de Arthur Lewis. C'est que l'évolution du salaire minimum appliqué dans les industries à Port-au-Prince est à la hausse alors qu'il n'est pas appliqué dans le secteur agricole. Cela a engendré la migration des paysans vers la capitale. Même si en l'an 2000, le salaire agricole bat un record en passant de 10 gourdes à 20 gourdes par jour, mais ce salaire est toujours inférieur à celui offert par les industries à Port-au-Prince (le salaire minimum 36 par jour)11(*).

Le constat auquel nous assistons aujourd'hui, fait référence au modèle de harris et Todaro portant une explication au phénomène de l'exode rural en dépit du chômage urbain. Une telle situation attire les gens à venir grossir le nombre à la capitale pour constituer des bidonvilles où habitent, pour la plupart, les migrants chômeurs à faible revenu.

2.1.2.- La détérioration du niveau de vie de la population rurale

Vers la fin des années 70, le secteur agricole englobant l'essentiel des activités du monde paysan haïtien, est confronté déjà à de nombreuses difficultés d'ordre socio-économique. La valeur ajoutée du secteur primaire a chuté de 2 %. Des lors, la pauvreté commence par frapper les paysans de façon très sérieuse. Les 48% des ménages du pays qui en 1976 avaient un revenu inférieur au seuil de pauvreté sont passés à 75% en 1982. L'économie paysanne ( secteur primaire) a affiché, au cours de l'année 1993, un taux de croissance annuel négatif de l'ordre de -8.9,3 % tandis que le secteur industriel enregistrait un taux de croissance de 3.4%. Mais, à partir de l'année 1994, les taux de croissance des deux secteurs continuaient encore de baisser jusqu'à -11.2 % pour le secteur primaire et -0.7 % pour le secteur secondaire. A signaler qu'au cours de la période 1992-1999, le secteur primaire a enregistré un taux de croissance négatif de l'ordre de -4.03% l'an, alors que le secteur secondaire a affiché un taux de croissance positif de l'ordre de 6.64% l'an. Toutefois, notons que le secteur primaire a fait un bond en 1998, soit 2.2 % pour retomber en 1999 à 1.7 %8(*).

Le graphe suivant montre l'évolution des taux de croissance des secteurs primaire et secondaire pour la période 1992-1999.

Source: Recueil de statistiques sociales Vol. II, IHSI, août 2000.

L'économie paysanne devient encore plus vulnérable avec l'abattage du porc créole qui constituait la principale source de revenu du paysan haïtien. C'est l'appauvrissement total du monde rural. Maintenant, ils devaient recourir à l'abattage systématique des arbres pour être transformés en charbon de bois en vue de gagner un revenu pour faire face aux multiples besoins quotidiens.

La conséquence de cette coupe effrénée des arbres est l'érosion qui appauvrit les sols et les rend infertiles. Dès lors, il n'y a plus d'espoir d'amélioration de la qualité de la vie des paysans dont le revenu reposait essentiellement sur les produits agricoles. Avec la chute progressive de productivité dans ce secteur, le revenu percapita a considérablement baissé. En 1990, le secteur agricole, le plus grand sous- secteur du primaire, fournissait à lui seul 67% des emplois pour l'ensemble du pays .Alors que depuis 1983, on constate que la tendance des investissements au niveau du secteur agricole est à la baisse. Ce faisant, les infrastructures agricoles dont les canaux d'irrigation se détériorent. A noter que le porc haïtien représentait la principale source de revenu des paysans. Après l'abattage des "cochons créoles", les paysans abattent également les arbres pour être transformés en charbon de bois qui est devenu leur principale source de revenu. Ceci a provoqué la perte progressive des terres arables suite à l'érosion, un effet direct du déboisement .

L'on peut assimiler cette baisse de productivité du secteur agricole à un certain nombre de goulots d'étranglement. Parmi ces contraintes, on peut noter entre autres :

v Le problème d'analphabétisme des paysans

v Le manque d'apport technique au secteur;

v La répartition inégale des terres cultivables;

v L'émiettement excessif des terres;

v L'exploitation des paysans par les spéculateurs agricoles.

* 4 1 IHSI, Recueil de statistiques sociales vol I, Août 2000.

note: la journée de travail dans les industries est de 8h A.M à 4h P.M et toutes heures supplémentaires sont rémunérées alors que la journée de travail agricole est de 5h A.M à 6 h P.M.

* 1 1 Proletariat Rural et Servitude Agricole Proletariat Rural et Servitude Agricole,

http://www.geocities.com/CapitolHill/2539/francais/2_luttes/td1.htm

Note: les prix des outils aratoires de base montent jusqu'à plus que tripler (grosses houes de 60 à 200 Gdes, petites houes de 30 à 125 Gdes, machettes de 20 à 60 Gdes, pics de 25 à 100 Gdes, haches de 35 à 125 Gdes, scies de 300 à 1000Gdes!)5. C'est un goulot d'étranglement pour ce secteur

* 8 8 IHSI, Recueil de statistiques sociales Vol. II, Août 2000.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.


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