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Les enquêtes 123 dans la construction des comptes économiques locaux: expériences du programme ECOLOC

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par Hugues KOUADIO
ENSEA, Abidjan - Etude et recherche 2008
  

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3. Quelques résultats : les comptes de la ville et de sa zone d'influence

Les comptes économiques de la ville et de sa zone d'influence montrent l'importance de la polarisation et de la structuration de l'hinterland par son pôle urbain principalement par la demande en produits alimentaires. Cette importance de la demande en produits alimentaires en direction de l'hinterland est porteuse de changement pour les agro systèmes ruraux. Pour l'hinterland rural, une demande importante va entraîner plus qu'une augmentation linéaire de la production. Elle va se traduire par un changement structurel dans la qualité des facteurs de production d'une part, et de l'autre dans la meilleure combinaison productive de ces facteurs de production. Les implications en terme de valeur ajoutée et de revenu sont alors importantes pour l'hinterland rural du fait d'activités induites à l'échelle du bassin versant économique. La pluriactivité, généralement motivée par un impératif de minimiser la vulnérabilité des ménages aux différents risques, se développe alors et renforce l'intensité des échanges. Cependant, cette plus ou moins grande capacité de la ville à induire le développement dépend grandement des coûts de transaction, de l'accessibilité des zones sous influence et de la facilité avec laquelle le milieu rural pourra avoir accès au marché par une meilleur information, une meilleure qualité des infrastructures de transport, etc.

L'illustration des enseignements des économies locales peut se faire selon deux types d'économie locale : une économie locale de type côtière et une économie locale du sahel. Pour cela, nous considérons pour les besoins de l'analyse, trois tailles d'économie locale avec trois niveaux d'urbanisation : une économie locale de 250 000 habitants avec 20% d'urbanisation soit 50 000 habitants dans la ville et 200 000 habitants dans l'hinterland ; une économie locale de 400 000 habitants avec un niveau d'urbanisation de 40% soit 150 000 habitants dans la ville et 250 000 habitants dans l'hinterland ; une économie locale de 500 000 habitants avec un niveau d'urbanisation de 60%.

La schématisation du fonctionnement des économies locales qui découlent des cas étudiés est la suivante (cf. tableau 1). Une ville côtière de 150 000 habitants avec un hinterland de 250 000 habitants produit une richesse locale d'environ 75 milliards de francs CFA dans la ville et 38 milliards de francs CFA dans l'hinterland. Une ville sahélienne ayant le même poids démographique produit seulement 60 milliards de francs CFA dans la ville et 30 milliards dans l'hinterland. La ville côtière de 50 000 habitants pèse 20 milliards de valeur ajoutée tandis que son hinterland est aussi à 20 milliards ; la ville sahélienne de même taille produit un quart moins, c'est-à-dire 15 milliards dans la ville et 16 milliards dans l'hinterland. Pour les villes de 300 000 habitants, on relève 180 milliards et 140 milliards de francs CFA respectivement à la côte et au Sahel et 40 milliards et 30 milliards respectivement dans l'hinterland côtier et l'hinterland du Sahel. Dans tous les cas, la contribution urbaine au PLB est supérieure à sa part en population.

Tableau 1: Produit Local Brut (PLB) dans les économies locales types

 

Côte

 

250 000 habitants

400 000 habitants

500 000 habitants

 

20% urbanisation

40% urbanisation

60% urbanisation

 

Total (milliards)

Total/hab.

Total (milliards)

Total/hab.

Total (milliards)

Total/hab.

ville

20

400 000

75

500 000

180

600 000

Hinterland

20

100 000

38

150 000

40

200 000

ratio ville/hinterland

 

4,0

 

3,3

 

3,0

% ville

50

 

60

 

80

 

 

Sahel

 

250 000 habitants

400 000 habitants

500 000 habitants

 

20% urbanisation

40% urbanisation

60% urbanisation

 

Total (milliards)

Total/hab.

Total (milliards)

Total/hab.

Total (milliards)

Total/hab.

ville

15

300 000

60

400 000

140

450 000

Hinterland

16

80 000

30

120 000

30

150 000

ratio ville/hinterland

 

3,7

 

3,3

 

3

% ville

50

 

60

 

80

 

Tableau 2: Composition structurelle de l'économie locale

 

Côte

 

250 000 habitants

400 000 habitants

500 000 habitants

 

20% urbanisation

40% urbanisation

60% urbanisation

 

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Secteur primaire

20

50

30

27

28

13

Secteur secondaire

5

12

42

37

92

42

Secteur tertiaire

15

38,0

41

36,0

100

45,0

Total

40

 

113

 

220

 

 

Sahel

 

250 000 habitants

400 000 habitants

500 000 habitants

 

20% urbanisation

40% urbanisation

60% urbanisation

 

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Secteur primaire

16

52

27

30

25

15

Secteur secondaire

3

10

20

22

55

32

Secteur tertiaire

12

38,0

43

48,0

90

53

Total

31

 

90

 

170

 

L'analyse transversale des composantes de l'économie locale que permet la schématisation des économies locales peut être faite selon le secteur primaire, moderne et informel (cf. tableau 3). Pour la côte, les données suggèrent dans le cas d'une économie locale de 400 000 habitants, que le secteur primaire et le secteur informel pèsent chacun aux environs de 30% de l'économie locale, le secteur moderne environ 40% de l'économie. Cela s'explique par la présence d'un secteur d'industries agroalimentaires d'une part et de l'autre d'un pôle de services en tout genre. Dans le cas du Sahel, le secteur informel pèse la moitié du PLB, au détriment du secteur moderne qui est ici moins important.

On relève que dans le cas de l'économie locale de 250 000 habitants, le secteur primaire et le secteur informel contribuent respectivement pour 40% et 50% de l'industrie locale. Le secteur moderne est encore embryonnaire, de l'ordre du cinquième de la contribution du primaire. A cette taille d'économie locale, c'est la production primaire et l'informel qui assurent la croissance économique locale.

Pour l'économie locale de 500 000 habitants, les données suggèrent qu'aussi bien à la Côte qu'au Sahel, c'est le développement concomitant du secteur moderne et de l'informel qui conforte le rôle de la ville comme pôle de service et lieu de commerce et d'échange. On remarque un même volume d'activité du secteur informel dans les deux cas et une part plus importante prise par le secteur moderne dans le cas de la ville côtière.

Tableau 3 : Composition structurelle de l'économie locale: primaire, moderne et informel

 

Côte

 

250 000 habitants

400 000 habitants

500 000 habitants

 

20% urbanisation

40% urbanisation

60% urbanisation

 

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Secteur primaire

20

50

30

27

28

13

Secteur moderne

4

10

50

44

110

50

Secteur informel

16

40,0

33

29,0

82

37,0

Total

40

 

113

 

220

 

 

Sahel

 

250 000 habitants

400 000 habitants

500 000 habitants

 

20% urbanisation

40% urbanisation

60% urbanisation

 

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Total (milliards)

% du total

Secteur primaire

16

52

27

30

25

15

Secteur moderne

3

10

18

20

75

45

Secteur informel

12

38,0

45

50,0

70

40

Total

31

 

90

 

170

 

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.