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Milieu familial et reussite scolaire


par Jimmy CALIXTE
Université d'Etat D'Haiti/Faculte des Sciences Humaines - Psychologie 2007
  

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       2.2.3.2-Sexe des élèves

Le rapport entre la réussite scolaire et le sexe de l'apprenant a été abordé dans la majorité des études qui tendent à rechercher les éléments explicatifs de la réussite ou de l'échec scolaire. (Bastide, 1992 : Veillette et al. 1993).

Bastide (1992) dans une étude réalisée en France auprès des enfants immigrés, a révélé que la réussite scolaire des filles, est, dans l'ensemble un peu supérieur à celle des garçons. 40% contre 26%. Veillette et al. (1993) dans une enquête réalisée au Québec, démontrent que les filles sont proportionnellement plus nombreuses que les garçons à décrocher un diplôme d'étude secondaire et à accéder au collégial.

 

Les raisons qui expliquent la meilleure réussite scolaire des filles résideraient selon Emedi (1997) dans le fait que celles-ci sont plus motivées et ont un plus grand désir d'apprendre. Elles travaillent plus fort pour assurer leur réussite scolaire contrairement aux garçons qui consacrent plus de temps aux activités parascolaires (exemple : sport).

Par contre, des études menées plutôt aux États Unis (Benbow et Stanley, 1980; Meece et al. 1982) auprès des élèves de 13 ans dans le but de vérifier les écarts de rendement entre les garçons et filles en mathématiques, indiquent que les garçons sont plus susceptibles d'obtenir de meilleures notes.

 

Ces études nous montrent clairement que, si de façon globale, les filles réussissent mieux que les garçons, dans les matières de sciences dites pures, la tendance semble être renversée. Par ailleurs, si dans les pays développés, les filles paraissent être les mieux placées en ce qui a trait à la réussite scolaire. Dans les pays en voie de développement, la situation est nettement différente.

 

Dans l'enquête réalisée par le MEF et L'IHSI (2005), le nombre de garçons qui réussissent à l'école est supérieur à celui des filles.

Il convient de signaler, que les écarts sont relativement faibles d'une année académique à l'autre

(Entre 4 et 6 points de pourcentage). Mais il existe une forte disparité entre les milieux de résidence. Autrement dit, les disparités de réussite entre les sexes sont plus ou moins importantes selon le milieu de résidence de l'élève. En effet, les profils de disparité entre les sexes diffèrent sensiblement des milieux urbain et rural. L'écart paraît être plus grand dans les zones rurales, mais aussi à l'intérieur du milieu urbain entre les milieux favorisés et les milieux défavorisés.

 

Les travaux de Caron et Chau (1998) ont appuyé la réalité décrite dans cette enquête. Cette disparité est liée selon cette même étude aux rôles sociaux attribués aux filles dans les pays en voie de développement. L'enquête du MEF et de l'IHSI (2005) souligne ce fait. En effet, l'affectation des filles aux tâches domestiques ou leur mobilisation comme aides familiales de leurs mères, à mesure qu'elles grandissent réduit le temps qu'elles peuvent consacrer aux études. La situation paraît être plus prononcée dans le milieu rural.

 

Nous pouvons ajouter à tout ceci que cette disparité pourrait être liée à la mentalité traditionnelle des parents qui tendent à prioriser la formation des garçons que celle des filles (surtout dans le milieu rural). Comme le souligne Diallo (2001) dans une étude sur la problématique de l'abandon scolaire au Mali :

« En Occident, si l'éducation des filles s'avère un moyen privilégié de mobilité sociale, en

Afrique par contre, particulièrement au Mali, où la société est essentiellement patriarcale,

elle repose sur les valeurs culturelles, traditionnelles et les stéréotypes de sexe. Il est de règle que les mères apprennent à leurs filles à devenir des épouses modèles. La scolarisation des filles, phénomène nouveau, est perçue par certains comme une trahison de la culture traditionnelle » (Diallo, 2001 pg 59).

Le point de vue de Diallo souligne assez clairement les contraintes socioculturelles qui pourraient donner des pistes d'explication à la disparité des sexes devant la réussite à l'école. 

2.2.3.3-Structure familiale

Brofenbrenner (1979) considère la structure familiale comme un microsystème qui comprend un ensemble d'activités de rôles, et de relations interpersonnelles jouées par des personnes dans un environnement donné, avec des caractéristiques physiques et matérielles particulières.

Cette conception de la structure familiale de Brofenbrenner, nous invite à comprendre que la structure familiale ne renvoie pas uniquement à la question de la fonction de chacun des membres qui constituent l'univers familial, mais, elle renvoie aussi aux rapports que chacun de ces membres entretiennent entre eux.

 

Dans le dictionnaire de la Psychologie (1991) la famille est définie comme un groupe d'individus unis par des liens transgénérationnels. Dans la société occidentale elle a pour fonction exclusive d'assurer la sécurité de ses membres ainsi que l'éducation des enfants. Elle représente l'institution de socialisation par excellence.

 

Par ailleurs, des auteurs comme Rousseau et Leblanc (1992) présentent la structure familiale comme un facteur déterminant de l'abandon scolaire chez les adolescents. En effet, outre, les incidences abondamment décrits, du statut socio-économique et culturel sur la réussite scolaire (Coleman, 1966; Bourdieu et Passeron, 1970; Jencks et al.1972), l'étude du succès scolaire des enfants a également porté sur la nature de la structure familiale (Amato, 1997, Ryan et Adams, 2000).

 

Aux Etats Unis, Demo et Acock (1996) à partir des données de la National survey of family and households ont examiné les différences d'adaptation socio affective, du rendement scolaire et du bien être général chez les jeunes adolescents. Cette étude prend en compte quatre groupes d'adolescents. Ceux qui vivent :

a) dans une famille issue d'un mariage encore intact

b) dans une famille mono parentale résultant d'un divorce

c) dans une famille recomposée

d) dans une famille mono parentale dirigée par une mère qui a toujours été seule.

Les résultats de l'étude révèlent que les enfants issus d'un mariage encore intact sont ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats pour les indicateurs de bien être et de réussite scolaire. Tandis que, ceux, qui vivent dans une famille mono parentale dirigée par une mère toujours seule, réussissaient un peu moins bien à l'école.

 

Cette étude révèle, que les enfants qui vivent dans une structure familiale mono parentale, présentent une plus forte tendance à l'échec que ses camarades qui vivent dans une structure familiale biparentale

 

Par ailleurs, Coleman (1988) a échafaudé une théorie pour justifier la différence entre les diverses catégories de famille. Il distingue trois formes de capital que peut posséder une famille. Le capital financier qui englobe l'ensemble du patrimoine et du pouvoir d'achat de la famille. Le capital humain concerne la force de l'influence qui découle du niveau d'instruction des parents. Le regroupement de ces deux formes de capital traduit les contraintes et les possibilités fondamentales qui caractérisent la famille. Enfin, il y a le capital social, qui se rapporte à la densité des interactions entre les parents, leurs enfants et le système scolaire. L'auteur soutient que les relations sociales qui caractérisent ce capital offrent les moyens grâce auxquels se développe le capital humain. Sans une relation positive entre les parents et les enfants, il n'existe que peu de mécanismes, voire aucun pour transmettre le capital humain et financier disponibles aux enfants.

 

Coleman (1988) donne comme exemple la structure familiale en tant que moyen de renforcer le capital social de la famille. La préoccupation de l'auteur est surtout liée au déficit structurel du à l'absence d'un membre de la famille. Ce déficit réduit selon l'auteur, le capital social dont bénéficie l'enfant pour maintenir son développement. Dans ce cadre de référence, l'auteur mentionne que comparativement aux familles biparentales, les familles mono parentales sont considérées comme ayant moins de temps à investir dans les interactions parent-enfant. En effet, plusieurs études ont montré que les enfants qui grandissent dans un ménage monoparental reçoivent moins d'encouragement et moins d'aide pour faire leurs devoirs que les enfants qui vivent dans une famille biparentale (Dornbusch et al. 1985; Deslandes et Cloutier, 2005).

 

Dans une étude longitudinale des relations familiales et du succès scolaire chez les enfants des familles mono parentales et biparentales (n=1321 Ménages biparentaux et 197 ménages mono parentaux), Adams et Ryan (2000) révèlent le fait similaire. L'étude révèle que la structure de la famille mono parentale, est du moins en partie problématique en ce qui a trait à la réussite scolaire des enfants. A statut économique égal, la réussite scolaire revient toujours aux familles biparentales. Les auteurs soulignent que cette situation n'est pas due au fait que, les parents seuls en tant que groupe, ne réussissent pas à être de bons parents. Néanmoins, elle est liée : « aux défis complexe, auxquels ils doivent faire face, étant donné l'effort qu'ils doivent déployer pour maintenir le bien être matériel et social des membres de la famille » (Adams et Ryan, 2000 pg 28).

Autrement dit, ces parents, par le fait qu'ils sont seuls doivent mobiliser toutes leurs ressources pour subvenir aux besoins socio économiques de la famille. Ils n'ont donc pas le temps, pour superviser, communiquer et aider les enfants dans les taches scolaires.

Au Canada, Deslandes et Cloutier (2005), dans une étude menée sur les pratiques parentales et la réussite scolaire en fonction de la structure familiale et du genre des adolescents (n=498) ont trouvé que les adolescents qui vivent dans des familles non traditionnelles 8(*)(tous genres confondus) sont désavantagés que ceux des familles traditionnelles9(*) à certains niveaux scolaires. Ce désavantage se retrouve surtout dans les résultats en français et dans le temps consacré aux devoirs.

 

En résumé, ces études révèlent que les enfants, qui vivent avec leurs deux parents sont avantagés sur le point scolaire que ceux vivant avec un seul parent.

 

Il importe de souligner que ces études ne prennent pas en compte la réalité de la structure familiale élargie. En effet, cette dernière, paraît représenter une autre réalité, surtout dans les pays en voie de développement. L'enfant, en dépit de l'absence de l'un des parents biologiques (le père généralement), dans la famille élargie bénéficie dans ses travaux scolaires de l'aide d'autres membres qui vivent à l'intérieur de la structure.

 

* 8 Familles non traditionnelles : Familles mono parentales, reconstituées ou autres. Familles ou les deux parents biologiques ne sont pas présent ensemble dans le foyer

* 9 Familles traditionnelles : Présence des deux parents biologiques.

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