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Dépenses publiques et bonne gouvernance: cas du secteur de l'éducation de base au Burkina Faso

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par Aissata COULIBALY
Université de Clermont 1- CERDI - Master Economie du Développement 2008
  

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C. La déconcentration au niveau de l'éducation de base

Les structures déconcentrées comptent treize (13) Directions Régionales de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation (DREBA), quarante cinq (45) Directions Provinciales de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation (DPEBA) et trois cent vingt deux (322) Circonscriptions d'Education de Base (CEB) et huit mille cent cinquante deux (8152) écoles. Ces structures sont chargées chacune à leur niveau d'exécuter, de coordonner et de contrôler les activités d'éducation de base.

Depuis le 30 juin 2006, les compétences et les ressources de l'Etat concernant l'enseignement primaire sont transférées aux collectivités locales (théoriquement). Ainsi, les communes assumeront les responsabilités suivantes : prise en charge du développement de l'enseignement primaire dans le ressort communal : construction ou acquisition et gestion des écoles primaires, la prise en charge du développement de l'alphabétisation par la construction, acquisition et gestion des Centres d'Education de Base non Formelle et des Centres Permanents d'Alphabétisation Fonctionnelle. Les communes urbaines sont maintenant responsables des structures et infrastructures de l'enseignement primaire.

D. La bonne gouvernance

Rappelons que pour notre étude de la gouvernance, nous avons retenu la conception de Fuhr Harald qui décline la gouvernance en quatre composantes que sont, la crédibilité, la transparence, la participation, la responsabilisation et nous incluons aussi comme facteur de bonne gouvernance, le fait que l'Etat établisse un cadre qui limite les causes d'inefficacité des dépenses publiques que nous avons décelé auparavant. En effet, la mauvaise gouvernance au niveau de l'éducation va se matérialiser la plupart du temps par des fuites, les populations ne bénéficiant pas de la totalité des dépenses qui leur sont allouées.

Au niveau de l'éducation de base, nous observons une nette tendance à l'amélioration des taux de scolarisation toutefois les taux d'abandon restent encore élevés allant de 13 % au CE à 23% au CM durant l'année scolaire 2006/2007.

Concernant l'enquête réalisée par l'INSD, l'analyse est faite au niveau des DPEBA vers les écoles en passant par les CEB car afin de raccourcir le circuit de gestion des crédits délégués, les DPEBA en sont directement les bénéficiaires au profit des CEB et des écoles sous leur tutelle, notre analyse s'axera plus sur les DPEBA et les CEB et les données portent sur l'année 2006.

1. La prédictibilité du budget versus sa crédibilité.

Au niveau de l'Éducation, l'équité reste l'un des objectifs principaux et afin de l'atteindre, l'accent sera beaucoup plus mis sur l'éducation des filles, les incitations au niveau des enseignants et la distribution de manuels scolaires.

La question du ciblage est donc cruciale. Si nous nous mettons dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, une dépense sera jugée pro pauvre si la part des avantages qu'en retirent les 20% les plus pauvres de la population est supérieure à celle dont profitent les 20% les plus riches. Or au Burkina, l'étude sur l'accessibilité des services sociaux de base aux ménages a démontré qu'au niveau de l'éducation de base 42% des subventions reviennent aux deux derniers quintiles les plus riches contre 37 % pour les deux premiers quintiles. Ceci entrave donc l'efficacité des dépenses publiques et accentue les disparités entre les riches et les plus démunis, le biais urbain est ainsi accentué du fait que la pauvreté au Burkina reste en grande partie rurale.

Concernant la déconcentration, le mécanisme de répartition du budget entre les différents services déconcentrés doit tenir compte de critères précis tels que les disparités entre régions, les effectifs scolarisables... Dans la pratique, les enquêtes ont montré qu'ils n'existent pas au niveau du ministère des règles de répartition clairement définies, cela relève donc des DPEBA et des CEB. La mauvaise circulation de l'information entre DPEBA et CEB est toujours une réalité en 2006 (71% des CEB disent n'avoir aucune idée quant au mode de répartition des DPEBA), nous pouvons noter que les CEB se plaignent de dotations insuffisantes compte tenu de leurs besoins et qui ne tiennent pas compte de leurs effectifs. De plus 40% des CEB enquêtés se plaignent de l'arrivée tardive des dotations et le problème de transport pour 35% d'entre elles. L'Étude sur l'efficacité des dépenses montre également que le fait d'appliquer un critère cohérent de répartition préalable permet de limiter les fuites.

Tableau 2 : Répartition des crédits délégués

 

Fréquence

Pourcentage écart

Répartition préalable des crédits délégués entre les écoles

62,5

-53,20%

Non répartition préalable des crédits délégués entre les écoles

37,5

-73,63%

Total

100

 

Source : INSD, données de l'enquête

Par ailleurs le secteur de l'éducation faisant partie des hautes priorités de l'Etat burkinabé même si sa part dans le budget total est en baisse (11, 47% en 2003 contre 9,35% en 2007), il fait partie des secteurs qui sont privilégiés lorsque des régulations budgétaires s'imposent à l'Etat, ce qui l'expose moins à l'instabilité des ressources de l'Etat source d'inefficacité des dépenses publiques.

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