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Niveau, formation et évolution de la liquidité interne en RDC de 1980 a 2007

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par Jerome MONGA KISUBA
Université de Goma - Licence 2010
  

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III.2. DE LA CONVERTIBILITE ET DE LA PARITE DU FRANC CONGOLAIS A L'EPOQUE COLONIALE85(*)

Le décret du 27 Juillet 1987, qui autorisait la frappe de la monnaie de l'Etat Indépendant du Congo, fit du Franc belge lors de l'annexion du Congo à la Belgique, l'usage des billets de la Banque Nationale de Belgique fut autorisé à titre temporaire tandis que les billets de l'Etat Indépendant du Congo étaient progressivement retirés de la circulation. La « charte coloniale » du 1908 stipulait en effet que « les monnaies d'or et d'argent ayant cours en Belgique ont cours aux même conditions dans la colonie ».

En vertu de la convention conclue le 04 Novembre 1908 entre la Belgique, la France, l'Italie et la Suisse, le Congo Belge adhéra à l'union latine et une partie de sa circulation monétaire fut donc constituée des pièces d'argent de cette dernière.

Dès le début de la première guerre mondiale, le ministre des colonies autorisa le Gouverneur Général à décréter le cours forcé des billets du Congo Belge afin de parer à l'éventualité d'un drainage des pièces métalliques vers le Congo Français, à un moment où la dépréciation du billet Belge par rapport au billet Français affectait dans une certaine mesure le billet congolais.

L'invasion de la Belgique pendant la guerre entraîna une coupure complète de la métropole et de la colonie. Les besoins nés hostilités ont conduit à réserver à la Grande Bretagne toute la production du Congo en divers domaines, notamment le minerai de cuivre, indispensable à la conduite des opérations militaires. Le Franc congolais fut rattaché à la livre sterling par un cours de change fixé à 25,50 Francs. Mais l'augmentation de la circulation fiduciaire provoquée par les avances au Gouvernement Belge et par le crédit à l'économie inquiéta la Banque du Congo Belge, qui, en vertu du mandat reçu d'institut d'émission, se devait veiller à la stabilité du taux. La dépréciation du franc congolais, eu lieu, grâce au niveau confortable des recettes d'exploitation.

La fin de la première guerre mondiale posait deux problèmes monétaires difficiles. Premièrement, le franc belge s'était déprécie de 15 % environ, alors que la valeur de la monnaie congolaise n'avait pas varié. Allait-on détacher le franc congolais de la livre sterling pour le rattacher au franc belge. Deuxièmement, du fait de la guerre, les monnaies d'or et d'agent avait disparu. Comment résoudre le problème de liquidité, sur le premier point, malgré la drame du franc congolais sur le franc belge, la Métropole ordonna aux services d'Afrique de «  payer franc pour franc » les mandats postaux émis en Belgique et invita la Banque du Congo Belge- Caissier de la colonie à créditer au pair, le Trésor colonial des versements qu'il effectuait en francs belges. Ce qui revenait à assimiler le franc congolais au franc belge, déclencha immédiatement au Congo une hausse des prix. Sur le second point, la conférence des puissances signataires de la convention de l'Union Latine autorisa le gouvernement belge à frapper, pour les besoins de sa colonie, des monnaies spéciales de métal inférieur. Cette prérogative fut reprise, dès 1935, par la Banque du Congo Belge. Mais ces nouveaux moyens de paiement furent pendant quelques années mal adaptés aux besoins.

Dans l'entre-deux guerres, la préoccupation majeure des autorités était de renforcer l'autonomie juridique du franc congolais et d'assurer les liens avec le franc belge. La convertibilité des billets au pair fut assurée dans tous les comptoirs de la Banque du Congo Belge. La dévaluation induite de 19358 permit à la banque, du fait de l'augmentation de la valeur comptable de son encaisse, de garantir les jetons émis précédemment par le Trésor.

A la veille de la deuxième guerre mondiale, le Franc congolais avait son statut particulier et indépendant. Sa garantie était différente de celle du franc belge et sa circulation était limitée au Congo Belge. Mais, il était échangeable au pair contre le franc belge, et sa valeur extérieure suivait automatiquement celle de l'unité monétaire métropolitaine.

La deuxième guerre mondiale allait entraîner pour le Congo Belge, des conséquences sur deux plans. Dans le domaine économique, la production entière du territoire, qui atteignit des niveaux de plus élevés fut, comme précédemment, entièrement réservé à l'Angleterre. En matière monétaire, la capitulation de la Belgique entraîna la suspension de la convertibilité des billets congolais et le rattachement du franc congolais colonial à la livre sterling, cette fois-ci, en juin 1940 au taux de 176,635 Francs. Dès la libération du territoire belge, les échanges du Congo étaient à nouveau orientés vers la Belgique et la monnaie retrouva une nouvelle parité avec le belge qui avait perdu une grande partie de sa valeur, comme indiqué dans le tableau ci-dessous :

Tableau n o2 : Evolution du rapport entre le Franc belge et l'or

Dates

Poids d'or fin en grammes

1914

0,29032258

26 octobre 1926

0,0418422

31 Mars 1935

0,0301264

Octobre 1944

0,0202765

22 Septembre 1949

0,0177734

Source : Bulletin de la Banque Belge, octobre 1949, p186

Les parités des monnaies Belge et Congolaise furent déclarées en 1946 sur une même base au Fonds Monétaire International, soit l'équivalent de 0,020277765 gr d'or fin. Le franc belge fut dévalué en 1947, de 12,345% vis-à-vis du dollar américain et au DTS.

Plusieurs modifications de parité vont intervenir jusqu'en Juin 1998, sous couvert de «  réforme monétaire » accompagnées le plus souvent de changements d'unité monétaire.

Le 30 Juin 1960, 1 Franc congolais équivalait à 1 Franc Belge (FB) et à 0,02$. Il est passé successivement à 1 FC = 0,769 FB en Novembre 1967, le franc congolais était remplacé par le Zaïre (Z) aux de conversion de 1Z = 100 FC = 2$. Mais

Cette nouvelle unité monétaire s'est dégradée rapidement à telle enseigne que 1 Z = 10,19 FB = 0,34 $ en février 1980.

En Octobre 1993 est intervenue l'unité monétaire dénommée le nouveau zaïre (NZ) au taux de conversion de 1 NZ = 3.000.000 Z = 0,33$. Quelques années plus tard, soit au mois de juin 1998, le franc congolais était remis en circulation en remplacement du « nouveau zaïre » au taux de conversion de 1FC = 100.000 NZ = 0,76$. Techniquement, toutes ces manipulations ont été considérées comme des dévaluations nécessitées par la persistance des pénuries de devises et le souci de rétablir autant que possible les équilibres fondamentaux rompus. Historiquement, elles ont toujours visé à transférer des ressources à l'Etat.

II.2. LA FORMATION DES LIQUIDITES INTERIEURES

On sait que dans le concret, les déterminants de la création monétaire peuvent être d'ordre externe ou interne. Dans le premier cas, les fluctuations de la balance des paiements déterminent des entrées ou sorties nettes d'or ou des devises qui modifient, le volume monétaire intérieur. Dans le deuxième cas, les variations de la masse monétaire trouvent leur origine dans les crédits accordés par le système bancaire, soit à l'Etat pour financer ses dépenses budgétaires, soient aux entreprises et aux ménages pour financer leurs activités courantes86(*).

III.2.1. LES DETERMINANTS DE LA CREATION MONETAIRE A L'EPOQUE COLONIALE

Pendant la période coloniale, les variations de la liquidité intérieure trouvaient leur origine dans les soldes de la balance des paiements étant donné l'importance prépondérante des activités axées sur le commerce extérieur. En 1950 à 1954, période de haute conjoncture, le crédit a participé certes presque autant que l'accès annulation des réserves de change à la formation des liquidités. Mais en fait ces crédits ont été en majorité destinés au préfinancement des importations.

Tableau no3 : Formation des liquidités monétaires de 1950 à 1959

Période

Circulation fiduciaire

Monnaie scripturale

Stock monétaire

Quasi monnaie

Réserves de change

Crédit à l'Etat

Crédit à l'économie

1950

+490

+2824

+3314

+1486

+5864

+1023

+663

1951

+926

+3934

+4860

+1124

+3722

+503

+1878

1952

+364

+1943

+2307

-635

+1913

-1850

+672

1953

+256

+1755

+2011

+395

+827

-104

+5026

1954

+327

-833

-1160

+159

+42

-977

-328

1955

+232

-449

-217

+65

+855

+1092

+5026

1956

478

-925

-447

+61

-294

+28

1105

1957

+390

-3290

-2996

-1825

-7482

1034

+593

1958

-152

-1147

-1299

-1686

-296

+3084

1662

1959

+582

-3569

-2987

-1700

-4175

+546

256

Source : B. RYELAND, « L'Inflation en pays sous développé : origine, mécanismes de propagation des effets des pressions inflatoires au Congo de 1960 à 1969», éd. MOUTON, Paris et la laye, 1970, P176

La fin de la décennie 1950 fut marquée, cependant, par des changements de comportement importants faisant passer au premier plan les déterminants monétaires d'ordre interne. D'une part, la fuite des capitaux qui s'est dessinée à l'approche de l'indépendance amenait à l'influence des mouvements de change sur l'expansion monétaire. D'autre part, l'alourdissement croissant des charges de consommation et d'amortissement de l'économie congolaise, ainsi que celui des dépenses visant au développement social, contraignirent les pouvoirs publics à épuiser d'abord les réserves financières accumulées en période de prospérité, ensuite à recourir aux avances du système bancaire.

III.2.2.LES DETERMINANTS DE LA CREATION MONETAIRE DURANT LA PERIODE POST COLONIALE

Les déterminants de la création monétaire ont changé du tout au tout de la période coloniale à la période post coloniale sous l'effet de quelques événements majeurs qui ont marqué les premières années de l'accession du Congo à l'Indépendance. En effet, depuis le retournement de la conjoncture économique en 1957, on a assisté à la baisse des recettes fiscales dominées par les droites de sortie et d'entrée des marchandises. La détérioration du climat politique a accéléré le départ des fonctionnaires étrangers, une importante fuite des capitaux et la réduction des activités étatiques dans certaines régions particulièrement troublées. Cet effondrement de l'appareil administratif sera suivi en 1960, par une chute catastrophique des recettes de l'Etat alors que les dépenses publiques liées essentiellement aux salaires et traitement des agents de l'Etat s'étaient fortement accrues.

Les déficits des finances publiques et de la balance des paiements sont devenus désormais la règle. Le financement de ces déficits publics essentiellement par le crédit du système bancaire au Trésor public a été la source principale de la création monétaire, contrairement à la période coloniale au cours de laquelle ce sont plutôt les réserves de change et le crédit à l'économie qui étaient les déterminants majeurs.

Tableau no4 : Evolution des contreparties de la masse monétaire (en pourcentage du total)

Rubriques

1960

1965

1970

1975

1980

Avoir extérieur net

3,65

7,3

43,4

-6,5

-6,9

Créances nettes sur l'Etat

39,6

81,2

39,6

60,9

81,3

Crédit aux entreprises et aux ménages

23,9

11,5

17

45,5

25,5

Autres avoirs intérieurs nets

_

_

_

0,1

0,03

TOTAL

100

100

100

100

100

Source : Banque Centrale du Congo, Rapports annuels

  Cette mutation dès l'origine de la création monétaire va se traduire par un excédent des liquidités dans l'économie au détriment de la stabilité monétaire. Or, comme l'a défini B. VINAY87(*), l'équilibre monétaire correspond à une situation où la monnaie en circulation se trouve ajustée au volume de transactions économiques et où la sécurité des relations financières extérieures est assurée. Ce phénomène est à la fois à la base de la récurrence des réformes monétaires post coloniales et l'exploitation même des échecs de la plupart de ces opérations. La mutation s'est également observée au niveau de l'affectation de la liquidité intérieure. Finançant essentiellement des dépenses de consommation et improductives de l'Etat, elle va exercer des fortes pressions sur la demande des devises.

Dans le cadre du système des taux de change fixes, qui a prévalu pendant plusieurs années au Congo, l'autorité monétaire devrait disposer d'importantes réserves de change afin de soutenir la parité officielle de la monétaire. Faute de ces disponibilités il s'est développé un important marché parallèle sur lequel se déportaient les demandes des devises non satisfaites sur le marché officiel. La surévaluation de la monnaie nationale reflétait dans l'écart entre le taux de change officiel et le taux de change parallèle favorisait aussi des fraudes à l'exportation et à l'importation, amoindrissant encore davantage le volume des devises à la disposition du système bancaire et rendant difficile le retour à l'équilibre externe.

* 85 BCC, op. cit, Pp76-

* 86 BCC, Op. Cit, Pp83-87

* 87 B. VINAY, «  Zone Franc et Coopération monétaire », Ministère de la coopération et de développement, Paris, 1988, P60

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