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De l'applicabilité du chapitre VII de la charte de l'ONU dans les conflits identitaires en RDC: cas de l'Ituri et des deux Kivu

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par Vérité LEBABO KABISABO
Université officielle de Ruwenzori - Licence en relations internationnales 2010
  

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B. Déroulement de la mission

Le quartier général de l'ONU était établi à Ndjili : dès le 16 Juillet, les unités de l'opération arrivées la veille dans la capitale, prennent position au siège de la radio nationale et autour des institutions publiques. Elles ont deux missions : accompagner le retrait des troupes belges et aider le gouvernement congolais à rétablir l'ordre public et à reprendre le contrôle du territoire national.

En dépit des quelques difficultés, la première mission sera accomplie relativement vite. Au début du mois d'Août, les troupes belges avaient cédé aux casques bleus toutes leurs positions dans le pays sauf dans les villes du Katanga. Il a fallu une autre résolution du Conseil de Sécurité pour accélérer le retrait des soldats belges : résolution 145 du 22 Juillet décidée sous la pression du gouvernement congolais qui menaçait de faire appel aux troupes du pacte de Varsovie si les belges ne se retiraient pas plus vite. Une autre résolution, la résolution 146 (1960) du 9 Août, sera adoptée pour permettre le retrait des troupes belges du KATANGA et leur remplacement par celles de l'ONU à partir du 12 Août. Début septembre, soit six semaines après l'envoi des casques bleus, les troupes belges s'étaient retirées de toutes leurs positions litigieuses au Congo. Le 2e objectif de l'ONUC, le rétablissement de l'ordre public et la restauration de l'autorité gouvernementale sur l'ensemble du pays, exigera plus de temps et des ressources que le retrait des troupes belges. Cela à cause d'une combinaison des facteurs inextricables. A l'insuffisance des troupes nécessaires et au déploiement efficace des casques bleus sur l'ensemble du territoire congolais, s'ajoute la multiplication des crises politico institutionnelles, les luttes ethniques et les rebellions. L'on assiste tour à tour à la proclamation de l'Etat du Sud Kasaï par Albert Kalonji le 08 Août, à l'affrontement entre Baluba et Lulua dans le Kasaï, aux tensions entre le gouvernement congolais et le Secrétaire Général de l'ONU sur le traitement de la sécession katangaise et sud Kasaïenne, à la revendication réciproque le 05 septembre entre le 1er ministre LUMUMBA et le Président KASAVUBU, à la création en Novembre d'un gouvernement à Stanley ville par A.GIZENGA, partisan de Patrice Lumumba le 17 Janvier 1961, etc..

Six mois seulement après l'indépendance, le pays est au bord de l'implosion. Mais la présence de l'ONUC, va contribuer de façon déterminante à limiter les dégâts. Pour empêcher l'arrivée des troupes rivales dans la capitale, l'ONUC procède à la fermeture de l'aéroport de Léopoldville le soir de la querelle de légitimité entre le Président et son Premier ministre. La radio nationale, dans la capitale, sera également fermée pendant quelques jours pour taire les discours incendiaires qui enveniment la situation. L'ONUC se charge de la protection des leaders politiques toutes tendances confondues mais, elle n'a pas réussi à protéger le Premier Ministre Patrice Emery Lumumba. Le 27 novembre, Lumumba quitte Léopoldville espérant gagner Stanley ville, fief des siens. Alors c'est la traque, où tombent les derniers masques. Et d'abord celui de l'ONU qui, deux mois plus tôt, avait assuré sa protection à Kasavubu et Bomboko, mais la refuse aujourd'hui à Lumumba. Car Hammarskjöld s'inquiète: son adjoint, Rajeshwar Dayal, qui a remplacé Andrew Cordier, lui a télégraphié d'urgence: « Si Lumumba réussit à atteindre Stanley ville, alors la situation changerait directement»40(*). Le Secrétaire Général de promettre à l' ambassadeur américain auprès des Nations Unies que, dans ce cas, il interposerait des Casques bleus entre Stanley ville et Léopoldville ; l'incertaine armée de Mobutu « n'étant pas capable » de résister à une offensive nationaliste. Mais Lumumba n'atteindra pas Stanley ville. Le 1er décembre 1960 Lumumba sera arrêté près de Lodi, dans le Kasaï, par des soldats de Mobutu appuyé par la logistique de l'ONUC. Amené à leur base de Mweka, il y est arrêté, entravé et violemment frappé sous les yeux de Casques bleus ghanéens indignés mais qui, sur instruction formelle de leurs supérieurs, s'abstiennent d'intervenir. Bref, l'ONU a pratiquement livré Lumumba à Mobutu, qui le ramène aussitôt à Léopoldville où il est à nouveau sauvagement battu avant d'être transféré le 3 décembre au camp militaire Hardy, de Thysville, au sud de la capitale congolaise. Tout cela sans que l'ONU intervienne, alors qu'à Thysville, les Casques bleus (notamment marocains), protestaient contre le traitement infligé à Lumumba et ses amis. Ce qui fait d'ailleurs craindre à l'onusien Dayal comme au commissaire Lahaye que n'éclatent des soulèvements visant à libérer Lumumba. D'où la fébrilité avec laquelle les responsables belges -inquiets de la faiblesse des mobutistes, et plus encore de l'offensive, à partir de Stanley ville, des partisans de Lumumba regroupés par Antoine Gizenga, étudient le moyen de se débarrasser au plus vite, et « définitivement », de leur dangereux otage. Le 4 janvier, le comte d'Aspremont Lynden, dans un télégramme à Brazzaville destiné à André Lahaye, attire sa « toute spéciale attention sur les conséquences désastreuses qu'aurait la libération de Lumumba. Le danger de telle situation, ajoute le ministre, doit être porté avec insistance à la connaissance des commissaires généraux. »41(*)

Malgré cette situation, l'ONUC réussit à faire accepter un cessez le feu sur certains de multiples fronts ouverts dans le pays : entre l'ANC et l'armée sécessionniste de KALONDJI, entre les baluba anti-sécessionniste du Katanga (Nord) et les gendarmes katangais pro Tshombé. Des couloirs sécurisés sont créés entre les belligérants pour protéger les populations en danger.

Malgré tous ces efforts, le mandat de l'ONUC se révélera trop limité pour stabiliser le pays. Pire, au début de l'année 1961, plusieurs pays contributeurs de troupes procèdent au retrait de leurs contingents. Les effectifs militaires de l'ONUC tombent alors de près de 20 000 hommes à moins de 15000.Tout cela sur fond de crise au siège des Nations Unies à New York, où le représentant de l'URSS exige la démission du Secrétaire Général Dag Hammarskjöld. Toute fois, l'ONUC sera dotée, grâce à la résolution 161 du 15 février 1961, d'un mandat plus robuste lui permettant de recourir à la force, si nécessaire, pour éviter que le Congo ne s'enfonce dans la guerre civile. Pour réaliser efficacement cette mission, le Secrétaire Général fait un nouvel appel à contribution en troupes et obtient une réponse positive de la part des plusieurs pays. En avril 1961, les effectifs de l'ONU augmentent à nouveau pour atteindre 18000 hommes.

Le renforcement du mandat de l'ONUC permit de stabiliser notamment le front Nord du Katanga, l'offensive des gendarmes katangais. Ils prennent le contrôle de l'axe Kabalo-Kalemie. La montée en puissance de l'ONUC poussera Moise Tshombé à accepter une solution négociée mise au point par étapes. Il y a eu d'abord la conférence de TANANARIVE en mars 1961, puis la conférence de Coquilathville en Avril. Les résultats de ces rencontres seront limités, mais elles ont eu le mérite d'ouvrir la voie aux négociations. Ces dernières, spécialement celle de Léopoldville, a conduit à la réouverture, le 22 Juillet 1961 à l'assistance logistique du gouvernement d'unité nationale dirigé par Cyrille Adula.

* 40 DE WITTE. L, L'assassinat de Lumumba, karthalat, Paris, 2000, P 56

* 41 De WITTE,L,op cit, P 58

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