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Les forces armées camerounaises face aux enjeux militaires dans le golfe de Guinée: le cas du conflit de Bakassi

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par Ernest Claude MESSINGA
Université de Yaoundé II-SOA - Master en science politique 2007
  

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II.2.2- Les causes des conflits armés

Les conflits post bipolaires africains ont des causes diverses si l'on s'en tient à la littérature abondante : l'ethnicité, la pathologie de l'Etat et le desserrement de l'étau bipolaire (Ntuda Ebodé et Nsizoa (2001), fontrier (2002)) ; l'économie et le politique (Kounou (2001)).

-L'ethnicité d'après Ntuda Ebodé et Nsizoa (2001) peut être retenue comme l'une des causes principales des conflits armés africains au regard de l'ampleur des guerres civiles dont elle est à l'origine (18 guerres civiles sur 23 en cours en 1999) (Ntuda Ebodé et Nsizoa 2001 : 129).

-La pathologie de l'Etat à leur avis fait aussi partir des causes principales des guerres africaines. Ce sont les maux qui minent l'Etat africain à savoir la pauvreté, la corruption, le déclin des institutions étatiques, l'endettement extérieur, etc. qui cristallisent les sensibilités ethniques, religieuses et régionales (Ntuda Ebodé et Nsizoa 2001 : 129).

-Le desserrement de l'étau bipolaire constitue aussi un facteur d'émergence des conflits armés en Afrique, si l'on part de l'hypothèse selon laquelle la guerre froide incitait les Etats à la prudence. Partant de la bipolarité à la multipolarité, cette géométrie des rapports de puissances expliquerait la multiplication de conflits en Afrique (Ntuda Ebodé et Nsizoa 2001 : 134).

-Fontrier (2002) réitéra comme cause de guerre en Afrique la chute du mur de Berlin, la question de sentiment national, la pauvreté , la déliquescence de l'État et la réémergence du réflexe ethnique. Ces clivages ordinaires entre religions et ethnies s'expriment plus violemment encore lorsque la satisfaction des besoins alimentaires devient elle-même une gageure

-Kounou (2001) quant à lui dira que c'est dans ce contexte politique, économique et social trouble que les intermédiaires ethniques, religieux et régionaux prennent le relais pour engendrer des mutineries ou des coups d'Etat, des révoltes populaires, des guerres civiles (Kounou 2001 : 233). Pour lui, le pluralisme ethnique en soi n'a pas de sens. Il ne peut être compris que par rapport aux logiques des acteurs qui le manipulent au gré de leurs intérêts (économique et politique). Non seulement l'ethnicité est la cause d'un seul type de conflit armé sur cinq que connaît l'Afrique, cette problématique découle de la déliquescence de l'État post colonial (Kounou 2001 : 233).

II.2.3- Les coûts des conflits armés

Caractérisés par l'expression des armes, les guerres sont létales et les victimes se chiffrent en centaines de milliers, soit 150.000 par année durant la période allant de 1946 à 1988 ; 200.000 pour la période qui va de 1989 à 1998. Au

delà de cet aspect humanitaire, se dégagent des coûts sociopolitiques ; économique ; psycho spirituel, et écologique (Ntuda Ebodé et Nsizoa 2001 :123). Parlant des coûts sociopolitiques, Ntuda Ebodé et Nsizoa font état de l'aspect humanitaire, politique et socioculturel.

Sur l'aspect humanitaire, les chiffres sont alarmants, car les morts se comptent en centaines de milliers (200.000 au Libéria, 100.000 au Burundi...). D'après eux, cette situation de guerre civile explique le nombre très élevé des Réfugiés sur le contient (1million pour le Rwanda seul) ; l'enrôlement de nombreux enfants dans l'armée (4 millions) ; les problèmes d'eau, de malnutrition, de maladies endémiques.

Sur l'aspect politique, ils font état de la rupture du système politique qui se traduit sur le plan interne et externe par des coûts énormes. Sur le plan interne, l'instabilité politique se manifeste par l'affaiblissement de l'État, le recul de la loi ou les coups d'Etat récurrents. Sur le plan externe, l'instabilité limite les investissements étrangers directs et l'aide internationale.

Sur le plan culturel, les sites archéologiques, monuments et autres vestiges du patrimoine culturel sont généralement détruits, mettant ainsi des civilisations entières en péril.

Parlant des coûts économiques, psycho spirituels et écologiques, ils parlent sur le plan économique du blocage des économies du continent (Ésthiopie, Ouganda, RDC, Afrique du Sud, Nigeria, Libéria, Tchad, Angola, Cameroun...) ; sur le plan psychologique de la récurrence de la violation politique en Afrique ; sur le plan spirituel de la perte du sens des valeurs telles que la vie ou le bien ; sur le plan écologique, de la destruction de l'environnement ou de la biodiversité (Ntuda Ebodé et Nsizoa 123-129).

Compte tenu de ces coûts multiformes des conflits armés dans le monde et plus particulièrement en Afrique subsaharienne, leurs résolutions restent un impératif.

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