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"patrimoine et musées; opportunités politiques, culturelles, économiques et touristiques au service des villes? Metz et l'arrivée du Centre Pompidou".

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par Mathilde Jannot
Paris Diderot-Paris 7 - Master 2 politiques culturelles 2011
  

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B. Des retombées économiques directes203 et indirectes

1. Une fréquentation phénoménale

« Le succès d'un musée ne se mesure pas au nombre de visiteurs qu'il reçoit, mais

au nombre de visiteurs auxquels il a enseignéquelque chose. Il ne se mesure pas au nombre

d'objets qui ont pu être perçus par les visiteurs
dans leur environnement humain. Il ne se

mesure pas à son étendue mais à la quantitéd'espace que le public aura pu

raisonnablement parcourir pour en tirer un véritable profit. C'est cela le musée. Sinon, ce n'est qu'un espèce « d'abattoir culturel ».

Jean Clair, L'hiver de la culture, citant Georges-Henri Rivière au début des années 1970 p. 59-60 :

Le Centre Pompidou-Metz est désormais un des musées de province les mieux classés, créant la surprise auprès de ses confrères qui existent depuis bien plus longtemps. L'exposition Chefs-d'oeuvre ? a accueilli plus de 800 000 visiteurs depuis son ouverture. 800 000 étant le chiffre annoncé lors des remerciements pour la première année proposant ainsi une opération de gratuité pour les soirées d'anniversaire. En 7 mois, l'exposition avait reçu 600 000 visiteurs.

203 Cours de M. Yann Nicolas : les effets directs constituent la première partie les effets de dépenses effectuées en premier lieu par les visiteurs non locaux, les effets indirects constituent la réutilisation des effets directs par les entreprises locales. Les effets induits sont les répercussions des effets directs et indirects, produits ultérieurement.

Dans une interview au Point204, Laurent Le Bon annonce qu'il

" n'a[vons] vraiment pas à rougir de ses[nos] chiffres. Quand la grande exposition " Monet » à Paris, considérée comme l'un des grands succès de l'année, a attiré 900 000 visiteurs205, nous nous en avons reçu 600 000. »

Il ne s'en plaint d'ailleurs pas, allant méme jusqu'à se féliciter, en faisant référence aux records de cinq heures de file d'attente enregistrées lorsque le musée atteignait la limite de ses capacités (1 200 visiteurs en même temps), car :

" Certains jours d'été, nous avons fait plus que Pompidou-Paris ! »206 Le secrétaire général du musée, Emmanuel Martinez déclare quant à lui207 :

" Il ne faut pas croire qu'on a voulu faire un one-shoot pour l'ouverture. C'est un projet culturel qui s'inscrit dans la durée. Nous sommes déjà en train de travailler pour 2013-2014. Pour les quatre prochaines années, l'objectif affiché reste de 250 000 visiteurs par an en moyenne. »

Il est vrai que cet objectif était plutôt bas et que l'ouverture a bénéficié d'une très forte médiatisation, alimentée par la curiosité de l'architecture audacieuse ainsi que du contenu. Réalité ou fausse pudeur de la part des organisateurs? M. Rausch208 se targue d'avoir annoncé qu'il y aurait 700 000 visiteurs pour les premiers mois, ce qui pour beaucoup semblait inimaginable à Metz. Laurent Le Bon répondait quant à lui qu'il :

" J'avais avancé le chiffre de 200 000 entrées, mais je pensais à 2011. J'ai toujours dit que l'année de l'inauguration allait être atypique, en raison du retentissement médiatique. Je m'en tiens donc à cet objectif, qui constitue déjà un très bon chiffre, si l'on prend en compte le phénomène d'étiolement propre aux institutions culturelles »209

204 Cordelier Jérôme, « Pompidou, acte II », Le Point, Villes, jeudi 10 février 2011, p.193-195.

205 Pour rappel, l'exposition du grand palais a duré 4 mois, du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011.

206 Descamps Elise, « Le Centre Pompidou-Metz dépasse tous les espoirs », La Croix, no. 38859, lundi 3 janvier 2011.

207 Cordelier Jérôme, op.cit.

208 Interview Jean-Marie Rausch, réalisée le 16 février, à Metz.

209 Descamps Elise, op.cit.

Antoine Fonté avoue qu'il « sait pertinemment qu'en année 2, normalement ça doit fléchir. Et si on reste aux alentours de 300 000 à l'année, c'est exceptionnel ! » 210

Jean-Marie Rausch211 annonce que s'il y a maintien d'expositions prestigieuses, telles qu'a pu l'être Chefs-d'oeuvre ? , une densité élevée pourra être maintenue. Pour lui, Pompidou est tellement riche en oeuvres qu'il y a toujours la possibilité d'avoir du nouveau. Ce qui selon nous, se mesure également au brio des conservateurs et de leurs équipes qui, s'ils savent s'efforcer de ne pas choisir uniquement la facilité avec des thèmes accrocheurs, peuvent impressionner en déployant des thématiques in envisagées jusque là. Pour 1917,

M. Rausch n'exclue pas la potentialité d'attraction de visiteurs Allemands dont certains maîtres du XXe siècle ont transformé la vision de l'histoire de l'art avec des mouvements comme le Bauhaus, Der Blaue Reiter... . En outre, quelque soit l'exposition, il n'exclue pas la visite de néerlandais dont la route pour gagner le Sud, passe de façon quasiobligatoire par la Lorraine.

On peut de manière générale, comme le suggère Noémie Drouguet, regretter que les chiffres de fréquentation apparaissent souvent comme le seul bilan et que seuls les retours dans la presse ou l'efficacité d'une campagne de promotion soient mesurés.212 Si l'intention de Georges-Henri Rivière était intelligente, peu d'instruments statistiques et sociologiques existent vraiment pour mesurer des perceptions sensorielles ressenties au musée.

Toutefois, il nous semble, que la présence répétée d'un musée dans la presse, dans les médias, plus on fait parler de soi, garantisse la venue du public. Puisqu'il est vrai, aujourd'hui la communication sur l'exposition est devenue aussi importante que le contenu213. En revanche, on peut noter que certains efforts ont été fait de la part de la

210 Interview Antoine Fonté, réalisée le 16 février, à Metz.

211 Interview Jean-Marie Rausch, réalisée le 16 février, à Metz.

212Cf. N.Drouguet, op.cit.

213 Parenthèse à part, on peut se féliciter pour l'instant que le Centre Pompidou-Metz ne soit pas un de ces lieux où l'on fait, pour reprendre le titre de Noémie Drouguet, des expositions spectacles et où la communication est devenue plus importante que le contenu. A l'exception des premières semaines de Chefsd'oeuvre? A ce titre, il existe pour nous, de nombreux musées ou lieux qui se qualifient comme tels qui pratiquent ce genre de communication outrancière où tout doit s'acheter. On ne bénéficie plus que du seul cartel et de presque aucune explication sur un panneau, car il est préférable de louer l'audioguide voire même d'acheter un podcast. On rentabilise des espaces fort mal appropriés en ayant une rotation assez impressionnante de visites guidées ne permettant presque plus de voir les oeuvres. Les thématiques sont lucratives et il est quasi-obligatoire de passer par un revendeur (avec une majoration du prix d'entrée) pour obtenir son billet coupe-file afin d'éviter la queue qui serait aussi longue que la durée de la visite de

mairie ou d'éditeurs, afin de rééditer des guides, cartes-postales, plan de la ville mentionnant le Centre Pompidou. De même, il est fort heureux, que deux mois après son ouverture, le Centre Pompidou-Metz ait pu bénéficier de son panneau à fond marron symbolisant les sites touristiques sur l'autoroute A31. A court terme, on le voit, le succès attire les médias qui se mobilisent à la suite d'un succès. Il nous faut désormais nous intéresser aux retombées économiques indirectes qui découlent de cette fréquentation.

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