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"patrimoine et musées; opportunités politiques, culturelles, économiques et touristiques au service des villes? Metz et l'arrivée du Centre Pompidou".

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par Mathilde Jannot
Paris Diderot-Paris 7 - Master 2 politiques culturelles 2011
  

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C. Une architecture porte-drapeau ?

Selon Télérama, les Messins avaient surnommé le chantier du Centre Pompidou-Metz « le chantier invisible », tant il s'était fait attendre. Sept ans se sont en effet écoulés entre la décision (annoncée officiellement le 9 janvier 2003) d'implanter une antenne de Beaubourg en région et l'inauguration officielle, le 11 mai 2010, du nouveau Centre Pompidou-Metz. Ce qui n'est pas si long, comparativement à d'autres grands projets de musées décentralisés, retardés pour cause d'aléas financiers ou techniques : le Louvre à Lens, prévu pour 2012, le Mucem à Marseille (2013) et Confluences à Lyon (premier trimestre 2014).62 Il y avait là une réelle détermination de la part des élus, d'aller vite. Initialement, le Centre Pompidou-Metz devait ouvrir trente ans après son grand frère en 2007, ce qui aurait également concordé avec l'arrivée du TGV en Lorraine, ainsi qu'avec la capitale européenne culturelle « Luxembourg et Grande Région, 2007 »63. On sait généralement quand les travaux commencent, il est toujours difficile de savoir quand ils se termineront. D'autant plus, pour un chantier de cette envergure qui n'avait pas été testé, l'ancien maire n'ignorait pas que les délais ne seraient pas respectés. Aussi, en hommage à 1977, l'année d'ouverture du Centre Pompidou-Paris, reste la flèche centrale qui domine avec 77 mètres de haut. Sans vouloir paraître hagiographique, l'ouvrage comprend des éléments architecturaux innovants 64:

· La toiture est autoportante, car elle repose seulement sur quelques appuis. Elle est constituée d'une série d'éléments modulaires hexagonaux dont le maillage en bois lamellé-collé permet de franchir des portées importantes de 40 mètres.

· L'ensemble de la structure en bois- inspiré d'un chapeau chinois- est recouvert d'une membrane blanche en fibre de verre et téflon (PTFE). Celle-ci assure une étanchéité65 à l'eau et crée un environnement tempéré.

62 Sophie Cachon; Luc Desbenoit; Luc Le Chatelier; Xavier de Jarcy, « La tentation de Bilbao Chefsd'oeuvre » Télérama, no. 3148, samedi, 15 mai 2010, p. 54.

63 http://www.gouvernement.lu/dossiers/culture_tourisme_lang/capitale_culture_2007/index.html

64 http://www.metzmetropole.fr/site/projets_CPM_02.php On invite également le lecteur à se référer à l'annexe 1.

65 Malgré l'incident de parcours causé par la neige lors du premier hiver, dont les journalistes ont fait tant de bruit.


· Grâce à une technologie similaire à celle utilisée pour construire les ponts, les trois galeries d'exposition sont dégagées de tout point porteur. D'une longueur de 80 mètres chacun, ces trois tubes parallélépipédiques offrent à chaque extrémité un point de vue différent sur la ville.


· Les espaces intérieurs conçus comme un prolongement de l'extérieur sont des façades aux parois vitrées. A ce titre, Jean De Gastines, l'architecte français, précise dans une interview que l'architecture au service des oeuvres d'art était une priorité dans le cahier des charges :

« il faut que les oeuvres soient bien exposables, que les visiteurs entrent facilement
dans le musée, que la circulation soit fluide, et ensuite on peut s'occuper de

l'architecture d'un point de vue image urbaine, d'où l'idée d'avoir ces galeries quisont orientées vers la ville ancienne, la cathédrale gothique, la gare de la période impériale donc des liens visuels importants. » 66

L'ancien Maire de Metz a souhaité faire sortir Metz de l'anonymat, en utilisant une architecture nouvelle. Dès l'annonce du choix de Metz, il s'est rendu avec une délégation à Bilbao pour visiter le Guggenheim de Franck Gehry. Immédiatement, Bilbao est devenu un modèle pour Jean-Marie Rausch. Il convient ici, de faire un aparté, sur le modèle de Bilbao que beaucoup prennent en exemple. En 199167, un musée s'exporte pour la première fois. Après la période franquiste, la production d'acier, de fer et la construction navale tombent peu à peu en désuétude. La région, à cause de la reconversion de l'industrie lourde, était plongée dans une crise sociale. Le gouvernement basque a voulu parier sur un projet phare pour relancer la région. Il a contacté la fondation Guggenheim afin qu'elle participe à la reconversion de Bilbao. Si pour tous les élus, le modèle Guggenheim ne faisait pas consensus, incarnant pour certains l'invasion du modèle culturel américain, l'idée d'utiliser la culture comme moteur pour le développement économique n'a en revanche pas fait débat. Guggenheim-New York se trouvait dans une impasse financière et projetait, de s'étendre grace à un réseau coordonné d'antennes. Le bâtiment de Franck Gehry, édifice aux formes curvilignes et ondulées recouvert de titane, a provoqué ce que l'on appelle désormais l' « effet Bilbao ». Au milieu d'une friche industrielle, dont on

66 Centre Pompidou-Metz, Une nuit au musée, France 5, Emission présentée par Laurence Piquet

67 Le business des musées, Sylvain Bergère, Stéphane Osmont.+ www.guggenheim-bilbao.es/

pouvait encore voir les entrepôts en ruine et les usines vétustes, dans laquelle vivaient squatters et drogués, s'est établi un symbole culturel, inauguré en 1997. Le gouvernement basque a pris à sa charge la totalité des frais de construction du bâtiment pour la somme de 150 millions d'euros. Dès l'ouverture, de nombreux autres architectes renommés ont été engagés pour aménager les espaces autour du nouveau musée. L'effort financier est de nouveau considérable : 735 millions d'euros ! Outre l'environnement du musée, elle comprend également tous les réaménagements urbains nécessaires : métro, tours de bureaux... Si le lieu a été entièrement financé par le gouvernement basque ; le musée reste géré par la Fondation Guggenheim. Pour Bilbao, le musée est venu couronner un tout. L'opération de réaménagement urbain n'a pas attendu. A Metz, si l'on note des ressemblances avec Bilbao comme la volonté affirmée d'un geste architectural, une perception négative de la ville ainsi que des problèmes de reconversion sidérurgique, on peut contester sur deux points au moins, la similitude, avec Bilbao. Au départ, les travaux de réaménagement urbanistique devaient conforter l'arrivée du Centre Pompidou-Metz. La crise économique de 2009 passant par là, de nombreux projets ont avorté, faute de moyens. La ville de Metz ne pouvait pas arrêter un chantier d'une telle ampleur, malgré des restrictions budgétaires. Aussi, le Centre Pompidou-Metz a été achevé sans aménagement périphérique. Les travaux commencent seulement, depuis l'ouverture du Centre Pompidou-Metz. Si le Centre Pompidou-Metz se devait d'être un diamant au beau milieu d'un écrin, il devient plutôt l'élément moteur qui impulse son propre aménagement périphérique. D'autre part, là où Bilbao travaille en synergie avec New York qui produit toutes les expositions avec la collection de New York ; le Centre Pompidou-Metz produit les expositions en concertation avec Paris pour le prêt des oeuvres mais reste libre dans ses choix artistiques et dans programmation.

Parenthèse à part, après le voyage à Bilbao, Jean-Marie Rausch affirmait :

« Il faut qu'on fasse un musée qui déjante aussi, c'est à dire dont la forme soit révolutionnaire. » Je suis parti d'une idée qui ne plaisait pas du tout au Centre Georges Pompidou pour leur dire68 : « L'extérieur a autant d'importance que l'intérieur. Si l'extérieur est révolutionnaire, on arrivera à attirer pas mal de gens qui viendront voir que l'extérieur mais qui rentreront

68 Interview Jean-Marie Rausch, le 16 février 2011, réalisée à Metz.

dedans après. Donc il faut absolument que ce ne soit pas un bâtiment classique. »

Un concours d'architectes a été lancé69. Anecdote parallèle ; ce fut le moment où Laurent Hénart, adjoint au Maire de Nancy, délégué à la Culture s'est inquiété pour sa ville. Par sa fonction de député, il a mené quelques interventions à l'Assemblée Nationale qui n'ont pas abouties et est même allé jusqu'au président de la République70 qui n'a pas tranché entre les deux villes concurrentes. Pour Aillagon, ministre de la Culture, il n'y avait pas trop d'autres choix, car seule Metz avait manifesté son intention de financement.

Lors du jury de sélection, en décembre 2003, Jean-Marie Rausch était toujours déterminé à avoir une architecture novatrice, prêt à abandonner si aucun projet ne s'avérait inédit. Six projets ont été retenus avant d'en sélectionner un seul. Deux restaient en lice, aussi intéressant l'un que l'autre : Maupin (32 millions d'euros) et Shigeru Ban (37 millions d'euros). Architecturalement parlant, l'idée de galerie tournée vers l'extérieur se rejoignait.71 Celui de Maupin plaisait à Rausch car il était moins cher, mais les deux projets restaient difficiles à départager. Le préfet de région a demandé au maire ce qu'il choisirait s'il n'y avait pas la question du budget et de toute évidence, c'était le projet de Ban. Il a fait le nécessaire pour trouver six millions d'euros (Communauté européenne+ Etat).

Un choc du raisonnement s'est établi entre l'équipe de préfiguration et M. Rausch : " Pour eux seules les oeuvres pouvaient faire venir les visiteurs. »72 Sur le ton de la plaisanterie, Jean-Marie Rausch73 compare le bâtiment à celui de la Tour Eiffel, " Même si on n'y monte pas, on veut quand même la voir ! », " Peu de gens sont passionnés par les musées mais beaucoup de gens sont passionnés par les monuments modernes d'architecture et des bâtiments qui sortent de l'ordinaire ».74 Jean-Jacques Aillagon conteste quant à lui « l'effet Bilbao » :

" Les élus ont en tête Bilbao, qui a explosé grâce à son musée Guggenheim.
Des effets analogues sont possibles à Metz, mais ils ne seront pas

69 Mars 2003.

70 Jacques Chirac.

71 Cf. photos en annexe 2.

72 Interview Jean-Marie Rausch, réalisée le 16 février, à Metz.

73 Ibid.

74 Centre Pompidou : le grand mécano, Jean-Pierre Fargier et Stéphane Manchematin.

automatiques, dautant que le contexte général n'est pas des plus toniques. (...)La culture est un élément d'attractivité très fort, mais l'offre universitaire et médicale, la qualité de l'environnement sont également des éléments déterminants. »75

Jean-Jacques Aillagon utilise un mot important : l'attractivité. Ce substantif peut désigner un objet d'intérêt ou de curiosité.76

Cela « semble être désormais une notion omniprésente dans les politiques urbaines actuelles. Le pouvoir d'attraction d'une ville se joue sur sa capacité à attirer l'attention, à faire rêver et, à terme, faire venir ; l'objectif est avant tout de se démarquer et de pouvoir se positionner dans un système interurbain afin d'en dégager le plus de bénéfices possibles. Mis en concurrence, les territoires doivent agir comme des aimants pour assurer leur développement, concentrer des flux globaux et correspondre aux attentes. Les politiques urbaines se dirigent donc de plus en plus vers des actions stratégiques pour positionner la ville dans un marché international et pour surligner son caractère distinctif qui peut être un facteur d'attractivité dans la dynamique concurrentielle actuelle. » 77

Le Centre Pompidou-Metz devient ainsi une architecture porte-drapeau ou un flagship.

« Initialement, le flagship était le vaisseau amiral d'une flotte, d'où les ordres étaient donnés. Désormais, cette notion est devenue un adjectif économique qui décrit le produit ou le service phare d'une compagnie dont le seul succès serait bien plus efficace que n'importe quelle campagne de promotion. Un flagship doit avoir suffisamment de visibilité pour pouvoir marquer tous les esprits. (...)Ainsi cette médiatisation de l'architecture par les médias a donné un gout grandissant pour les icônes architecturales auprès du public. Correctement fait, il peut donc y avoir un engouement populaire en retour qui érige ces édifices en icônes. Ils sont perçus comme des objets que l'on doit glorifier en

75 Nicolas Bastuck, Le Point, no. 1963Villes, Spécial Metz La Bilbao de l'Est s'expose, jeudi, 29 avril 2010, p. 163-167.

76 Définition Larousse 2001, p.97.

77 GENAILLE Nicolas, « Le concept de flaghsip, un projet d'image en direction de l'attractivité », L'attractivité des territoires : regards croisés, Actes des séminaires, février-juillet 2007 p.p. 111-115

place des édifices religieux. Leur apparition est des plus logiques, à une époque où la majeure partie de la population a perdu fois en dieu, cette croyance s'est donc déplacée ailleurs. (...) En tant qu'emblème, vitrine du renouveau du territoire, ce flagship revêt une spécificité qui est donc « plus relative à l'effet de l'édifice qu'à son objet ou sa destination » (Choay, L'allégorie du patrimoine, 1999). Utiliser une telle tactique peut se voir comme la création délibérée d'un monument, dans la mesure où ce dernier est un artefact bâti qui a la capacité de mobiliser affectivement une mémoire vivante. Désormais le monument porte aussi des valeurs esthétiques et doit susciter la provocation d'un sentiment de surprise et d'émerveillement face au tour de force architectural et au concept moderne de colossal. » 78

Elsa Vivant explique que :

« Le recours à une architecture spectaculaire, conçue par un architecte de renom, produit ainsi une nouvelle image de la ville : le bâtiment en question devient le symbole de la reconversion postindustrielle de la ville et de sa capacité à mettre en oeuvre des projets de grande envergure. »79

Nous verrons, plus tard, que c'est une véritable renaissance qui se joue à Metz, se dégageant ainsi des aspects ternes du passé sidérurgique et/ ou de ville de garnison. Cependant, Jean-Marie Rausch n'a pas souhaité un architecte révolutionnaire, mais un bâtiment révolutionnaire. Il compare80 ainsi Metz à son voisin luxembourgeois qui a décidé en 1999 d'édifier un bâtiment pour une collection, celle du MUDAM81. La construction du musée par l'architecte Pei a coüté cinq fois plus cher que le Centre Pompidou-Metz. Et la collection est beaucoup plus modeste82, sans cependant être inintéressante, que celle du Centre Georges Pompidou ! Jean-Marie Rausch estime avoir fait un choix plus avantageux, avec une collection des plus importantes en Europe, qui permet une certaine rotation des oeuvres. Chose que le MUDAM peut, selon lui83, moins se permettre. Cependant, si

78 Ibid., p.112

79 Elsa Vivant, La ville créative, p.67

80 Interview Jean-Marie Rausch, réalisée le 16 février, à Metz.

81 http://www.mudam.lu/fr/le-musee/

82 Elle compte en janvier 2010, plus de 400 oeuvres ( http://www.mudam.lu/fr/le-musee/la-collection/)

83 Interview Jean-Marie Rausch, réalisée le 16 février, à Metz.

Shigeru Ban84 et Jean De Gastines, associés depuis 1999 étaient peu connus du grand public, l'architecte japonais tout au moins, s'est fait un nom en France. Il dirige actuellement le réaménagement du centre d'art contemporain du Consortium85 à Dijon. Jean De Gastines a pu réaliser les « cottages » de Center Parcs-Bois des Archolins86. Ensemble, ils ont également construit l'agence temporaire du projet du Centre Pompidou-Metz en 200487 au Centre Georges Pompidou, la maison du projet du Centre Pompidou-Metz en 200688 ainsi que l'agencement de la boutique du musée du Luxembourg à Paris en 2011.89

En tous les cas, comme le pense Jean-François Lanier90, cette architecture :

« constituera, [on l'espère] en tout cas, un contraste intéressant avec l'architecture classique française et les constructions régionalistes allemandes, et aidera peut être Metz à se défaire de son image de ville de garnison. »

Ce qui est sür, c'est que le musée répond déjà à la demande de Frédéric Mitterrand de « briser le plafond de cristal de l'intimidation sociale. »91 Laurent Le Bon92, pour qui l'architecture spectaculaire n'était pas forcément voulue, a souhaité, avec son équipe de préfiguration, que l'architecture ne soit pas contre les oeuvres d'art. Pour lui, la toiture et l'illumination nocturne prouvent que c'est un établissement qui vit la nuit, comme son grand frère parisien qui avait le premier, fait des ouvertures tardives.93 Il concédait que sans faire de travail, l'architecture est très ouverte pour un musée. Il n'y a pas d'escalier ou de mur de béton qui bloquerait l'accès des visiteurs. Le lieu s'est voulu ouvert.

84 Shigeru Ban est surtout connu pour ses travaux, réalisés au Japon, suite à des catastrophes naturelles, pour construire des logements d'urgence, grace à des tubes (paper tube structure), notamment lors du tremblement de terre de Kobé en 1995.

85 http://leconsortium.fr/ + cf. http://www.shigerubanarchitects.com/SBA_WORKS/SBA_PROJECTS/SBA_PROJECTS_17/SBA_Proje cts_17.html

86 http://www.jdg-architectes.com/batiment-tourisme-moselle-architectes.html

87 http://www.jdg-architectes.com/sba-pts.html

88 http://www.jdg-architectes.com/sba-la-maison-du-projet.html 89 http://www.shigerubanarchitects.com/SBA_WORKS/SBA_OTHERS/SBA_OTHERS_31/SBA_others_31. html

90 Lasnier, Jean- François. « Centre Pompidou-Metz: le Cadeau d'un Ministre Candidat? », Beaux Arts Magazine no. 239 (Avril 2004) p. 16-17.

91 Centre Pompidou-Metz, Une nuit au musée, France 5, Emission présentée par Laurence Piquet.

92 Interview Laurent Le Bon, réalisée le 16 février, à Metz.

93 Nous vous invitons également à regarder en annexe 1 les photos de nuit, afin d'observer le contraste.

Shigeru Ban reconnaît avoir créé des

« portes vitrées coulissantes pour qu'espaces intérieurs et extérieurs soient connectés. Les musées, et en général les bâtiments sont des boîtes fermées. Il faut avoir une raison bien précise pour y entrer mais si le bâtiment est conçu comme un espace ouvert vers l'extérieur, il incite le public à y entrer et pas seulement ceux qui s'intéressent aux oeuvres d'art. » 94

De fait, le pari d'attirer par l'architecture, qui se présente comme un porte-drapeau est plutôt réussi. N'en déplaise à certains :

« Les musées ne ressemblent plus à rien. La silhouette du nouveau musée d'art contemporain de Metz rappelle à la fois les Buffalo Grill qu'on voit le long des autoroutes, un chapeau chinois et la maison des Schtroumpfs ». 95

Le lieu est ouvert, avec le café et le restaurant, certaines personnes se rendent uniquement au Centre Pompidou-Metz pour aller boire un café ou déjeuner. Certes le parvis, n'est pas aussi «dynamique » qu'à Paris, où l'on voit s'improviser des petits concerts, des pièces de théâtre, des tours de magie, des cracheurs de feu... Celui-ci reste investi par le Centre Pompidou-Metz qui fait lui-même ses propositions. Ce fut le cas, lors de l'ouverture avec la Nuit des Musées avec la performance participative Eclats96 de Maider Lopez ou cet été avec Extra large ! le 23 juillet. Comme à Paris, le Centre Pompidou-Metz est un lieu vivant, ouvert à tous. Cependant, il faut veiller à ne pas se reposer sur ses acquis en pensant que le lieu se suffit à lui-même. Comme le pense André Gob :

« Une architecture d'exception peut aider, mais si on veut que le succès dure et que les visiteurs reviennent ; il faut que le musée lui-même génère de la connaissance. Collection et expositions constituent la matière même du musée. »97

Nous allons y revenir. On a vu que différents rôles étaient attendu grâce au geste
architectural. Celui-ci se devait d'être un écrin. Cependant, on a vu que le fond et la forme
ne devaient pas se distinguer. Le « contenant » joue un rôle presque naturel de

94 Centre Pompidou : le grand mécano, Jean-Pierre Fargier et Stéphane Manchematin.

95 Jean Clair, L'hiver de la culture, p.18.

96 Cf. annexe 1.

97 GOB André, Le musée, une institution dépassée ? , Eléments de réponse, Armand Colin, 2010, p.94

démocratisation de l'accès à la culture, avec une forme volontairement ouverte sur l'extérieur pour inciter à entrer. Mais le musée se doit de générer de la connaissance et ne doit pas simplement se contenter de sa force d'attraction. Nous souhaitons avant cela, reprendre la décision politique d'implanter le Centre Pompidou à Metz. Quelles sont les arrière-pensées politiques ? Il nous semble que trop souvent des élus restent des décideurs, sans nécessairement prendre en compte les attentes des professionnels. On verra de quoi il en retourne pour Metz. On cherchera à savoir comment on est parvenu à un arrangement qui dépasse les partis. Nous nous intéresserons ensuite au travail des professionnels vis-à-vis du politique, et d'une façon plus générale, aux questionnements qui affèrent au musée. On analysera le prolongement et la régénération de l'idée trentenaire du Centre Georges Pompidou, pour s'intéresser ensuite à l'exposition inaugurale, avant que de reprendre la question du public.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.