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Les représentations sociales et pratiques liées à  l'utilisation des produits phytosanitaires en RCA: cas des cotonculteurs de Bossangoa.

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par Arsène Ferrera BINGUIMALET
Université de Bangui - Maà®trise 2010
  

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1.2. Clarification des concepts clés du sujet.

Pour une bonne visibilité de notre objet d'étude, deux concepts clés contenus dans notre sujet d'étude et de recherche méritent d'être clarifiés. Il s'agit des concepts de :

ü Représentations sociales ;

ü Phytosanitaires.

1.2.1. Le concept de représentations sociales.

Selon le Dictionnaire français, les représentations sociales désignent « l'action de représenter, l'idée que l'on se fait du monde ou d'un objet donné. C'est l'image graphique, picturale d'un phénomène, d'une idée4 A travers cette définition, il apparaît que les représentations sociales sont l'ensemble des images fournies à la conscience par le sens ou la mémoire. Ces images peuvent être matérielles ou idéelles.

Pour le lexique de sociologie, « les représentations sociales sont constituées d'idées, de croyances, de jugements, de visions du monde, d'opinions ou encore d'attitudes. »5 A partir de cette définition, nous comprenons que les représentations sociales ne se limitent pas au simple fait de représenter un objet ou de percevoir mais, surtout, c'est un outil de différenciation voire de démarcation d'un groupe social, d'un autre.

Pour le Dictionnaire de sociologie en effet, les représentations sociales se présentent « d'abord sous une grande diversité phénoménale : image du réel, croyances, valeurs, système de différence et de théorie du social le plus souvent. »6 En d'autres termes, les représentations sociales sont des modalités de perception et de pensées pratiques orientées vers la communication, la compréhension et la maîtrise de l'environnement social, matériel et réel.

En outre, il faut retenir que quelques soient les formes qu'elles peuvent prendre, les représentations sociales ont en commun d'être une manière de percevoir et d'interpréter la réalité quotidienne. Elles sont une production mentale, sociale, distincte par le mode d'élaboration et de fonctionnement de ces autres formes d'idéation collective que sont la science, les mythes, la religion, l'idéologie, etc.

De façon précise, on désignera par représentations sociales le savoir de sens commun, socialement élaboré et partagé, construit pour et par la pratique et qui concourt à la structuration de notre réalité. Les réalités sociales sont donc des produits et processus d'une élaboration tant psychologique que sociale. Ces représentations

4 Larousse, le Dictionnaire de français, paris 2006.

5 (Y) ALPES et all: ~~Lexique de sociologie'', 2ème édition, Dalloz, Paris, 2007

6 (G) FERREOLE: ~~Dictionnaire de sociologie'~, 3ème édition, Armand Colin, Paris, 2004.

sociales sont définies par leur contenu notamment les informations, les images, les normes, les modèles, les opinions, les croyances, les attitudes et les valeurs. Ces contenus peuvent être spécifiques à l'individu, à un groupe d'individus tout comme ils peuvent l'être aussi pour une communauté ou un groupe social.

Dans le cadre de notre sujet d'étude et de recherche, les représentations sociales des cotonculteurs par rapport aux produits phytosanitaires ne sont rien d'autre que, l'idée, la pensée et la perception ou le sens ou encore la connaissance qu'ils ont par rapport à ces produits. En d'autres termes, leurs opinions et leurs croyances vis-à-vis de ces produits chimiques. En effet, ces représentations sociales sont intimement liées à l'habitus.

Ainsi, la notion d'habitus qui a été popularisée en France par le sociologue Pierre Bourdieu, met en évidence les mécanismes d'inégalité sociale. L'habitus est pour lui le fait de se socialiser dans un peuple traditionnel, définition qu'il résume comme un "système de dispositions réglées". Il permet à un individu de se mouvoir dans le monde social et de l'interpréter d'une manière qui d'une part lui est propre, qui d'autre part est commune aux membres des catégories sociales auxquelles il appartient. Le rôle des socialisations primaire (enfance, adolescence) et secondaire (âge adulte) est très important dans la structuration de l'habitus.

Par le biais de cette acquisition commune de capital social, les individus de mêmes classes peuvent ainsi voir leurs comportements, leurs goûts et leurs "styles de vie" se rapprocher jusqu'à créer un habitus de classe. Chacune des socialisations vécues va être incorporée (les expériences étant elles-mêmes différentes selon la classe d'origine) ce qui donnera les grilles d'interprétation pour se conduire dans le monde. L'habitus est alors la matrice des comportements individuels, et permet de rompre entre un déterminisme supra-individuel en montrant que le déterminisme prend appui sur les individus. Cet habitus influence tous les domaines de la vie (loisirs, alimentation, culture, travail, éducation, consommation...)7.

Pour Bourdieu en effet, l'habitus désigne l'ensemble des goûts et des aptitudes acquis par l'individu au cours du processus de socialisation. L'habitus est non seulement un système de préférence mais également un système générateur de pratiques. Conforment à ses goûts, chaque individu a un comportement cohérent qui lui semble naturel, mais qui est pourtant le produit de ses expériences sociales. Ces expériences sont liées à l'appartenance à une classe sociale donnée.

Placés dans des conditions comparables de socialisation, deux individus auront des habitus proches, une vision commune du monde et un style de vie homogène. De ce fait, une classe sociale réunit l'ensemble de personnes dotées d'un même habitus. Le second concept ainsi clarifié, nous passons au dernier concept.

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