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Les représentations sociales et pratiques liées à  l'utilisation des produits phytosanitaires en RCA: cas des cotonculteurs de Bossangoa.

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par Arsène Ferrera BINGUIMALET
Université de Bangui - Maà®trise 2010
  

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1.3. La revue de la littérature.

Tout travail de recherche s'appui généralement sur des ressources documentaires. A cet effet, nous avons recensé un certain nombre d'ouvrages susceptibles de fournir des informations en rapport avec l'étude que nous avons entreprise. Pour une exigence de rédaction, nous avons organisé cette revue de littérature autour de quatre (4) thématiques.

1.3.1. Thématique relative à l'origine et au développement de la culture du coton.

Dans cette rubrique, nous avons retenus les ouvrages suivants :

ü Le coton et l'industrie cotonnière,

ü Mémoire d'agronomie,

ü Maladies et ravageurs du cotonnier.

Le premier ouvrage s'intitule : Le coton et l'industrie cotonnière~~ écrit par Daniel CHAIGNE. Dans cet ouvrage, l'auteur aborde le coton comme culture de rente, matière première beaucoup sollicitée dans l'industrie textile.

En parlant des origines de la culture du coton, l'auteur affirme que : « la culture du coton et son usage pour des tissus d'habillement remonte à des millénaires. Des découvertes ont permis de constater cet usage au Mexique en 5800 avant JC, au Pakistan et en Chine vers l'an 3000 avant JC. Son apparition en Europe remonte, après l'an 1000 aux invasions. Mais son rôle ne devient important qu'à partir du XVIIIème siècle et notamment en raison de son développement en Amérique et de son industrialisation13

Le cotonnier de son nom botanique « gossypium », a deux variétés courantes : le gossypium hirsutum et le gossypium barbadense. Quant à la résistance de cette plante, l'auteur admet que le cotonnier est une plante fragile qui a beaucoup d'ennemies nuisibles. D'après lui en effet, « on énumère plus de 1326 espèces vivants aux dépens du cotonnier14

13 (D) CHAIGNE: Le coton et l'industrie cotonnière~~, QSJ, PUF, Paris, 1996, P.3

14 (C) CHASSARD-BOUCHAUD, Op cit, p.15

Ainsi, les principaux ravageurs de cette plante sont généralement classés en trois catégories:

v' Les acariens (classe des arachnides) qui attaquent les feuilles et perturbent les fonctions chlorophylliennes de la plante ;

v' Les Diplopodes (« mille-pattes ») qui détruisent les semences en terre ;

v' La classe des insectes ou ravageurs appartenant à plusieurs ordre tels que les Thysanoptères, les Homoptères, les Hémiptères, les coléoptères.

Pour la protection de cette plante fragile, l'auteur propose des séries de procédés de luttes à savoir :

v' Les moyens agronomiques tels que la rotation des sols et la destruction des plantes ;

v' Les moyens génétiques qui permettent d'obtenir des variétés des plantes plus résistantes à l'agression définie ;

v' Les moyens biologiques dont le but est de créer des parasites vivant aux dépens des ravageurs ;

v' Les moyens chimiques notamment l'utilisation des pesticides, des insecticides et des fongicides.

Si cet ouvrage nous a permis d'apprendre un peu plus sur l'origine du cotonnier, de sa culture et de ses principaux ravageurs, cependant, l'auteur reste silencieux sur les effets nocifs des produits phytosanitaires l'une des options de protection de ces plantes dont ce dernier envisage beaucoup. L'ouvrage-ci nous a retracé l'historique de la culture du cotonnier dans le monde mais pas celle de notre pays. C'est justement l'objet du prochain ouvrage.

Le second document est un Mémoire d'agronomie écrit par le jeune chercheur français Erich CIBIEN qui s'intitule : « étude agro-économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, Préfecture de L'Ouham, RCA. » Ce mémoire qui aborde à la fois les aspects traditionnels, culturels et pratiques culturales de la région de l'Ouham, et notamment celle de Bossangoa, retrace de même, l'historique de la culture du coton dans le pays. Selon ce jeune chercheur français, l'histoire ou l'origine de la culture du coton en RCA est étroitement liée à la colonisation. Pour une

bonne compréhension, nous avons choisi respecter la démarche de notre prédécesseur qui a subdivisé l'historique de cette culture en de différentes périodes.

a) La période du « cotonnialisme » :1925/1926 - 1945/1946

La culture du coton industrielle fut introduite en 1925 dans la région de Bangassou, à l'initiative de Félix EBOUE, alors chef de circonscription de M'BOMOU. Ainsi, quatre sociétés étrangères, principalement Belges et Hollandaises se constituèrent de repartir le territoire. COTONFRAN, COTOUBANGUI, COMOUNA et notamment COTONAF qui occupaient la plus grande portion du pays, la région de Bossangoa y compris.15

En contre partie de l'exclusivité d'achat du coton dans leur zone, ces sociétés acceptaient de fixer un prix planché aux planteurs, d'acheter des cotons produits et de construire un certains nombres d'usines d'égrainage. Pour soutenir la production du coton, les gardes de l'administration coloniale chargés de surveiller les cultures collectives, recourraient à la méthode de chicotte et aux regroupements des planteurs le long des pistes. Cette pratique couplée au portage qui s'est généralisé au début des années 1930 a été des causes de nombreuses protestations noires, de soulèvement des populations autochtones.

C'est ainsi que de 1928 à 1931, éclata la guerre de « KONGO-WARA » (guerre des manches des houes), dirigée par le grand chef Gbaya KARINOU, dans tout l'ouest du pays. Face à cet échec, les cultures collectives laissent progressivement la place aux cultures individuelles, introduites en 1931/1932 et généralisée en 1936/1937. Chaque paysan doit cultiver une parcelle de taille standard (la corde de 30 mètre à l'origine) et la culture doit se faire en «bloc» c'est-à-dire des parcelles contigües (20 à 30 parcelles), pour en faciliter la surveillance par les gardes, remplacés à partir de 1938 par les «BOYS COTON ». Alors qu'en est-il de l'époque suivante ?

15 (E) Cibien : Etude agro-économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, Préfecture de l'Ouham, République Centrafricaine, Mémoire d'Agronomie, Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Montpellier, 1994-1995, P.15

b) La période de l'après-guerre à l'indépendance.

Bien que la loi Houphouët-Boigny d'avril 1946 abolisse les travaux forcés dans les nouveaux territoires d'Outre-mer, la culture du coton conservera encore son caractère plus ou moins obligatoire. Cette culture est jugée trop faiblement rémunératrice par comparaison au travail fourni et l'on ne fait du coton que pour s'acquitter de l'impôt. Pourtant c'est au cours de cette période qu'apparaît le souci de moderniser cette culture. En effet, l'I.R.C.T. s'installe en Oubangui-Chari avec création des stations de recherche de Soungbé (1946) et à Bambari (1947).

Enfin, à partir de 1953/54, on essaie de diffuser des thèmes nouveaux (protection phytosanitaire, fumure minérale, culture attelée). Par ailleurs, l'encadrement technique demeurait largement autoritaire puisque les « boys coton » au rôle surtout répressif et de formation technique limitée, se contentant du piquetage des plantations et de la propagande en répétant les mots d'ordre « la bouche du commandant» ceci lors des semis et des sarclages. Ces techniques continueront à servir jusqu'en 1959. Qu'en est-il de la période de l'indépendance?

c) De l'indépendance à la fin de l'U.C.C.A. (1981-1982).

L'Union Cotonnière Centrafricaine est créée en 1964 avec la participation majoritaire du secteur public (Etat) et minoritaire des sociétés privées (COTONAF, COTOUBANGUI, COTOUNA). Cette époque a été marquée par la suppression de l'impôt pour les femmes (1961). Avec la possibilité d'une culture individuelle, les paysans préféraient faire des parcelles dispersées pour ainsi, éviter tout contrôle des «boys cotons ».

Pour redynamiser le secteur cotonnier après la période de crise de 1950 (découverte de fibres synthétiques qui a fait chuter le prix du coton), un Bureau pour le développement de la production agricole (BDPA) a été mise en place. Cette structure avait pour mission:

ü L'encadrement rapproché des paysans ;

ü L'introduction de la culture attelée ;

ü La constitution de GIR pour assurer la commercialisation des produits vivriers.

Pour réguler et soutenir le prix du coton, ainsi que pour financer des programmes d'intensification, une caisse de stabilisation a été créée. Intervenant dans le cadre des O.R.D. (Offices Régionaux de Développement), le Bureau de développement de la Production Agricole dans l'Ouham et la C.F.D.T.dans l'Ouham-Péndé et la Kémo, ont permis de réels progrès en matière d'intensification.

Hélas! En 1970, le Président Jean-Bedel BOKASSA a décidé une « reforme agraire » qui n'en est pas une, puisque dans les faits, il s'agissait, outre de prier tous les coopérants de quitter le pays du jour au lendemain, de regrouper les villages en de plus grands agglomérations et d'assurer un encadrement militaire des producteurs. Les structures d'intervention sont dissoutes et la production tout comme les rendements diminuent. Avec la nationalisation de l'U.C.C.A., la commercialisation du coton et l'approvisionnement en intrant sont désorganisés.

d) De la SOCADA à la SOCOCA : 1981/1982 à 1991/1992.

La société centrafricaine de développement agricole, SOCADA, est une société d'économie mixte (75% du capital détenu par l'Etat et 25% par le CFDT). En plus des activités purement commerciales et industrielles de l'ancienne UCCA, la SOCADA se voit confié un rôle de développement agricole dans la zone d'intervention.

Cette nouvelle société qui a redonné confiance aux planteurs a stimulé ceux-ci à augmenter leur production du coton en 1985/86 et 1990/91 ont fait accuser d'énormes déficits financiers (5milliards F CFA en 1986 et 2,5 milliards en 1987) à ladite société qui due s'éclater sous la pression de la Banque Mondiale.

En effet, dans un programme d'ajustement structurel, la Banque Mondiale et l'Etat centrafricain ont procédé au démantèlement de la SOCADA en trois entités :

ü Une entité strictement industrielle et commerciale la SOCOCA ;

ü Une agence chargée du développement rural, l'ACDA ;

ü Un institut centrafricain de recherche agronomique, ICRA.

En conclusion, disons que le coton en Centrafrique possède une longue et lourde histoire. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'ont écrit les auteurs d'un Rapport sur cette culture en RCA en ces termes : « rarement, l'histoire d'un pays s'est autant identifié avec l'histoire d'une culture que la République centrafricaine ne l'a fait avec le coton sur une période de près de soixante années. »16

Le troisième document est celui de Jean CAUQUIL. Il s'intitule : «Maladies et ravageurs du cotonnier en Afrique au sud du Sahara »17. Ce document admet que le cotonnier est une plante fragile qui a beaucoup d'ennemies nuisibles. Parmi ces ennemies énumérées, ceux-ci sont classés en trois catégories dont les insectes, les myriapodes et les arachnides. D'après le document-ci, chaque catégorie d'ennemie du cotonnier a une action spécifique lors du processus de développement de la plante.

Ainsi, pendant que les semences sont mises en terre, les myriapodes s'attaquent à cette partie de la plantule. Ces ravageurs détruisent les semences avant la levée de la graine au niveau du hile. Ces liaisons peuvent donner lieu au développement de microorganismes et entrainer la mort de la plante.

ü Lors de la phase végétative, les ravageurs suivants entrent en cène : les piqueurs-suceurs, les phallophages, les Acariens, les maladies foliaires, les maladies vasculaires et les pourritures du collet.

ü Pendant la phase reproductrice, les ravageurs suivants s'attaquent à la plante : les chenilles des boutons floraux, les hémiptères et les pourritures des capsules comme les punaises et autres insectes.

De même qu'il y a une multitude d'ennemies du cotonnier, de même il existe différentes méthodes de lutte pour une meilleure protection de ladite plante afin d'en augmenter le rendement à l'hectare. Parmi ces moyens de lutte, l'auteur préconise la lutte chimique qui, selon lui demeure le plus efficace. De ce fait, quelle est la perception de la lutte phytosanitaire des manipulateurs de ces produits chimiques ? C'est de la prochaine thématique.

16 (J-L) BOUTILLER et all : Evaluation de la recherche sur le coton en RCA, 1984, P. 15

17 (J) CAUQUIL : Maladies et ravageurs du cotonnier en Afrique au Sud du Sahara, CIRAD, Montpellier, 1993, P.5

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