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Les représentations sociales et pratiques liées à  l'utilisation des produits phytosanitaires en RCA: cas des cotonculteurs de Bossangoa.

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par Arsène Ferrera BINGUIMALET
Université de Bangui - Maà®trise 2010
  

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1.3.3. Thématique relative aux pesticides et leurs effets nocifs.

Pour les pesticides et leurs effets, il existe une littérature très dense à ce sujet. Mais pour cette étude, nous avons retenu les ouvrages ci-dessous :

ü L'écotoxicologie ;

ü La pollution des eaux ;

ü Index phytosanitaire Acta 2004 ;

ü Utilisation efficace et sans risque des produits phytosanitaires en République Centrafricaine.

Le premier ouvrage de cette rubrique est écrit par Colette CHASSARDBOUCHAUD. Il est intitulé : ~~L'écotoxicologie~~22. Ce document aborde les grandes thématiques de l'environnement, de l'écosystème, de la préservation de la couche d'ozone et du développement durable.

En faisant l'état des lieux de la planète qui nous abrite, l'auteur fait remarquer que les Hommes, pour leurs industries, leur développement, leur agriculture et leur bienêtre, libèrent de quantités de polluants divers dans l'atmosphère. Ces polluants divers

21 (E) CIBIEN : Etude agro-économique des comportements des producteurs de la région de Bossangoa, Préfecture de l'Ouham, République Centrafricaine~~, Mémoire de Licence, Ecole Nationale Supérieure d'Agronomique de Montpellier, Octobre, 1995, P.26

22 (C) CHASSARD-BOUCHAUD : L'écotoxicologie, Collection « Que sais-je », PUF, Paris, 1995

provenant souvent des activités de production d'énergie (charbon, pétrole, gaz naturel), des industries chimiques et des activités agricoles (engrais, pesticides), une fois libérés dans l'environnement sont soumis à des transformations dues aux facteurs physiques, chimiques et biologiques, au cours desquels ils peuvent soit être neutralisés soit au contraire dispersés, avec pour conséquence une augmentation de la toxicité.

Chaque année, des quantités ou des tonnes des polluants sont déversées dans l'atmosphère. Ces polluants impactent directement sur la qualité de l'air, de l'eau, des végétaux et des animaux. Car, certains de ces polluants tels que les pesticides ne sont pas biodégradables et par conséquent, se retrouvent dans certains aliments sous formes de molécules ou de résidus chimiques.

Ce document nous a permis de comprendre que les polluants ou les pesticides déversés dans la nature pour la protection des végétaux, certains de ces produits ne sont éliminés définitivement. Les pesticides qui ne sont biodégradables créé une chaine de contamination. En effet, ces polluants persistants, représentent un danger permanent pour la nature, la faune et l'humanité.

Car ces polluants une fois libérés dans l'air, contaminent les plantes, les fruits, les poissons dans les cours d'eau. Ces produits contenant les molécules de ces polluants finissent par contaminer les hommes qui en consomment. C'est pourquoi on parle de la toxico-vigilance pour les limites maximales de Résidus pour lutter contre la contamination alimentaire.

Si cet ouvrage nous a aidé à comprendre l'écotoxicologie, celui-ci s'apparente plus à un manuel des ONG pour la défense de l'environnement. Ainsi, qu'en est-il donc de la pollution des eaux ? C'est d'ailleurs l'objet du second ouvrage de cette troisième rubrique.

« La pollution des eaux », c'est ainsi qu'est intitulé le second document de cette troisième thématique. Il a été écrit par Jean-Bernard LEROY. L'ouvrage-ci s'intéresse à la question de la pollution des eaux dans ses différentes formes tout en touchant également l'aspect de réglementation ou législation relative à cette denrée précieuse.

A la question de savoir qu'est-ce- que la pollution des eaux, l'auteur répond en ces termes : « l'on entend par pollution d'une eau, l'ensemble des éléments qui la

rendent impropre à un usage déterminé. »23 Autant qu'il y a d'usages de l'eau, autant il existe une variété de pollution. C'est ainsi, que l'auteur fait la distinction suivante : les pollutions domestiques, industrielles, accidentelles, radioactives et les pollutions agricoles, etc.

En parlant de la pollution agricole laquelle fait l'objet de notre préoccupation dans ce travail, l'auteur explique ce qui suit. L'usage des engrais chimiques en lieu et place des engrais naturels dont le recyclage est assuré par la nature. Ces engrais sont très solubles car les plantes se nourrissent essentiellement des matières dissoutes. Le drame est qu'une forte pluie survenant trop tôt après la fumure entraînera une quantité notable d'azote et de phosphore qui, petit à petit s'entassera au fond des rivières qui reçoivent les eaux venant de ces champs.

L'usage des pesticides (insecticides, fongicides, etc.) et d'autres produits phytosanitaires arrivent ainsi de la même manière à se retrouver dans le lit des cours d'eaux qu'ils polluent les eaux. L'auteur explique aussi que les molécules dont ces pesticides sont formés, en général des organochlorés, ne sont peu biodégradables. Une fois que ces molécules sont emprisonnées dans la nappe souterraine, elles y restent, et ce qui est plus grave, leur nombre augmente d'année en année puisque les apports se poursuivent.

Pour ce qui est des conséquences de cette pollution, elles sont nombreuses et variées. D'après l'auteur de cet ouvrage, « Tous les ans, soixante (60) millions de tonnes de produits chimiques sont commercialisés dans le monde, et cette quantité est en augmentation. »24 Parmi les effets de ces différentes pollutions, il y a : la mort des poissons, l'aspect des mers et des rivières après les diverses marées noires, les effets sur l'Homme (intoxication, diarrhée, vomissement, rhume ou sinusite).

L'intérêt de cet ouvrage est qu'il nous a permis de comprendre le danger que les produits chimiques représentent pour l'Homme et l'intérêt qu'il y a à protéger l'eau dont la survie de l'humanité entière en dépend. Cependant, en parcourant ce livre, nous avons remarqué que certains points importants n'ont pas été abordés notamment

23 (J-B) LEROY : La pollution des eaux~~, Collection ~~Que Sais-Je~~, PUF, Paris, 1994, P.22

24 Ibid., P.30

l'aspect réglementation relative à l'eau. L'auteur s'est beaucoup focalisé sur le cas occidental notamment la législation française en matière des normes et des résidus des produits chimiques dans l'eau. Que nous dit donc le prochain document?

Le volumineux document (884 pages) écrit par Alice Couteux et Vilaine LEJEUNE, aborde les pesticides sous toutes leurs variétés en commençant par leur définition, leur mécanisme de production et leur aspect sécuritaire. En parcourant ce document, cela nous a permis de comprendre comment lire une étiquette sur l'emballage de produits phytosanitaires et comment ces produits sont classifiés.

D'après les auteurs de cet ouvrage, « la classification vise à identifier toutes les propriétés physico-chimiques, toxicologiques et des préparations ou leur utilisation normale.»25 D'après eux toujours, différents critères de classification et d'étiquetage de ces substances existent.

ü D'abord la classification sur la base des propriétés physico-chimiques. Il s'agit des substances et préparations: Explosives (E), Comburant (C), Inflammable (I) et extrêmement-Inflammable (F+) ;

ü Ensuite, la classification suivant les propriétés toxicologiques. Cette classification concerne à la fois les effets aigües (à court terme) et à long terme des substances et préparations. Ces effets découlent d'une seule exposition ou d'expositions répétées ou prolongées. Ces produits sont classés: Très Toxique (T+), Toxique (T), Nocif (Xn), Irritant (Xi), Corrosif (C), Sensibilisant ;

ü Enfin, la classification sur la base des effets spécifiques sur la santé (Substances

CMR). On distingue : Cancérogène (C), Mutagène (M) et Reprotoxique (R) ;

ü En outre, il y a la classification sur la base des effets sur l'environnement. Les substances et préparations dangereuses pour l'environnement souvent symbolisées par N sont des substances chimiques à la fois dangereuses pour l'environnement aquatique et non aquatique.

La contribution de ce document à notre objet d'étude est qu'il nous a permis de comprendre comment les produits phytosanitaires sont-ils classés et quels dangers ces substances chimiques représentent pour leurs manipulateurs (agriculteurs,

25 (A) COUTEUX et all : Index phytosanitaire Acta 2004, 40ème Edition, Paris, 2004.

consommateurs des fruits et légumes) et pour la nature. Toutefois, il y a lieu de remarquer que ce document ne nous a pas proposé une législation en la matière. Les quelques textes officiels évoqués à cet effet, relèvent du droit français.

De plus, notons que les auteurs du document-ci militent en faveur d'une utilisation accrue de ces produits phytopharmaceutiques dont la toxicité de quelques uns n'est point à occulté. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'ils ont affirmé qu' : « avec des produits de plus en plus performants, toujours plus spécifiques [&], la lutte chimique reste un outil essentiel et en tout cas le plus performant de la protection des plantes. »26 Si le document a permis à identifier la nature des produits phytosanitaires et leur toxicité, le prochain ouvrage nous conduira à savoir bien utiliser ces produits afin de ne pas s'intoxiquer.

Le dernier document de cette troisième thématique a été rédigé à la fois par Gaëlle STIMAMIGLIO et Gérard GENDRON. Il a pour titre: « Utilisation efficace et sans risque des produits phytosanitaires en République Centrafricaine »27. En parlant du cotonnier, les auteurs de ce document admettent que c'est une plante fragile qui a plusieurs ravageurs (les chenilles Endocarpiques, exocarpiques, les phallophages, les piqueurs-succeurs, les acariens, etc.) contre lesquels il faut la protéger.

Ainsi, pour protéger le cotonnier contre ses ennemies, le document propose deux types de luttes : chimique et agricole. La première méthode consiste en l'usage des pesticides agricoles pour éliminer les ravageurs. La seconde voudrait qu'on détruise tous les résidus de l'ancienne culture pour ainsi nettoyer les sites larvaires des anciennes parasites en la préservation de nouvelles parcelles.

L'autre aspect important abordé dans ce document, c'est le phénomène de résistance des ravageurs du cotonnier aux produits phytosanitaires. Notons que la résistance (qui diminue l'efficacité du produit) et la toxicité sur l'Homme, les animaux, la flore et la faune aquatique sont les principales causes pour lesquelles certains produits phytopharmaceutiques peuvent être retirés du circuit commercial. C'est d'ailleurs dans ce contexte qu'on parle des polluants organiques persistants (POPs).

26 Ibid., P.32

27 (G) STIMAMIGLIO et (G) GENDRON : Utilisation efficace et sans risque des produits phytosanitaires en République Centrafricaine, Arysta Life science, Paris, 2007

Les pops sont des matières ou des substances actives qui sont solubles dans l'eau et non biodégradables. Ces produits, s'ils sont lâchés dans la nature ou l'environnement, ils ne disparaissent pas pour autant. Ils se retrouvent dans le lit des cours d'eau par le ruissellement des eaux de pluie qui entraine leurs molécules. Ces molécules se retrouvent également chez les poissons qui en ingurgitent, les plantes aussi en conservent. L'Homme en consommant ces poissons contaminés ou les fruits traités par ces produits chimiques, s'intoxiquent. La compilation de ces molécules à long terme finira par avoir des effets nocifs sur celui-ci.

Par rapport à ces dangers auxquels tout le monde est exposé en permanence (agriculteurs, manipulateurs, consommateurs des fruits et légumes) que certains produits ont été retirés de la circulation et interdits d'usage selon les normes phytosanitaires de l'OMS et de la FAO. Parmi les POPS utilisés en RCA et qui sont maintenant interdits d'usage, nous avons : ALDRINE, CHLORDANE, DDT, DIELDRINE, ENDRINE, HEXACHLOROBENZENE, HEPTACHLORE, TOXAPHENE.

Notons que depuis l'année 2005 jusqu'aujourd'hui, seuls les produits binaires suivants sont autorisés et continuent d'être utilisés dans la zone cotonnière de la République Centrafricaine. Il s'agit de :

ü Cypercal P672 EC (cyperméthrine 72g/l + Profénophos 600g/l) ;

ü Cypercal P654 EC (cypermethrine 54g/l + Profénophos 600g/l).

Le premier produit est destiné à tuer les acariens (Acaricides) tandis que le second est destiné à lutter contre les pucerons (Aphicides).

En abordant l'aspect sécuritaire, le document reconnaît la toxicité de ces produits phytosanitaires sur la santé de l'Homme, le principal manipulateur, mais aussi sur les mammifères, les insectes (pollinisateurs et auxiliaires) et les poissons. Les voies d'absorption de ces produits dans l'organisme humain sont nombreuses : ingestion, contact avec la peau, inhalation. Quant aux risques, ils sont repartis à chaque étape : pendant le transport, le stockage, la préparation de la bouillie, lors de l'application du produit, après le traitement.

Pour finir, disons que ce document est plein d'intérêt pour notre sujet d'étude. Il nous a permis d'apprendre d'avantage sur les pesticides, les dangers ou risques qu'ils représentent pour leurs principaux manipulateurs (paysans) et les précautions à prendre pour éviter de s'intoxiquer. Si le document-ci a contribué à étayer notre objet d'étude et montrer l'avantage qu'il y a à protéger le cotonnier en vue d'augmenter le rendement à l'hectare, cependant, il ne nous apprend pas la manière à laquelle l'encadrement technique des paysans doit se faire sur le terrain. L'autre limite de ce document vient du fait qu'aucun aspect réglementaire n'a pu être évoqué.

C'est d'ailleurs dans ce contexte de protection des populations contre les risques et les dangers que représentent ces produits phytosanitaires que les pays de la CEMAC ont mise en place une institution inter-état en vue de réglementer le secteur des pesticides. L'aspect réglementation et homologation fera l'objet de notre prochaine thématique.

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