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Impact de la composition du conseil d'administration sur le risque de crédit bancaire: cas des banques togolaises

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par Constant Patrice A. KODJA ADJOVI
ESG Paris en partenariat avec ESGIS Togo - MBA gestion des entreprises option management financier 2010
  

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§ La gestion curative du risque crédit commence à partir du premier jour où une échéance du crédit a été impayée, et/ou l'engagement pris par un client non respecté (régularisation de découvert par exemple). Les banques du secteur commencent à surveiller ces crédits impayés de prêt et à prendre des dispositions pour anticiper un recouvrement difficile. La durée du déclenchement des procédures de recouvrement dépend de la banque. Pour certaines, 3 mois après la première échéance impayée, le dossier est confié au service recouvrement qui, avec l'aide du département juridique et de la Commission Nationale de Recouvrement, entame les procédures pour un règlement à l'amiable ou judiciaire.

CHAPITRE TROISIEMECadre empirique de l'étude

Dans ce chapitre, les résultats des différents tests et études économétriques sont présentés, analysés et discutés.

Section 1 : Présentation et analyse des résultats

1.1 Présentation et analyse des statistiques descriptives

Le tableau n°4 présente les statistiques descriptives des variables de l'étude. Le ratio du risque de crédit 1 (riscr1) est de 91%. Ce pourcentage indique, toutes choses étant égales par ailleurs, que les banques togolaises transforment plus de 91%, sur la période de 1996 à 2007, des dépôts de la clientèle en des crédits à la clientèle. Ce fort coefficient de transformation des dépôts confirme l'important rôle d'intermédiation financière joué par les banques togolaises à l'instar de toutes les autres banques de l'UEMOA (Igué, 2008).

Le deuxième ratio du risque de crédit (riscr2) est de 61%. Ce deuxième pourcentage montre que les crédits octroyés à la clientèle représentent 61% des actifs bancaires du Togo.

La taille du conseil d'administration des banques togolaises est environ de sept (7) membres. Cet effectif moyen est conforme aux prédictions théoriques de Jensen (1993) qui préconise un conseil d'administration composé de sept ou huit membres au plus afin d'assurer l'efficacité du conseil. En effet selon Jensen (1993), un conseil d'administration composé de plusieurs membres est généralement source de conflits et de domination de dirigeants. Il en résulte des difficultés pour aboutir à des décisions consensuelles ce qui favorise les prises de risques excessives par le dirigeant. De même, selon Lipton et Lorsch (1992), la taille appropriée du conseil d'administration ne doit pas dépasser 8 ou 9 membres, pour que les administrateurs soient capables de contrôler la direction efficacement et ainsi réduire la discrétion managériale. De plus, Blanchard et Dionne (2004) ont démontré empiriquement que plus le nombre des administrateurs augmentent, plus l'utilisation des instruments améliorés pour la couverture de risques bancaires augmentent, ce qui justifie la prise de risque excessive par la manager.

Le pourcentage des administrateurs institutionnels siégeant au conseil d'administration des banques togolaises tourne en moyenne autour de 34% or ces derniers sont qualifiés par Jensen (1993) comme des administrateurs possédant une grande expertise dans la gestion des risques bancaires ce qui pourrait inciter les dirigeants à faire une meilleure sélection des projets d'investissement. Ce pourcentage est révélateur de la dépendance du secteur bancaire togolais vis-à-vis des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux comme le FMI, la Banque Mondiale et la BOAD.

Le pourcentage des administrateurs étrangers est en moyenne de 19%. Ce pourcentage relativement bas peut s'expliquer par le fait que l'Etat demeure actionnaire majoritaire de certaines banques togolaises en dépit des vagues de privatisation à la faveur des réformes financières. Ce constat est appuyé par le pourcentage des administrateurs représentant l'Etat et les établissements publics qui représentent, à eux deux, plus du double du précédent (41%).

Tableau n° 4: Analyse des statistiques descriptives des variables

Variable | Obs Mean Std. Dev. Min Max

-------------+--------------------------------------------------------

riscr1 | 60 .9119199 .3521465 .3488854 1.856353

riscr2 | 60 .6125846 .1524224 .2717985 .8652195

tailca | 60 7.4 1.993209 4 11

adinst | 60 .3422697 .242447 0 .875

adetr | 60 .1933748 .1961442 0 .6

-------------+--------------------------------------------------------

adetat | 60 .3138438 .2291255 0 .75

adetp | 60 .1092021 .1526177 0 .5

dual | 60 .0666667 .2515489 0 1

cap | 60 .0932755 .1129694 -.2636113 .3240028

taille | 60 10.86249 .3876808 9.994699 11.62354

-------------+--------------------------------------------------------

age | 60 25.3 10.38627 8 42

Globalement on note une nette disparité des valeurs moyennes des variables de notre étude et de leur écart-type. Ces deux grandeurs (moyenne et écart-type) semblent indiquées que la structure de l'échantillon de l'étude n'est pas homogène et que des tests de spécification complémentaires sont indispensables afin de choisir l'estimateur approprié. C'est pourquoi avant toute estimation économétrique, nous avons effectué le test de Fisher qui confirme que la structure de notre panel n'est pas parfaitement homogène. Par conséquent notre modèle est soit à effet individuels fixes, soit à effet individuels aléatoires. Ce constat nous a conduit à procéder au test de spécification de Hausman (1978) qui indique que le modèle qui s'adapte à l'échantillon de panel de banques de notre étude est à effet fixe. Les résultats de ce test sont joints en annexe N°2 tandis que la matrice de corrélation entre les variables est jointe en annexe n°4. Nous pouvons donc appliquer la méthode des moindres carrés ordinaires pour l'estimation des différents modèles économétriques dont les résultats sont présentés et analysés dans les paragraphes suivants.

1.2 Présentation et analyse des résultats de l'estimation économétrique du risque de crédit 1 en fonction des variables caractéristiques du conseil d'administration.

Les résultats de cette estimation sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Tableau n° 5 : Présentation des résultats de l'estimation du risque de crédit 1

 

Variables dépendantes : risque de crédit 1 (modèle 1)

Variables indépendantes

Signes attendus

Résultats des estimations

TAILCA

-

-.0512*

(-1.76)

ADINST

-

-1.279***

(-2.93)

ADETR

-

-1.100**

(-2.36)

ADETAT

+

-1.289***

(-2.95)

ADETP

+

-.5749

(-1.27)

DUAL

+

.0208

(0.15)

CAP

-

1.569***

(4.18)

TAILLE

-

-.5590***

(-5.17)

AGE

-

.0078

(1.55)

constance

 

8.136***

(5.45)

Observations

 

60

Prob > chi2

 

0.0000

Source : estimations de l'auteur avec logiciel STATA 9.0

Les astérisques indiquent une significativité au seuil de (1%)***, (5%)**, et (10%)*. Les statistiques (z) sont présentées entre parenthèses.

La probabilité associée au modèle (0.0000) montre que ce dernier est globalement significatif. Il convient d'analyser le signe et la significativité des coefficients de chaque variable indépendante.

§ Les résultats des estimations montrent que la taille du conseil d'administration a un impact négatif et significatif sur le risque de crédit dans le secteur bancaire togolais. Ce résultat est contraire aux prédictions théoriques de Jensen (1993) qui stipulent qu'un conseil d'administration opérant avec un nombre réduit d'administrateurs produit un mécanisme de contrôle plus efficace. Ainsi, plus la taille du conseil d'administration des banques du Togo est élevée plus le risque de crédit bancaire baisse.

§ Le pourcentage d'administrateurs institutionnels est négativement et très significativement corrélé au risque de crédit bancaire conformément à notre attente au niveau des banques de notre étude. Ce résultat corrobore celui issu des travaux de Jensen (1993) selon lequel les administrateurs institutionnels sont pourvus d'une expertise considérable dans la maîtrise du risque de crédit bancaire. Leur présence effective dans le conseil d'administration améliore la performance de ce dernier dans la gestion des risques de crédit bancaire. En effet, leur expertise permet des études plus approfondies des dossiers de financement des projets d'investissements afin d'orienter les dirigeants vers ceux qui sont les mieux rentables permettant ainsi une amélioration de la rentabilité des activités bancaires à travers la maîtrise du risque bancaire. Cette catégorie d'administrateurs possèdent aussi des capacités techniques et financières de recherche et d'analyse des informations officielles ou non recueillies sur les destinateurs des fonds dans le cadre de l'étude des dossiers de crédit. Ceci leur permet donc de réduire les risques liés à l'asymétrie de l'information mais aussi les coûts de l'agence à travers une économie d'échelle provenant du nombre d'années d'expérience et de la capacité financière de l'institution qu'ils représentent. Cette corrélation significativement négative entre le pourcentage des administrateurs institutionnels et le risque de crédit dans le secteur bancaire togolais, prouve que plus leur nombre est élevé plus le risque de crédit diminue permettant ainsi aux banques d'avoir des portefeuilles de crédits sains dans un secteur bancaire moins risqué globalement, toutes choses étant égales par ailleurs.

§ Il en est de même pour le pourcentage du nombre d'administrateurs étrangers au sein du conseil d'administration des banques togolaises qui ont un impact négatif significatif sur le risque de crédit bancaire. A la faveur des réformes financières du secteur bancaire, les banques étrangères sont rentrées dans le capital de celles domestiques plaçant ainsi leurs représentants au sein des conseils d'administration. Ces représentants ont également des expertises nécessaires dans le cadre de leur rôle au sein du conseil d'administration. De plus dans les pays en voie de développement, les banques étrangères provenant des pays développés et présentes dans le capital des banques domestiques permettent à ces dernières d'avoir accès à des technologies nouvelles surtout en matière de traitement de l'information. Elles facilitent également l'accès des capitaux pouvant permettre aux banques locales d'améliorer les ratios prudentiels et d'avoir les réserves nécessaires à l'absorption des risques de crédit bancaire. De nouvelles politiques et procédures de gestion de risque de crédit sont ainsi mises à la disposition de la filiale locale afin d'améliorer la maîtrise des risques de crédit. Enfin, il y a l'image de marque de qualité que véhicule l'entrée d'un administrateur étranger dans le conseil d'administration d'une banque comme le prouve l'étude de Oxelheim et Randoy (2003) réalisée sur plus de 200 firmes dont les sièges sont en Suède et en Norvège et qui décrit l'impact des administrateurs étrangers sur la performance des firmes. Ces phénomènes sont également présents au Togo et ont été perceptibles lorsque la Banque Populaire a pris la gestion de la Caisse d'Epargne du Togo. Ceci a donné une image de marque à la nouvelle banque. Nos résultats suggèrent donc que plus le nombre d'administrateurs étrangers est élevé plus le risque de crédit baisse dans le secteur bancaire togolais bien que leur nombre semble croître timidement. Mais avec la présence de nouvelles banques étrangères (BOA, Diamond Bank) qui s'apprêtent à rentrer dans le paysage bancaire togolais, la nature de la concurrence va être modifiée forçant les banques à revoir les stratégies pour conserver et chercher à accroître leur part de marché. Le rôle du CA sera donc encore plus important.

§ Contrairement à notre hypothèse, le pourcentage d'administrateurs représentant l'Etat au conseil d'administration a un impact très significativement négatif sur le risque de crédit bancaire pour les banques de notre échantillon. Ce résultat serait dû à la prise de conscience de la part de l'Etat suite aux recommandations des bailleurs de fonds internationaux relatives à la nécessité de désengagement de l'Etat de l'actionnariat des banques publiques. En effet, au début de la réforme financière, l'Etat togolais est resté un peu réticent et continue d'être présent dans ces banques mais se voit obliger d'être beaucoup plus regardant sur la façon dont ces dernières sont gérées. Au final l'Etat s'apprête à privatiser ces banques et a donc changé de stratégie de gestion afin de remonter la valeur de ces dernières et d'éviter ainsi de les liquider sans oublier les coûts sociaux et économiques que cela pourrait engendrer. Pour cette raison et au vu du résultat de l'estimation, on constate que plus le pourcentage des représentants de l'Etat est élevé plus le risque de crédit bancaire diminue significativement sur la période de notre étude. Bien entendu, il existe une autre interprétation de ce résultat. En effet, les bailleurs de fonds internationaux conditionnent désormais leurs aides au respect des principes de bonne gestion de la part de l'Etat. Il se pourrait donc que cette exigence favorise l'amélioration des interventions des administrateurs représentant l'Etat dans les banques où ce dernier demeure dans l'actionnariat. Ce résultat est conforme à celui obtenu précédemment par Dannon (2009) sur un échantillon de cinquante banques de la zone UEMOA.

§ Par ailleurs, la capitalisation bancaire a un impact positif et très significatif sur le risque de crédit des banques togolaises. Ce résultat est contraire à nos prédictions théoriques. Toutefois, il met l'accent sur l'efficacité de la réglementation du capital mise en oeuvre dans la zone UEMOA par la BCEAO (2007). Ce résultat supporte les conclusions d'autres études antérieures qui indiquent que les banques qui ont un ratio de capitalisation plus important présentent un risque plus fort (Camara, 2006 ; Besanko et Kanatas, 1996). En revanche, ce résultat ne corrobore pas celui obtenu récemment sur le secteur bancaire tunisien qui révèle que plus les fonds propres augmentent, plus le risque bancaire diminue (Mamoghli et Dhouibi, 2009).

§ En revanche et conformément à nos attentes, la taille des banques a un effet négatif et significatif sur le risque de crédit. Ce résultat semble indiquer que plus la taille augmente plus le risque de crédit bancaire diminue. Ainsi, les banques de grande taille bénéficieraient de l'effet positif induit par la diversification de leurs portefeuilles de crédits, diversification favorable à la minimisation du risque. Par conséquent, dans le secteur bancaire togolais, les banques de grande taille s'avère moins risquées que leurs homologues de petite taille.

§ Il en est de même pour le pourcentage des représentants des établissements publics au sein des banques du Togo qui a aussi un impact négatif mais non significatif sur le risque de crédit bancaire contrairement à nos anticipations. Ces établissements appartenant à l'Etat sont devenus plus regardant en ce qui concerne l'efficacité du CA comme le font les représentants directs de l'Etat dans les conseils d'administration des banques et pour les mêmes raisons que ci-dessus. Avec cette tendance, plus leur pourcentage augmente plus le risque de crédit bancaire baissera, toutes choses étant égales par ailleurs.

§ La dualité du style de leadership a un effet positif mais non significatif sur le risque de crédit bancaire. Sans pour autant être très affirmatif, ce résultat qui mérite d'être approfondi, semble indiqué que le cumul du poste de président du conseil d'administration et de directeur général n'est pas favorable à une meilleure gestion du risque. En effet, selon Jensen (1993), le cumul de ces deux fonctions favorise les stratégies de domination du directeur général et une centralisation excessive du pouvoir décisionnel qui ne favorise pas une meilleure sélection des investissements. La double fonction de dirigeant et de président du conseil d'administration contribue à renforcer les conflits d'intérêt entre actionnaires et leur agent.

§ Enfin, l'âge de la banque n'a pas d'impact significatif sur le risque de crédit bancaire. Or, des études empiriques tendent à prouver que l'ancienneté favorise, grâce au processus d'apprentissage, une grande expertise dans la gestion et la maîtrise du risque de crédit bancaire.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.