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De l'art de gouverner par les lois et par la force d'après Nicolas Machiavel

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par Julien Bukonod
Université Saint Augustin de Kinshasa - Gradué en philosophie 2009
  

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III. 4. Conclusion

Cette réflexion nous permet de conclure que Machiavel ne peut être tenu pour responsable du machiavélisme machiavélique car, celui-ci ne trouve pas sa source en Machiavel. Il n'a dit que ce qu'il a vu : « L'époque de notre auteur : c'est là, tout particulièrement, une donnée que, pour le juger, on ne doit jamais perdre de vue »140(*) ; et ce qu'il a dit c'est la vérité. Si dans l'usage, dans le langage courant, il y a plusieurs machiavélismes, en bonne justice il ne peut et il ne doit y avoir qu'un seul : celui de Machiavel, celui qu'a pratiqué Jules César, François Ier, Bismarck, etc. Personne ne peut échapper à Machiavel, même pas les gouvernants dits exemplaires, d'ailleurs ceux-ci font partie de ceux là qui ont vraiment compris le prophète Nicolas. En quoi sont-ils machiavéliens ? Citons juste un ou deux aspects par gouvernant : Gandhi, par exemple, a été machiavélien pour avoir préféré la violence à la lâcheté ; Kasa-Vubu a été machiavélien pour son souci d'unité nationale et son amour de la terre ; Sassou Nguesso est machiavélien pour son patriotisme et son profond zèle de stabilité politique... « Faire de grandes entreprises, donner par ses actions des rares exemples, c'est ce qui illustre un prince »141(*). C'est ce que les politiques exemplaires ont fait et ont toujours voulu faire.

Eu égard de ce qui précède, nous pouvons sans ambiguïté concéder en tout réalisme que Machiavel vivra toujours : « S'il y a un machiavélisme au sens de Machiavel, c'est le machiavélisme éternel »142(*). On le détestera tout haut, mais on le suivra tout bas143(*), parce que les « crimes »144(*) de ses disciples sont consacrés par des grands exemples, conseillés par de grands besoins, inspirés à de grandes âmes, justifiés par de grands succès. Bref, tout est grand. Ce n'est pas pour rien que certains gouvernants, malgré l'emploi excessif de la force et de la ruse ou plutôt des lois et de la force dans leur art de gouverner, sont restés immortels dans la cervelle de leurs gouvernés. L'on pourrait évoquer des dictateurs comme Omar Bongo Ondimba (1935-2009), le créateur de la première radio du continent africain (Africa N.1) et Joseph-Désiré Mobutu alias Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga (1930-1997), celui que Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing admiraient tant 145(*).

* 140 J. G. FICHTE, op. cit., p. 42.

* 141 N. MACHIAVEL, op. cit., p. 148.

* 142 M. LAMY, op. cit., p. 1680.

* 143Maurice Joly fait dire à Machiavel les phrases suivantes : « Qui m'a rendu dans votre temps un plus éclatant hommage que Frédéric II ? Il me réfutait la plume à la main dans l'intérêt de sa popularité et en politique il appliquait rigoureusement mes doctrines» (Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, p. 3.).

* 144 D'après l'entendement populaire. Selon nous ce sont des oeuvres.

* 145 D'après Bruno Ben Moubamba, vice-président d'Union nationale (l'une des deux principales formations de l'opposition gabonaise), ces deux hommes politiques français chantaient les louanges de Mobutu, « ils pratiquaient une forme d'autisme diplomatique tant le maréchal était impopulaire et pillait littéralement son pays » (cf. l'interview de Moubamba du 24 février 2010, disponible sur http://fr.news.yahoo.com/64/20100224/, visité le 20 avril 2010).

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