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De l'art de gouverner par les lois et par la force d'après Nicolas Machiavel

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par Julien Bukonod
Université Saint Augustin de Kinshasa - Gradué en philosophie 2009
  

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I.6. Conclusion

Somme toute, pour boucler ce premier chapitre, disons que la condition de la pourriture morale  en Italie au XVIè siècle incita Machiavel à questionner l'efficacité du genre de gouvernement populaire exemplifié par la République Romaine. Étant convaincu que seuls les plus astucieux pourraient survivre dans un art précaire de gouverner, Machiavel demanda aux gouvernants de développer l'art de la déception. Basant sa pensée sur une très proche inspection du comportement actuel de ses contemporains, incluant même les papes (qui avaient souvent une très mauvaise réputation), il conclut que penser le comportement politique en termes moraux serait s'exposer à tous les dangers que les malins ennemis pourraient créer. Voilà ce qui poussa le pieux chrétien qu'était Machiavel à être indifférent à la morale chrétienne - sans toutefois devenir athée30(*) - disant que cette dernière a rendu les hommes faibles et les a conduits à devenir une proie facile aux hommes méchants. Il suffit de penser à la fin tragique du moine dominicain Savonarole, au traquenard organisé par le cardinal Colonna pour faire tomber Clément VII31(*), à l'assassinat de Julien de Médicis32(*) et aux pieux cardinaux assassinés par les papes à cause du pouvoir, pour acquiescer à la pensée de Machiavel.

* 30 Bien que dans l'Anti-Machiavel Gentillet qualifie Machiavel d'athée (« Voilà la maxime et les raisons que cet athéiste a vomies en ses beaux discours... »), nous ne pensons pas qu'il le soit devenu. Une citation comme : « Nous, italiens, devons à l'Église de Rome et à ses prêtres notre comportement actuel, celui d'être devenus irréligieux et mauvais », et certains chapitres du Prince (VI, XII) justifient notre position.

* 31 « Le cardinal Colonna s'était proposé à organiser un traquenard où l'on devait faire tomber Clément VII en organisant un concile pour le déposer, ou, mieux encore, il tomberait subitement malade, ce qui simplifierait les choses » (M. BRION, op. cit., p. 407).

* 32 En effet, Julien de Médicis fut assassiné par la famille rivale des Pazzi - en complicité avec le pape Sixte IV et l'archevêque de Pise Francesco Salviati - au cours d'une messe (Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_de_Médicis, visité le 03 février 2010).

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