WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Roman: "Voix étranglées "

( Télécharger le fichier original )
par Jean- Baptiste NTUENDEM
Université de Dschang - Master 2 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CHAPITRE VI

I

l s'était produit beaucoup d'évènements aussi insolites que pathétiques ce vendredi-là. Ce jour-là, alors que Menkaazeh' et les autres étaient l'objet d'une arrestation qu'on ne peut pas qualifier, Ateb, un de leurs camarades de classe, avait été convoqué, très tôt, vers les huit heures du matin. Il l'avait su lorsque, allant à la bibliothèque où il devait effectuer des vérifications et des recherches dans des Encyclopédies, un étudiant de leur classe l'apostropha :

- Ateb, mais que fais-tu encore ici alors que tu es convoqué à la direction de l'Ecole pour une affaire très urgente et très importante ? Tu sais, à force de traîner, tu peux rater une occasion en or !

- Ateb avait une fonction qu'il occupait dans sa classe. Il était l'un des deux délégués de la classe. Il s'était dit qu'en tant que délégué de classe, il prenait souvent part à des réunions avec l'administration de l'Ecole. Mais, c'était presque toujours avec les autres représentants des étudiants. Alors, pourquoi avait-on besoin de lui et rien que de lui seul ce vendredi-là ? Cela était l'objet de son inquiétude.

Il se sépara de son camarade et se dirige d'abord vers le tableau d'affichage. Il parcourut l'immense tableau d'un bout à l'autre. Il fouilla et refouilla des yeux et des mains. Finalement,il le découvrit perdu entre les résultats d'une évaluation. Le communiqué n'avait l'air de rien. Il fallait vraiment être curieux ou très attentif pour pouvoir le découvrir. Il le parcourut : « l'étudiant de la5ème année nommé Ateb Bitom Célestin est prié de se rendre de 5ème année nommé Ateb Bitom Célestin est prié de se rendre de toute urgence à la direction de l'Ecole dès lecture de ce communiqué ».  Ce communiqué laconique avait pour signature celle de l'illustre secrétaire générale de cette grande Ecole des hauts cadres de l'Education du pays. Ateb sortit de la foule des étudiants qui cherchaient leurs noms sur les listes. Il se retint, puis jeta un regard panoramique sur l'Ecole. Il y avait un frisson qui avait traversé son corps. Il oscillait entre l'espoir et le pessimisme. Les signes d'espoir et d'optimisme lui disaient qu'il était tout de même un important personnage dans sa classe. Il était un délégué des étudiants, donc un élu et porte-parole. Donc, si l'Administration le convoquait, cela pouvait aussi être pour recueillir ses opinions sur certaines questions touchant sa classe. Mais, le vent du doute soufflait lui aussi, et parfois plus fort.

- Mais pourquoi me convoque-t-on seul, alors que nous sommes deux représentants, deux délégués, deux porte-parole de notre classe ? Se demanda-t-il.

Dans tous les cas, il fallait s'y rendre, c'était un impératif ; ce n'était pas facultatif. Il prit la résolution de dévaler les multiples marches des escaliers. Son périple se termina au quatrième étage, dans les services de la secrétaire.

- Ah ! C'est vous monsieur Ateb Bitom ? Je crois avoir rédigé ce communiqué. Bon, allez attendre dans la salle d'attente. Nous allons vous introduire chez madame tout à l'heure.

- Merci, mesdames.

Ateb sortit et prit le couloir de la salle d'attente. Il fit son entrée et prit place parmi une bonne dizaine d'étudiants qu'il salua. Il ne réussit à remarquer aucun visage. De temps en temps, ils l'observaient et, lorsque Ateb les regardait, ils baissaient la tête. Parfois, ils se mettaient à chuchoter les uns dans les oreilles des autres. Ateb n'arrivait pas à expliquer ces types de comportements dans un milieu public.

-« Qu'ont-ils à se dire d'aussi secret pour se le dire uniquement dans les oreilles ? D'abord, qui sont ces villageois qui se comportent ainsi ? Ils n'ont qu'à sortir se raconter leurs historiettes dehors, au lieu de faire des clowns. » Se dit-il.

Puis, il décida de les regarder désormais dans les yeux. Chaque fois que leurs regards croisaient le sien, ils baissaient la tête. Mais, ils ne s'empêchaient pas de chuchoter. Le spectacle perdurait et, comme par enchantement, ils se mirent à disparaître un à un. La salle se vida et, dès que le dernier quitta cette salle furtivement en lui jetant un dernier regard chargé de raillerie, on vint l'appeler.

- Monsieur Ateb, vous pouvez entrer, fit l'une des femmes du secrétariat.

Ateb ouvrit la porte et, dès qu'il entra, il vit deux gros yeux, grandement ouverts, se braquer sur lui. Son bonjour n'eut aucun effet ; il ne reçut aucun écho favorable. Il répéta :

- Bonjour, madame.

Seuls quelques battements de paupières de son interlocutrice lui rappelaient qu'elle était sensible. L'étudiant prit peur. Il resta figé de surprise et de trouille près de la porte. Après quelques instants d'immobilité, il jeta un coup d'oeil sur le bureau et vit une chemise. Une chemise. Une chemise sur laquelle il put lire : « dossiers secrets sur les activités dangereuses du traître et rebelle Ateb ». Il comprit que ses pressentiments pessimistes n'étaient pas erronés. La trouille qui s'était emparée de son ventre décupla d'effets néfastes. Le large bureau contenait une multitude de chemises volumineuses de ce genre-là. Tout portait à croire que le rôle de la secrétaire de l'Ecole était réduit au pilotage des « Dossiers secrets ».

Le soleil de l'après-midi brillait à faire cuire une peau d'éléphant. Madame changea d'attitude, mais, ce n'était pas pour être tendre envers son vis-à-vis.

- Ah ! Oui, oui, te voici enfin, monsieur Ateb nkon môt1(*). Tes échos me parviennent ici minute après minute. Ateb nkon môt, voici toute une pile de rapports noirs sur ta triste et perfide personne. Tous tes actes comme tous tes propos me sont fidèlement retransmis par écrit seconde après seconde, et avec les détails, les plus minutieux.

Je voudrais savoir, Ateb nkon môt, quel esprit diabolique anime ton corps. Tu t'en rends compte ? Tu constitues à toi seul une bombe permanente que la tribu a recrutée dans cette auguste Ecole des hauts cadres de l'Education de notre pays, contre elle-même. Je te rappelle, Ateb nkon môt, que pendant ton séjour ici, tu dois, à chaque seconde, bénir les mains bienfaisantes et généreuses qui t'ont arraché à la galère. Regarde les rues, regarde les quartiers, regarde les villes et les villages, ils fourmillent de diplômés en chômage. Toi, Ateb, si je fouille ton dossier là devant toi, tu verras que c'est la solidarité tribale qui t'a sauvé de la déchéance du désoeuvrement. Monsieur le parvenu à la tête vide, Ateb le perfide ingrat. Tu sembles même ignorer quelles sont les attributions d'un vrai délégué de classe tel que nous le concevons ! Tu sembles ignorer pourquoi on a fait des trucages pour que tu sois porte-parole de ta classe ? Tu ignores donc ta principale mission ? C'est ce qui s'appelle : manque de collaboration, insoumission à la hiérarchie et rébellion pure et simple. Tu n'as jamais voulu écouter Mbènnem Iscariote !

Ateb nkon môt, tu es l'un de nos frères maudits que le Diable avait amènes à combattre sans état d'âme et sans merci le parti unique.

Ô Seigneur, pourquoi as-tu commis la divine maladresse de perdre ton temps à pétrir ces corps voisins de Satan ? Pourquoi as-tu gaspillé ce souffle sacré avec lequel tu meus la masse ?

Ateb l'aveugle, tu n'arrives même pas à constater qu'ils sont légions ceux des étudiants de ta classe qui ont voté pour le changement ? Il y a aussi certains de tes frères dont j'ai tous les dossiers là devant moi. Mort au multipartisme ! Si tu n'étais pas aveugle, Ateb, si tu n'avais pas une mémoire de lièvre, paresseux que tu sois, tu te souviendrais de la marche historique que nous avions organisée contre le multipartisme dans ce pays ! Crois-tu que les Ministres, des Secrétaires d'Etat, des Directeurs etc. etc. puissent abandonner des piles de dossiers, fausser des rendez-vous aux sommités du pays et du monde, arrêter le service public pendant toute une journée pour rien ? Rappelle-toi que ce jour-là était un jour exceptionnel, un jour solennel, un jour unique dans l'histoire de ce pays. De mémoire de citoyens, nos compatriotes n'avaient jamais vu pareille mobilisation. Toute l'administration centrale et décentralisée, tous les hauts cadres des sociétés publiques et parapubliques, tous les administrateurs civils et municipaux, tous les... tous les généraux, sanglés dans leurs plus belles tenues des grands jours ! tout ce beau monde avait pris part au défilé, j'allais dire à la marche historique contre le multipartisme, main dans la main, comme un seul homme, sous un soleil des grandes saisons sèches, suant de joie dans leurs beaux vêtements et chantant les bienfaits du parti unique. Tous ces gens-là ont défilé contre le multipartisme, cher idiot ! Je crois ... je crois que n'eût été le programme particulièrement surchargé de son Excellence, nous aurions eu l'insigne honneur, pour l'unique et dernière fois dans l'histoire des peuples et des nations, de défiler, avec la présence effective d'un président de la république, contre le multipartisme !

Petit athée que tu sois ! Tu oublies que notre marche avait été sanctifié et bénie par Monseigneur ? L'homme d'église avait sacrifié tout son programme ce jour-là pour une cause que Dieu lui avait fait comprendre et admettre comme noble. Rappelle-toi, il avait cité des chapitres et des versets tout entiers de la bible pour prouver que les saintes Ecritures n'avaient pas prévu le multipartisme et que les opposants étaient des hérésiarques, donc des pendards.

Ateb, l'ingrat, regarde bien cette tenue que j'ai sur moi. Regarde-là bien. C'est ça ta vie et ta réussite !

Tu es encore jeune ; je ne voudrais pas qu'on te perde si tôt. Mbènnem pourra encore te récupérer et redresser ton petit esprit rebelle. Maben jean Baptiste et les autres sont déjà partis. En passant, ouvre bien tes oreilles de sourd et écoute la radio. Allez, disparais ! Morveux ! Ver de terre !

Ateb, vilipendé, assommé, pleura un au revoir et sortit. En passant par la salle d'attente, il revit le groupe qu'il l'y avait furtivement quitté, confortablement assis et le regardant passer, toujours en chuchotant. Il comprit enfin que l'heure était grave, très grave. Il se plongea dans une méditation :

- « Que me reproche-t-on exactement ? En quoi suis-je ingrat ? En quoi suis-je traître ? Je suis Ateb Bitom Célestin, je ne suis nullement « Ateb nkon môt ». Jamais ! En quoi ai-je trahi ma tribu ? Qu'est-ce que ma tribu ? Qu'est-ce que trahir ? Qu'ai-je à foutre avec des marches contre l'opposition ou contre le multipartisme ? Mbe'nnem c'est quoi ? »

L'ingénu ne comprenait pas toujours que son objectivité était un crime, un péché mortel, dans une société où on était en droit de se dire que le tribalisme était institutionnalisé. Son esprit « rebelle » ne s'était pas toujours, jusqu'ici laissé orienter. Il avait empêché d'aiguiser en lui la haine tribale.

Il n'eut plus de courage et de force d'aller travailler dans la bibliothèque. Il fila de l'enceinte de l'établissement. Pendant qu'il stoppait les taxis sans succès, il fut interpellé par une jeune et charmante étudiante, c'était Eding Sophie Jolinette. Ils se connaissaient depuis l'université ; elle avait réussi à se faire recruter en sciences de l'éducation. Ils se regardèrent et s'observèrent. Tous deux n'avaient pas des mines de joie. Eding passait quelques moments de tumulte sentimental. Son fiancé adoptait des attitudes qui risquaient de provoquer des palpitations cardiaques chez elle. Un orage planait sur leurs relations. Constatant que son ancien camarade de classe avait sombre mine, elle chercha à comprendre ce qui n'allait pas :

- Dis, Ateb je vois que ça ne va pas, hein ? C'est comme si tu as vieilli de dix ans, alors que lorsque nous obtenions la licence il y a de cela deux ans, tu étais très jeune, très beau et toujours tiré à quatre épingles ! Qu'est-ce qui ne va pas ? Lui demanda-t-elle.

- Est-ce que ça vaut la peine de te raconter ce qui m'est arrivé, Sophie ?

- Qu'as-tu eu ? La maladie, les problèmes de famille, la sorcellerie, quoi ? Lui demanda-t-elle, en constatant du même coup que ses yeux larmoyant légèrement étaient tout rouges.

- Je ne peux pas tout te dire ici. C'est une histoire trop longue pour que je te la raconte debout, ici, devant cette illustre Ecole.

Sophie était vraiment curieuse. On ne peut pas être assommé au point de perdre tant de kilogrammes en une journée ! Elle était préoccupée par l'état de son camarade. Aussi étaient-ils partis, très loin, à l'abri des oreilles et des yeux de l'Ecole. Ils s'étaient réfugiés à l'ombre d'un manguier, près d'un bâtiment public abandonné ; c'est là qu'Ateb lui raconta tout ce qui lui était arrivé.

Pendant qu'Ateb lui racontait son aventure, Sophie écarquillait les yeux. Elle était surprise que de telles choses puissent lui arriver. Mais, l'évocation du nom de Mbe'nmen Iscariote attira son attention et réveilla ses souvenirs.

Sais-tu que j'ai personnellement vu ce monstre de Mbe'enem pour l'unique fois le samedi passé ? Eee ! Eee ! Je dis bien que ce garçon est produit du nazisme, du fascisme et de toutes les doctrines du mal qui puissent exister ! fit-elle.

- Et comment ?

- Mais, je ne sais pas pour qui celui-là se prend dans cette Ecole. Il donne l'impression qu'il communique directement avec la Présidence de la République !

Tu t'en rends compte, j'ai plus d'une fois reçu des convocations signées de lui. Ils parlent d'une association tribale dont les objectifs seraient de protéger le régime. Moi, je ne sais pas en quoi ils protègent le régime. Chaque fois que je reçois ses convocations, je ne sais pas... C'est comme si je recevais les avances très maladroites d'un mauvais soupirant. Mais, après une forte pression venue de très haut, samedi dernier, j'étais contrainte de prendre part de très haut, samedi dernier, à l'une de leurs réunions qui s'était tenue dans l'Amphithéâtre. Lorsque j'y étais arrivée à vingt-deux heures comme il était recommandé, j'avais trouvé la porte de l'amphithéâtre fermée. Aucune vois ne me permettait de savoir s'il y avait des gens. Je me croyais arriver plus tôt que prévu. Après avoir frappé longtemps, un garçon, grand de tille, aussi sombre que la nuit, avec une barbe sous forme de pinceau, les lèvres rouges, était venu ouvrir la porte. Après avoir jeté quelques coups d'oeil furtifs de tous les côtés, il avait refermé la porte.

Une fois entée, on avait fait rendre sur une chaise placée à l'estrade. J'avais pu compter à peine une dizaine de têtes, dont une fille. Je m'étais dite que les retardataires allaient être nombreux. Ils avaient formé un demi-cercle et, devant eux, il y avait une table sur laquelle il y avait beaucoup de feuilles et de chemises. Debout, le sieur qui m'avait accueillie tenait un discours, à ses côtés, il y avait deux personnes. Le jeune homme de qui j'étais assise m'avait donné ces renseignements :

- « Ma soeur bonsoir. Je voudrais d'abord te signaler que tu es très en retard. Bien maintenant que tu as enfin décidé d'être des nôtres (pourvu que cela dure), il faut que tu fasses la connaissance de tes illustres frères. Celui qui est debout, c'est Mbe'nnem Iscariote l'auguste président national de notre association. En passant, il faut savoir que cette puissante association est dénommée : «  Association nationale pour la protection du régime et la défense des intérêts tribaux : L'A.N.P.R.D.I.T. » nous avons tous nos papiers. C'est d'ailleurs une Association très connue du régime, et qui bénéficie également de ses soutiens. C'est avait eu la sublime idée de la créer, parce qu'il avait compris très tôt que, le parti unique ayant été massacré par des envieux, des jaloux et les ennemis de notre régime, le multipartisme allait faire beaucoup d'adeptes au sein de la population estudiantine, et par conséquent, beaucoup d'opposants. Mbe'nem le visionnaire avait très vite monté les dossiers, crée l'Association et, sa légalisation n'avait connu aucune difficulté. Pour te prouver que l'« A.N.P.R.D.I.T. » est puissante, il faut seulement constater qu'aucune autre association à caractère tribal n'a l'autorisation expresse de fonctionnement au sein de cette auguste Ecole ! Aucune ! Nous collaborons étroitement avec le parti au pouvoir et, l'Administration de cette Ecole se sert de nous comme ses yeux et ses oreilles. En principe, nos réunions ont lieu tous les samedis à partir de vingt-deux heures. Pour nous, le jour de Saturne est un jour sacré, jour d'anniversaire. Mais, le vendredi prochain, il y aura des dérogations spéciales, car nous préparons d'importants évènements qui connaîtront un retentissement national de très grande envergure. Bien, tu en sauras plus vendredi prochain. Seulement, vient très tôt. Ce sera un jour exceptionnel ! ».

Voilà ce que ce jeune homme m'avait fait comme révélations ! Après Mbe'nnem avait enchaîné en démontrant comment le régime en place était sur les braises. Pour lui, il est impératif de faire quelque chose au sein de l'électorat estudiantin. Je les avais quittés plus tôt que prévu en leur promettant que je serais avec eux ce soir, Mais, crois-moi, ce sera pour la toute dernière fois, quelles que soient les pressions. Pourquoi veulent-ils se servir de moi pour véhiculer et pratiquer leurs idéologies tribalistes et terroristes ? Calme-toi, séparons-nous, mais prends ton courage en main. Les ténèbres ne triompheront pas. Un grand défi nous attend, nous devons impérativement avoir le dessus.

* 1 Le traître

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus