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Contribution à  l'étude de la niche écologique de la Cigogne blanche Ciconia ciconia L. , 1758 (Aves, Ciconiidae ) et du Héron garde- boeufs Bubulcus ibis L. , 1758 (Aves, Ardeidae ) dans la région de Batna


par Naoual BOUKHTACHE
Université El Hadj Lakhdar Batna Algérie - Magister en agronomie 2008
  

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4.4- Macération des pelotes par voie humide

Chaque pelote est macérée séparément dans une boite de Pétri contenant de l'eau additionnée de quelques gouttes d'alcool pour aseptiser le milieu et éviter les mauvaises odeurs (Fig. 12e et f). A l'aide de pinces entomologiques et sous une loupe binoculaire, sont séparés les différents fragments que contient la pelote triturée (têtes, thorax, élytres, pattes, fémurs, mandibules, écailles, agglomérat de poils, ...) et mis dans une autre boite de Pétri sur laquelle sont mentionnées les indications de l'espèce, le numéro de la pelote, la date et la région de collecte (Fig. 13).

 
 

a- Mensurations d'une pelote de rejection de la Cigogne blanche.

b- Mensurations des pelotes de rejection du Héron garde-boeufs.

 
 
 

c- Balance utilisée dans la pesée des pelotes.

d- Pelotes numérotées, datées et conservées dans des cornets en papier.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

e- Macération de la pelote par voie humide.

f- Trituration de la pelote.

Figure 12- Différentes étapes suivies dans le traitement au laboratoire des pelotes
étudiées.

 
 

Pelote de la cigogne contenant des fragments de
coléoptères et des plumes.

Pelote du héron garde-boeufs contenant des
fragments de coléoptères et d'orthoptères.

 
 
 

Pelote de la cigogne contenant des poils et des
fragments de coléoptères.

Pelote du héron garde-boeufs contenant des
fragments d'orthoptères.

 
 

Pelote de la cigogne contenant des mandibules
d'orthoptères.

Pelote du héron garde-boeufs contenant des
fragments de coléoptères.

Figure 13- Exemple des fragments de proies détectés dans les pelotes de rejection des
deux échassiers.

Sur l'ensemble des lots récoltés (136 pour la cigogne et 957 pour le garde-boeufs), seules les pelotes fraîches et non fragmentées (96 pour la cigogne et 110 pour le garde-boeufs) ont fait l'objet de la trituration.

4.5- Détermination et comptage des items

Le suc gastrique très fort des modèles biologiques étudiés ne laisse que peu de traces des restes des proies vertébrés tels les poissons, les reptiles et les mammifères (BREDIN, 1983 ; BANG et DAHLSTROM, 1987-2006). Aussi, les proies à téguments mous comme les annélides, les mollusques sans coquilles et certaines larves d'insectes sont peu décelables. La détermination des fragments retrouvés dans les pelotes reste très délicate du fait que les parties observées soient souvent incomplètes et/ou dénaturées.

L'identification des premiers fragments a été rendu possible grâce à leur comparaison avec la collection des fragments des insectes confectionné au laboratoire d'écologie et environnement de l'université de Béjaia avec la précieuse collaboration de Mme GHARBISALMI R. et du Dr MOULAI R., et grâce à leur comparaison avec les individus entiers collectés par la méthode d'échantillonnage des disponibilités alimentaires. La détermination de la majorité des items a été faite par le Dr SI BACHIR du département de Biologie de l'université de Batna, qui a poussé la détermination systématique des items jusqu'à l'ordre, la famille et parfois même jusqu'au genre et l'espèce.

L'identification des proies invertébrées, notamment celle des insectes, la classe la plus dominante tant en espèces qu'en nombre, repose sur la reconnaissance simultanée de plusieurs fragments chitineux comme les têtes, les thorax, les élytres, les cerques, les fémurs, les tibias et les mandibules. Le nombre d'individus de chaque espèce est déterminé principalement par le nombre de têtes ou de thorax. Aussi, lors du comptage des élytres, des mandibules et des cerques, le nombre d'appendices gauches et droits est pris en considération.

Pour les proies non entomologiques, les coquilles restent le seul critère d'identification des mollusques, chaque fois que cette présence est révélée dans une pelote nous comptons un seul individu. La présence de plusieurs apex de coquilles permet de compter le nombre d'individus où chaque apex représente un individu (BOUKHEMZA, 2000).

Les arachnides se différencient des autres classes par la présence d'un céphalothorax muni de chélicères, de pédipalpes et de pinces (VACHON, 1952). Les myriapodes sont reconnaissables grâce au nombre important des pattes portées par l'abdomen et des mandibules fines et pointues. Pour les batraciens, les reptiles et les mammifères, la présence

respectivement d'un tégument, d'une écaille ou d'un agglomérat de poils correspond à un individu.

L'identification des petits mammifères s'appuie sur l'analyse micrographique des poils qui se base sur la spécificité des empreintes des poils (DAY, 1966 ; KELLER, 1978-1980 ; FALLIU et al., 1979 ; DEBROT et al., 1982 ; HAMDINE, 1990).

Pour identifier l'espèce proie à laquelle appartiennent les poils retrouvés dans les pelotes de régurgitation, nous avons procédé à des montages de poils. Afin d'effectuer de bonnes observations, nous avons suivi les trois étapes suivantes (ANNA et al., 1993 in ZENNOUCHE, 2002) :

- Macération du poil à l'eau chaude pendant 5 à 10 mn puis séchage à l'aide de papier filtre pour éliminer les impuretés et la matière grasse et afin de séparer les poils les uns des autres.

- Immersion du poil dans l'alcool à 70 % pendant 60 mn afin de dissoudre les impuretés et éliminer les corps gras résiduels.

- Séchage du poil avec de l'éther afin de faire disparaître toute trace de graisse.

Après le rinçage, nous déposons les poils sur du vernis à ongles transparent étendu en fine couche sur une lame de verre. Une fois le vernis est séché, on arrache les poils et on observe l'empreinte laissée sous le microscope optique au grossissement (X10 et X40). La détermination est réalisée par le Dr SI BACHIR avec consultation d'un Atlas des poils de mammifères (DEBROT et al., 1982).

La consommation des poissons se traduit par la présence d'écailles dans les pelotes, alors que les plumes révèlent la consommation d'oiseaux. Un seul individu est pris en considération quand des écailles ou des plumes sont présentes dans une pelote de réjection.

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