WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Contribution à  l'étude de la niche écologique de la Cigogne blanche Ciconia ciconia L. , 1758 (Aves, Ciconiidae ) et du Héron garde- boeufs Bubulcus ibis L. , 1758 (Aves, Ardeidae ) dans la région de Batna


par Naoual BOUKHTACHE
Université El Hadj Lakhdar Batna Algérie - Magister en agronomie 2008
  

précédent sommaire suivant

1.4- Statut actuel des populations des deux échassiers étudiés dans la région de Batna

1.4.1- Statut actuel des populations de la Cigogne blanche

Nous n'avons pas fait une estimation de la taille de la population de la Cigogne blanche dans la région de Batna. Très récemment, un recensement de nids de C. ciconia a été réalisé dans la wilaya par DJADDOU et BADA (2006) qui l'ont estimé à 490 nids avec 7 nids non occupés. Ces nids sont répartis sur un ensemble de 15 daïras visités couvrant un total de 45 localités. Ainsi, la plus importante colonie rencontrée dans le territoire de la wilaya de Batna est celle d'El Madher avec 50 nids occupés et 3 nids non occupés, ce qui représente 10,8 % de la population de la wilaya. En deuxième position se classe la population de la ville de Batna avec 35 nids occupés et un nid non occupé et en troisième lieu vient la colonie d'Ain Touta avec 33 nids occupés (DJADDOU et BADA, 2006).

Selon ces derniers auteurs, l'occupation spatiale des colonies montre que la Cigogne blanche colonise beaucoup plus la partie Nord-est de la wilaya (plaines d'El Madher et d'Ain Touta) et à un degré moindre la région nord (plaine de Belezma), par le fait que ces régions offriraient les meilleurs milieux d'alimentation habituellement fréquentés par l'espèce.

Les recensements, aussi exhaustifs, réalisés en en collaboration entre le département de Biologie (Association scientifique Biologie, Biodiversité et Durabilité) et la conservation des forêts de la wilaya de Batna, montrent une évolution des effectifs ces dernières années, qui sont estimés à 593 en 2007 nids et 670 nids en 2008.

1.4.2- Statut actuel des populations du Héron garde-boeufs

Les résultats de l'enquête locale menée dans une vingtaine de lieux dans le territoire de la wilaya de Batna nous ont révélé d'importantes informations sur la date d'installation de B. ibis, sur sa bio- écologie et sa relation avec l'homme dans cette région.

En effet, cette enquête a montré que l'espèce est à installation récente dans cette région et les dates de première observation vont, selon les régions, de 1995 à 2005. Les premières villes investies par l'espèce sont Ain Touta en l'an 1995, Ras Layoun en l'an 2000, Merouana, El Madher et Tazoult en l'an 2002 et N' Gaous en l'an 2003.

La récente installation du garde-boeufs expliquerait l'absence d'une dénomination locale de l'espèce, où nous avons enregistré un pourcentage important de réponses (85,7 %) qu'il n'a pas d'appellation. Certains ont donné l'appellation de « l'oiseau de la mer » « Farkh Labhar » tout en racontant qu'ils ont l'habitude de le voir sur les régions littorales, ou « la poule d'eau » « Djaj El Ma » parce qu'ils l'ont observé fréquentant des milieux humides de la région (Oueds, barrages...).

Concernant son statut phénologique, les personnes interrogées habitant près de ses colonies de reproduction ont rapporté qu'il est sédentaire nicheur, alors que celles habitant loin de ses colonies ont rapporté qu'il est sédentaire sans préciser sa nidification. Plus de 54 % de gens questionnés, rapportent qu'il est observé durant toute l'année, confirmant ainsi son statut d'espèce sédentaire.

La première année de nidification de B. ibis dans la région de Batna est notée en l'an 1995 à Ain Touta (RIGHI Y., cadre au Parc National de Belezma, com. pers.). A partir de cette année, l'expansion du garde-boeufs dans la région d'étude n'a pas cessé d'augmenter. Le nombre de dortoirs est actuellement estimé à 16 et le nombre de colonies à 10. Ceci démontre l'augmentation importante des effectifs nicheurs durant ces dernières années et l'implantation de l'espèce en tant que sédentaire nicheuse.

Concernant la relation de l'oiseau avec l'homme, les personnes interrogées dans cette enquête semblent ne pas donner une grande importance à l'espèce, étant donné que la moitié d'entre eux (48,8 %) rapportent qu'il n'est ni utile ni nuisible ou peut être auxiliaire à l'agriculture. Il est toutefois considéré importun dans les dortoirs et colonies parce que c'est une espèce bruyante et qui a des fientes nauséabondes et acides qui dessèchent le support végétal qu'il utilise. Cette enquête a révélé aussi que le Héron garde-boeufs n'est pas dissuadé ni chassé ou consommé dans la région de Batna.

Ceci est contrairement à ce qu'a révélé une enquête similaire réalisée à Béjaia par SI BACHIR (2007), qui a conclu que le garde-boeufs dans la Kabylie de la Soummam, connu depuis les années quarante, a une multitude de nominations : « Agtit El Male » « oiseau du bétail », « Tayazite El Male » « poule du bétail ».... Cette étude a montré également qu'il pourrait porter préjudice à la qualité du sol par le prélèvement excessif de vers de terre ou même causer des dégâts aux cultures de Cucurbitacées (pastèque et melon) en les picorant lors de la capture d'insectes. En effet, ce dernier auteur a confirmé l'utilisation de moyens de dissuasion (pièges divers, coups de feu, tir de pierres...) par les paysans de la région pour l'éloigner de leurs champs.

A l'image de son expansion géographique mondiale (KUSHLAN et HANCOCK, 2005), en Algérie, l'expansion de l'espèce est signalée à partir des années 1992-1993 ; l'implantation de nouvelles colonies est notée en Kabylie, sur les hauts plateaux et en descendant jusqu'aux zones semis arides (Sétif, Batna) et mêmes aux régions arides (Biskra) (MOALI et ISENMANN, 1993 ; MOALI, 1999 ; ISENMANN et MOALI, 2000 ; SI BACHIR, 2007).

précédent sommaire suivant