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Contribution à  l'étude de la niche écologique de la Cigogne blanche Ciconia ciconia L. , 1758 (Aves, Ciconiidae ) et du Héron garde- boeufs Bubulcus ibis L. , 1758 (Aves, Ardeidae ) dans la région de Batna


par Naoual BOUKHTACHE
Université El Hadj Lakhdar Batna Algérie - Magister en agronomie 2008
  

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3.2- Exploitation des milieux de gagnage par le Héron garde-boeufs

Quant à B. ibis, cet échassier montre une utilisation plus diversifiés des milieux de gagnage. Nous en avons compté 10 milieux différents (Fig. 29B). Cependant, tout comme la cigogne, il a une grande préférence aux prairies (29,67 %), aux cultures basses (15,79 %), aux milieux fauchés (12,11 %) mais aussi aux labours (19,9 %). Il utilise ainsi en moindre importance les bordures d'eaux usées (5,59 %), les prairies inondées (4,25 %) et les friches (2,62 %) (Fig. 29B). Ceci dénote du fait que l'espèce utilise de plus en plus des milieux terrestres dans son alimentation.

Selon SBIKI (2008), dans la région de Tébessa, le Héron garde-boeufs fréquente principalement les friches (27,38 %), les immondices (22,64 %), les cultures basses (17,41 %) et les labours (16,54 %). Par contre, les prairies, les milieux fauchés et les mares temporaires sont les moins utilisés. Les résultats de SBIKI (2008) rejoignent ceux de FRANCHIMONT (1986b), qui indique que les labours et les immondices fournissent la plus grande partie de nourriture destinée aux garde-boeufs dans la région d'Ouezzane au Maroc.

Par ailleurs, en plus de ces milieux, le Héron garde-boeufs s'alimente dans différents types de déchets, tels les déchets des fermiers (fumier et déchets d'aviculteurs) et les immondices (dépotoirs de rejets ménagers). Cette observation est notée surtout dans la zone de Merouana.

Nos résultats sont comparables avec ceux de FRANCHIMONT (1986b) au Maroc, BOUKHEMZA (2000) en Kabylie et SI BACHIR (2007) à Béjaia. Néanmoins, BREDIN (1883-1984) et LOMBARDINI et al. (2001) signalent qu'en Camargue le Héron garde-boeufs utilise en plus de ces milieux, les milieux halomorphes, les ronciers, les rizières et les marais d'eau douce ou salée.

La fréquentation des dépôts d'ordures par le garde-boeufs n'a pas été observée en Camargue (BREDIN, 1984), contrairement à nos résultats, et à ceux obtenus par RENCUREL (1972), DEAN (1978) et FRANCHIMONT (1986b) au Maroc, SI BACHIR (2007) à Béjaia et

(A)

Ciconia ciconia

100% 80% 60% 40% 20% 0%

 

(B)

Pr. Rep. P. C. Elev. Pt. Rep.

Bubulcus ibis

100% 80% 60% 40% 20% 0%

 

Hiver. Pr. Rep. P. C. Elev. Pt. Rep.

Bordures d'eaux usées Prairies Friches

Labours Cultures basses Immondices

Prairies inondées Dépôts de fumier Déchets d'aviculteurs

Milieux fauchés

Figure 30- Variation des taux globaux de la fréquentation des milieux de gagnage selon
les périodes phénologiques chez la Cigogne blanche (A) et le Héron garde-boeufs (B).

SBIKI (2008) à Tébessa.

Selon SALMI (2001), le fumier et les rejets des poulaillers constituent une ressource renouvelable en larves d'insectes notamment de Scarabaeidae. Ce dernier auteur a déterminé aussi un fort pourcentage de larves de Scarabaeidae et de Rhizotrogus sp. dans les pelotes de rejection du Héron garde-boeufs, tout en mentionnant qu'ils ne sont jamais échantillonnées dans les milieux de gagnages.

Selon ELKINS (2001), dans les habitats les plus exposés (milieux ouverts), les oiseaux bénéficient considérablement, pendant l'hiver, des ressources alimentaires crées par l'homme : cultures d'hiver, chaumes, champs d'épandage, déchets de nourriture de toutes formes.

Le Héron garde-boeufs est observé dans les prairies pendant toutes les périodes phénologiques (Fig. 30B). Il fréquente les cultures basses pendant les périodes d'hivernage et de pré-reproduction et en période d'élevage des jeunes. Il s'alimente également dans les labours presque pendant toutes les périodes phénologiques. Mais, c'est pendant la période de ponte et couvaison et la période d'élevage des jeunes héronneaux, que l'espèce utilise des milieux plus diversifiés. Pendant ces deux périodes, le Héron garde-boeufs fréquente, en plus des prairies, des cultures basses, des labours et des milieux fauchés, les déchets d'aviculteurs, les prairies inondées, les immondices, les friches et les bordures d'eaux usées (Fig. 30B).

La diversité des milieux exploités par le Héron garde-boeufs est en relation avec l'opportunisme de cette espèce qui fait varier son alimentation selon les disponibilités des proies dans les milieux de gagnage d'une région donnée et suivant les besoins alimentaires liés à la phénologie de l'espèce (DOUMANDJI et al., 1992-1993 ; BOUKHEMZA , 2000 ; SI BACHIR et al., 2001). Ceci serait considéré parmi les facteurs de l'expansion de cet échassier.

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