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Contribution à  l'étude de la niche écologique de la Cigogne blanche Ciconia ciconia L. , 1758 (Aves, Ciconiidae ) et du Héron garde- boeufs Bubulcus ibis L. , 1758 (Aves, Ardeidae ) dans la région de Batna


par Naoual BOUKHTACHE
Université El Hadj Lakhdar Batna Algérie - Magister en agronomie 2008
  

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4- Caractérisation qualitative et quantitative du régime alimentaire des deux espèces

4.1- Caractéristiques des pelotes de rejection des deux échassiers

Les pelotes de la Cigogne blanche ont une taille de 50,91 mm × 37,63 mm et pèsent en moyenne 9,7 #177; 4,6 g en poids sec. Alors que celles du Héron garde-boeufs ont une taille de 36,67 mm × 21,27 mm et un poids sec de 1,8 #177; 1 g.

La taille des pelotes des deux échassiers varie d'une façon très importante d'une année à une autre et d'un mois à un autre dans la même région, et d'une région à une autre (Tab. XXVII).

D'une manière générale, nos résultats sont comparables avec ceux obtenus dans différentes régions du pays.

Tableau XXVII- Données comparatives de la taille et du poids des pelotes de rejection de la Cigogne blanche et du Héron garde-boeufs dans quelques régions d'Algérie.

Espèce

Auteur

Région
d'étude

N
(nombre
de
pelotes
triturées)

Longueur
moyenne
en mm

Diamètre
moyen
en mm

Poids sec
moyen
en g

Ciconia ciconia

BOUKHEMZA et al. (1995)

Tizi Ouzou

100

47,8

34,0

9,4

DOUADI et CHERCHOUR (1998)

Béjaia

20

50,0

33,7

10,2

ZENNOUCHE (2002)

Béjaia

69

59,3

36,9

10,2

HIMI et GHAZLI (2002)

Béjaia

40

54,0

37,3

9,2

DJADDOU et BADA (2006)

Batna

40

45,0

37,0

10,2

SBIKI (2008)

Tébessa

140

50,6

36,4

10,7

Présente étude

Batna

136

50,9

37,6

9,7

Bubulcus ibis

BENALLAOUA et BENAIDA (1997)

Béjaia

-

30,4

22,5

-

DOUADI et CHERCHOUR (1998)

Béjaia

20

35,7

25,4

2,5

BACHA (1999)

Béjaia

60

36,2

27,0

2,1

HADJI (1999)

Sétif

-

37,1

23,6

-

SETBEL (2003)

Boudouaou

96

28,7

18,0

-

SI BACHIR (2007)

Béjaia

240

35,4

26,5

2,5

SBIKI (2008)

Tébessa

140

37,3

23,4

2,6

Présente étude

Batna

957

36,7

21,3

1,8

Les résultats obtenus par SCHIERER (1967) en France (60 mm × 39mm), montrent que les pelotes de la cigogne sont un peu plus volumineuses, alors que ceux de MUZINIC et RASAJSKI (1992) aux Balkans sont proches des nôtres (50 mm × 40 mm).

Quant au garde-boeufs, HAMADACHE (1991), à Draâ-El-Mizan (Kabylie) rapporte des mensurations de 45 mm x 15 mm pour la plus grosse pelote et 25 mm x 10 mm pour la

plus petite. Par ailleurs, en comparant nos résultats à ceux de BREDIN (1983) en Camargue (23,8 mm x 13,8 mm), les pelotes de B. ibis dans la région de Batna paraissent plus grosses.

Cette variation des dimensions des pelotes serait en relation avec le nombre de proies, leurs natures ainsi que leurs biomasses.

4.2- Analyse globale de la composition du régime alimentaire des deux échassiers

4.2.1- Analyse de la composition en proies des pelotes de la Cigogne blanche

La décortication de 96 pelotes de la Cigogne blanche nous a permis d'enregistrer un minimum de 7 proies dans une pelote contenant 2 Pimelia sp., 5 individus de Curculionidae sp. ind. avec la présence de plumes de poulet domestique (Galus domesticus). Un maximum de 1.022 proies est noté dans une pelote contenant 786 Caelifera sp. ind., 197 Ensifera sp. ind., 15 Geotrupes sp., 10 Gryllus bimaculatus, 6 Coleoptera sp. ind., 3 Acinopus sp., 3 Tenebroinidae sp. ind., 1 Scarabaeus sacer et 1 Helicidae sp. ind.. Le nombre moyen de proies par pelote est de 165,4 #177; 139 proies.

DAJOZ (2002), signale dans le contenu de 3 pelotes de la cigogne collectées durant la migration de printemps dans la région de Sede Boker en Israël, la composition suivante, en nombre d'individus : Adesmia dilatata : 356 ; Adesmia abbreviata : 242 ; Pimelia boehmi : 190 ; Pimelia sp. : 150 ; Pimelia grandis : 35 ; Sepidium tricuspidatum : 170 ; Erodius edomitus : 86 ; autres Tenebrionidae : 51 ; autres Arthropodes : 182 (Total 1.462).

Toutefois, nos résultats dépassent largement ceux obtenus dans différentes régions du pays. Sur un lot de 350 pelotes de la cigogne BOUKHEMZA (2000), a enregistré un minimum de 4 proies, un maximum de 219 proies et une moyenne de 46,2 proies par pelote. Pour ZENNOUCHE (2002), 69 pelotes de la cigogne contiennent d'une seule proie à 399 proies et en moyenne 79,7 proies par pelote.

En outre, une étude pareille à la nôtre, réalisée au cours de la même année à Tébessa, par SBIKI (2008), révèle que les pelotes de la Cigogne blanche de cette région contiennent presque 6 fois moins de proies que celles des cigognes de la région de Batna. En fait, SBIKI (2008), a mentionné 2.718 proies dans 127 pelotes de C. ciconia (21,4 proies par pelote).

Cette variation importante du nombre de proies dans les pelotes, s'expliquerait non seulement par le besoin alimentaire de l'espèce, qui lui-même dépend de ses stades phénologiques, mais aussi par la richesse des milieux de gagnage et la phénologie des proies.

Cependant, toutes les études faites en Algérie et dans d'autre régions du monde s'accordent à dire que C. ciconia est un échassier prédateur entomophage (SCHIERER, 1962-

1967 ; LAZARO, 1986 ; LAZARO et FERNÁNDEZ, 1991 ; PINOWSKA et PINOWSKI, 1989 ; PINOWSKI et al., 1991). La part des insectes dans son régime alimentaire dans la région de Batna est de 99,23 % de l'effectif total des proies consommées.

A titre indicatif, ANTCZAK et al. (2002), mentionnent 83 % d'insectes, en Pologne. En Algérie, nos résultats sont conformes à ceux obtenus par BOUKHEMZA (2000), ZENNOUCHE (2002), DJADDOU et BADA (2006) et SBIKI (2008), qui mentionnent respectivement des taux de 94 % ; 94,3 % ; 97,3 % et 98,9 % d'insectes.

Dans cette étude nous n'avons pas fait l'évaluation en biomasse des proies consommées. Néanmoins, nous jugeons utile de citer des résultats de quelques auteurs qui montrent une différence dans l'abondance en biomasse par rapport à l'abondance en nombre. BOUKHEMZA (2000), indique que la cigogne consomme, en termes de biomasse, 74,2 % d'insectes, 7,3 % d'arachnides et 17,9 % de vertébrés. ANTCZAK et al. (2002), notent 58 % de petits mammifères, 22 % d'insectes et 11,5 % de vers de terre.

Dans la région de Batna, la part des vertébrés entrant dans la composition du régime alimentaire de la Cigogne blanche est de 0,13 % en termes d'abondance en nombre. Ces vertébrés, représentés principalement par des reptiles (Lacertidae) et des micromammifères (Rodentia), ne sont retrouvés que dans les pelotes collectées de la zone d'El Madher (15,63 % de fréquence d'occurrence pour les reptiles et 6,25 % pour les mammifères). Ce qui dénote d'une consommation sporadique des vertébrés.

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