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Contribution à  l'étude de la niche écologique de la Cigogne blanche Ciconia ciconia L. , 1758 (Aves, Ciconiidae ) et du Héron garde- boeufs Bubulcus ibis L. , 1758 (Aves, Ardeidae ) dans la région de Batna


par Naoual BOUKHTACHE
Université El Hadj Lakhdar Batna Algérie - Magister en agronomie 2008
  

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4.5- Comparaison des régimes alimentaires des deux échassiers

La comparaison de l'abondance en nombre des principaux ordres de proies consommés par les deux échassiers est faite en fonction de leurs périodes phénologiques

(reproduction et hors reproduction). Pendant la période de reproduction, les coléoptères viennent en tête du régime alimentaire de la Cigogne blanche avec 51,35 %, suivis par les orthoptères (38,02 %) et les dermaptères (8,54 %). Quant au garde-boeufs, ce sont les orthoptères qui dominent son régime alimentaire en période de reproduction avec un taux de 46,1 %, mais leur taux n'est pas trop loin de celui des coléoptères qui sont noté avec 37,5 %, suivis par les dermaptères (11,0 %) et les hyménoptères (2,1 %) (Fig. 32).

Durant la période hors reproductrice, le régime alimentaire de la Cigogne blanche est basé principalement sur les orthoptères (67,14 %), suivis par les coléoptères (27,29 %) et les dermaptères (4,89 %). Lors de cette même période, le Héron garde-boeufs consomme principalement des coléoptères (40,01 %), des orthoptères (23,38 %), des hyménoptères (22,84 %) et des dermaptères (11,2 %) (Fig. 32).

Il est à signaler que pendant la période de reproduction, les taux de consommation des coléoptères, des orthoptères et des dermaptères sont assez proches pour les deux échassiers étudiés, ce qui dénote d'un risque de compétition vis-à-vis de ce type de proies en cette période.

Par ailleurs, le bol alimentaire de B. ibis parait plus diversifié avec 134 espèces que celui de C. ciconia composé seulement de 79 espèces.

Aussi, l'indice de SHANNON, révèle que le régime alimentaire du Héron garde-boeufs est plus diversifié avec 5,2 bits que celui de la Cigogne blanche avec 3,7 bits. De même, l'indice d'équitabilité indique que le régime alimentaire du garde-boeufs est relativement plus équilibré (E = 0,7) que celui de la cigogne (E = 0,6).

En deuxième lieu, l'indice de similitude de SORENSON qui s'élève à 62,2 % montre qu'il existe une assez grande similitude entre les régimes alimentaires des deux échassiers.

L'application de l'indice d'électivité d'IVLEV, indique une sélection positive pour les deux modèles biologiques étudiés aux orthoptères, aux coléoptères et aux dermaptères dans les trois types de milieux échantillonnés (le milieu humide, la culture basse et la pelouse naturelle).

Les orthoptères notés avec une valeur de sélection positive dépassant 0,8 sembleraient être les proies les plus recherchées par les deux échassiers.

Les dermaptères qui ont une valeur de sélection positive allant de 0,5 à 0,7 pour la Cigogne blanche, et de 0,7 à 0,8 pour le Héron garde-boeufs, sont également des proies nécessitant plus d'effort de capture par leur manque dans les gagnages.

Reproduction

En %

70 60 50 40 30 20 10 0

 

Rodentia

Squamata

Dermaptera

Orthoptera

Coleoptera

Hymenoptera

Hors reproduction

En %

70 60 50 40 30 20 10 0

 

Dermaptera

Orthoptera

Coleoptera

Hymenoptera

Squamata

Rodentia

Ciconia ciconia Bubulcus ibis

Figure 32- Fréquences d'abondance relative des principaux ordres de proies consommées par C. ciconia et B. ibis pendant les périodes de reproduction et hors reproduction dans la région de Batna.

Les coléoptères montrent une valeur de sélection positive moins importante, variant entre 0,1 et 0,3 chez les deux échassiers, ce qui signifie qu'ils seraient plus abondants dans les gagnages par rapport aux orthoptères et aux dermaptères, mais moins prisés par les deux oiseaux étudiés.

La sélection négative des aranéides et des hyménoptères s'explique par leur abondance dans les gagnages et leur moindre consommation par les deux échassiers. C'est le cas pour l'indice de sélection des hyménoptères consommés par le Héron garde-boeufs, qui est de -0,5 dans les trois milieux de gagnage.

Toutefois, l'analyse statistique n'est significative que pour la similitude de la composition des régimes alimentaires des deux espèces que lors de période de reproduction et seulement dans zone d'El Madher.

A cet effet, les indices de similitude et d'électivité calculés, ainsi que l'analyse statistique dénotent d'un risque d'une compétition interspécifique entre les deux modèles biologiques étudiés qui ont tendance à élire en priorité les mêmes groupes de proies (coléoptères, orthoptères et dermaptères) en particulier lors de la période de reproduction.

Selon BENTAMER (1998), malgré la ressemblance apparente dans les régimes alimentaires de la Cigogne blanche et du Héron garde-boeufs, il existe certaines différences entre les proies entomologiques consommées. La Cigogne blanche consomme des proies entomologiques de tailles plus grandes que celles consommées par le Héron garde-boeufs. Bien que les mensurations des proies n'ont pas été réalisées, nous avons également remarqué ces mêmes observations lors de notre travail.

BOUKHEMZA (2000), en comparant les régimes alimentaires de ces deux échassiers dans la vallée du Sébaou, a confirmé l'existence d'un certain isolement trophique entre ces deux espèces grâce à une analyse de leur partage suivant un gradient de taille des proies. Selon ce dernier auteur, la taille des proies est une dimension de la niche par laquelle ces deux espèces sont susceptibles de réaliser un isolement trophique.

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