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Documentation sur le statut des métis de pères Allemands au Togo entre 1905 et 1914. Présentation de documents allemands avec traductions ou résumés en français


par Essosimna Tomfei Marie-Josée ADILI
Université de Lomé (Togo ) - Maà®trise en lettres allemandes 2012
  

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2.3.1.2 - Traduction intégrale du texte en français La rencontre annuelle des Chefs de Districts à Bassari du 1er au 5 mars 1909, présidée par le gouverneur Graf Zech.

Le Président : « Quatre projets [d'ordonnance] sont proposés concernant la prise en charge des enfants métis. Vu la plupart de ces projets, on pourrait en déduire qu'il reviendrait aux mères noires de s'occuper de l'éducation des enfants métis. Je ne pourrais pas me rallier à une telle conception. »

Le président lit les principales parties des trois projets d'où découle cette conception.

Le conseiller du gouvernement Dr. Kersting : (Commandant de Cercle Sokodé-Bassari). « Les Blancs ont l'obligation d'éduquer les enfants métis. Au cas où un Blanc, pour une raison quelconque, ne pourrait assurer les frais d'éducation ou d'alimentation ou au cas où il n'est pas possible pour le Blanc de s'occuper de manière adéquate des enfants métis, le gouvernement devrait le faire. »

Le Président : « Moi aussi je ne partage pas le point de vue selon lequel les enfants métis doivent être pris en charge par leurs mères. Pour des raisons pratiques et économiques, il est nécessaire que nous prenions en charge les enfants métis. Ces enfants pourraient, à travers une éducation adéquate, servir le gouvernement par leurs incontestables talents. » Le Président lit le quatrième projet dans lequel est ajoutée une mention additive précisant que la prise en charge des métis [par les Blancs] ne change rien au principe de la séparation des races, ceci afin d'éviter toute interprétation erronée.

Le projet fut alors adopté à l'unanimité dans la forme ci-jointe.

Par ailleurs, il a été reconnu par tous comme souhaitable, d'amener chaque père d'un enfant métis à prendre, dès la naissance, l'engagement écrit stipulant là où il souhaite faire éduquer son enfant, et si c'est une fille, dans quelle société de mission il voudrait la voir placée.

Dr. Kersting : demande si du côté du gouvernement quelque chose pourrait être fait pour un enfant métis qui n'a pas ou n'a pas assez de soutien et dont le père ne se trouve plus dans la colonie.

Le Président : « De tels cas devraient être rapportés au gouvernement. Le père de l'enfant devrait être amené par voie administrative, à payer les frais d'alimentation.

Dans le cas contraire, les dispositions du projet d'ordonnance adopté à cet effet seront appliquées ».

Le Capitaine Mellin : (Commandant de cercle Mango) souhaite la fixation d'un taux minimal des frais d'alimentation.

Le Président : « C'est l'affaire des commandants de District, car le taux peut varier selon les réalités de chaque circonscription. Cependant, un rapport peut être adressé au gouvernement, au cas où le montant payé est jugé trop bas par le commandant, et dans ce cas, le gouvernement prendra les dispositions nécessaires pour obtenir des moyens suffisants ».

Commentaire succinct

Il ressort de cette conférence des administrateurs locaux et centraux du Togo en 1909 (année du 25ème anniversaire de la colonisation allemande au Togo) que le gouvernement a enfin pris la mesure du problème social posé par les « métis allemands » dans la société coloniale togolaise. Les Allemands eux-mêmes ont constaté la misère dans laquelle sont confinés les enfants métis non entrtetenus par leurs géniteurs. Il ont adopté le principe selon lequel tout père d'un enfant métis est dans l'obligation d'en assurer l'entretien et l'éducation. C'est la concrétisation officielle de la proposition que l'administrateur Oscar Schmidt avait déjà faite dans les remarques consécutives au recensement des métis dans le District d'Aneho (document n° 1). Mieux vaut tard que jamais ! Toutefois, les administrateurs ont adopté à l'unanimité une mention additive selon laquelle « la prise en charge des métis [par leurs géniteurs allemands] ne change rien au principe de la séparation des races ». C'est donc une politique de ségrégation raciale qui prédomine dans cette question des métis.

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