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La Constitution à  l'épreuve des accords politiques dans le nouveau constitutionnalisme africain


par Pihame BARBAKOUA
Université de Lomé Togo - Diplôme d'études approfondies en droit public fondamental 2008
  

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Paragraphe II : La mise à l'écart du juge constitutionnel

La mise à l'écart du juge constitutionnel semble se justifier par la nature des normes et le domaine des normes applicables (A). Ce qui justifie sa substitution par un autre organe (B).

A : La nature et le domaine des normes applicables

Quelle est la nature des dispositions contenues dans les accords politiques ?(1) A quelle situation et institutions s'appliquent-ils ? Le juge constitutionnel a-t-il sa place dans ce domaine ?(2).

1 : La nature des normes applicables

Les normes applicables sont issues de l'accord politique. Ce sont donc des normes politiques. Comme telle, le juge constitutionnel est étranger à ce corpus normatif. Cela justifie par-dessus tout, son comportement mitigé, et en faisant tantôt des normes supra constitutionnelles ( cour constitutionnelle béninoise fait du consensus national issu des conférences nationales, donc acte politique, un principe immuable et intemporel), tantôt des normes internationales, comme l'a fait le Conseil Constitutionnel ivoirien, ou peut-être des normes législatives applicables au contentieux électoral comme ce fut au Togo en 2007 où la cour constitutionnelle épuise le contentieux préélectoral selon l'esprit de l'APG. Il s'égare donc dans ce domaine.

2 : Le domaine des normes applicables

S'il est vrai que le juge s'invite souvent dans les pouvoirs de crises applicables aux crises ordinaires ou juridiques, les crises qui font appel aux accords politiques semblent transcender son domaine de compétence.

148 SALAMI (I.), « le pouvoir constituant dérivé à l'épreuve la de la justice constitutionnelle béninoise », RTSJ, p.57, voir aussi, BRAMI (C.), la hiérarchie des normes constitutionnelle op.cit., p.9

149 VEDEL (G.), cité par BOLLE (S.), « Le contrôle prétorien... » op.cit.p.3

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En effet, il n'est pas étrange de voir le juge constitutionnel intervenir dans l'état de siège, l'état d'urgence ou même la dictature constitutionnelle.

Seulement, il importe d'opérer un distinguo entre une crise juridique et une crise politique. Pour le Professeur Martin BLEOU, une crise juridique est celle qui menace les institutions au sein de l'Etat. On pourrait penser à un conflit de compétences entre le gouvernement et le parlement, ou entre un administré et une administration. Une crise politique est par contre celle qui menace le phénomène du pouvoir lui-même, et qui est de ce fait, en dehors du juridique. Elle requiert donc des solutions extra juridiques. Il conclut que les conflits juridiques se résolvent par des mécanismes juridiques et les conflits politiques par des moyens politiques150.

Il est donc clair qu'en période de crise ce sont les accords politiques qui s'appliquent et le juge semble du coup ne rien avoir à faire dans un monde qui a priori n'est pas le sien. Il ne saurait donc contrôler la constitutionnalité d'une révision constitutionnelle initiée par un accord politique. Son rôle de régulateur du fonctionnement des institutions lui est tout simplement ravi par le conseil de suivi.

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