WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les déterminants du mauvais état de santé auto- déclaré au Cameroun: une analyse à  partir des données d'ECAM 3

( Télécharger le fichier original )
par Nino Alfredo NDJONDO SANDJO
Université de Ouagadougou Institut supérieur des sciences de la population - Master en population et santé 2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

III.2.3. Effets nets des variables indépendantes sur le mauvais état de santé auto-déclaré selon le niveau de vie

Afin de mettre en exergue l'effet net de chacun des facteurs individuels associés au mauvais état de santé auto-déclaré au Cameroun, nous avons considéré un modèle d'analyse comportant l'ensemble des variables indépendantes. Les variables explicatives sont introduites bloc par bloc et de façon progressive dans le modèle. Ce procédé a permis de comprendre comment le pouvoir explicatif de certains blocs s'atténue ou se renforce au fur et à mesure que les autres blocs sont pris en compte. Le pseudo-R2 du modèle est un indicateur du pouvoir prédictif du modèle.

Nous nous basons sur l'évolution du pseudo-R2 pour apprécier le pouvoir explicatif de chaque bloc. Ces blocs sont au nombre de quatre. Le tableau 13 présente les principaux résultats obtenus de l'analyse explicative du mauvais état de santé auto-déclaré au Cameroun.

Tableau 13 : Effets nets de chacune des variables explicatives sur la probabilité de se déclarer en mauvais état de santé selon le niveau de vie au Cameroun (Rapport de chances)

 

Modèle 0

Modèle 1

Modèle 2

Modèle 3

Modèle 4

P

NP

P

NP

P

NP

P

NP

P

NP

Membre d'une association

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Non

1

1

1

1

1

1

1

1

1

1

Oui

1,70

1,57

1,69

1,55

1,33

1,15

1,36

1,16

1,13°

1,08*

Consommation d'alcool

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Non

1

1

1

1

1

1

1

1

1

1

Oui

1,23

1,21

1,16

1,15

1,17

1,20

1,21

1,21

1,16

1,16

Age

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

15-24 ans

1

1

 
 

1

1

1

1

1

1

25-34 ans

1,12

1,46

 
 

1,13°

1,37

1,19°

1,38

1,24*

1,39

35-44 ans

1,65

1,90

 
 

1,60

1,74

1,70

1,79

1,85

1,81

45-54 ans

2,39

2,67

 
 

2,28

2,41

2,40

2,47

2,81

2,62

55-64 ans

2,79

3,81

 
 

2,69

3,51

2,75

3,59

3,58

4,19

65 ans & +

4,83

6,90

 
 

4,43

6,57

4,05

6,68

5,87

8,93

Sexe

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Féminin

1

1

 
 

1

1

1

1

1

1

Masculin

0,77

0,70

 
 

0,76

0,69

0,78

0,70

0,72

0,67

Statut matrimonial

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Célibataire

1

1

 
 

1

1

1

1

1

1

Mariée(e)/Union libre

1,41

1,57

 
 

0,75

0,78

0,77*

0,78

0,93°

0,83

Veuf (ve)/Divorcé(e)

3,36

3,31

 
 

1,15°

0,95°

1,20°

0,97°

1,49

1,08°

Parenté avec le chef de ménage

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Chef de ménage (CM)/Conjoint

1

1

 
 

1

1

1

1

1

1

Fils/Fille du CM/conjoint

0,57

0,51

 
 

0,96°

0,82

0,91°

0,8

0,88°

0,77

Autre parent du CM/conjoint

1,08°

0,67

 
 

1,06°

0,77

0,93°

0,75

0,92°

0,75

Aucun lien avec le CM/conjoint

0,73°

0,61

 
 

0,89°

0,86°

0,84°

0,85°

0,82°

0,87°

Statut migratoire

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Non Natif

1

1

 
 

1

1

1

1

1

1

Natif

0,60

0,75

 
 

0,63

0,78

0,64

0,79

0,74

0,87

Situation d'activité

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Actif occupé

1

1

 
 
 
 

1

1

1

1

Chômeur

1,47

1,16

 
 
 
 

1,78

1,49

1,50

1,41

Inactif

1,77

0,87

 
 
 
 

1,82

1,06°

1,64

1,03°

Niveau de scolarisation

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Non scolarisé

1

1

 
 
 
 
 
 

1

1

Primaire

1,02

0,92°

 
 
 
 
 
 

1,60

1,57

Secondaire et plus

1,08

0,78

 
 
 
 
 
 

2,14

1,69

Milieu de résidence

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Urbain

1

1

 
 
 
 
 
 

1

1

Semi-urbain

0,95

0,95

 
 
 
 
 
 

0,97°

1,03°

Rural

0,62

0,81

 
 
 
 
 
 

0,71

0,87

R-deux ajusté

//

//

1,2%

1,2%

8,6%

9,0%

9,5%

9,2%

11,4%

9,8%

Source: ECAM3/INS/Cameroun; Note 1: °p>10%; *p<10%; Les autres coefficients significatifs à 5%;

Note 2 : P = Pauvres ; NP= Non pauvres

a) Le modèle 0

Ce modèle résume les effets bruts existant entre les facteurs explicatifs de l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé. Il fait ressortir l'effet de chaque variable explicative prise isolément sur le mauvais état de santé auto-déclaré selon le niveau de vie au Cameroun. Indépendamment du niveau de vie, toutes nos variables explicatives sont discriminantes en matière d'auto-déclaration d'un mauvais état de santé au Cameroun. Le modèle 0 confirme les différentes associations brutes précédemment établies dans l'analyse bivariée.

b) Le modèle 1

Le modèle 1 met en relation deux principales variables explicatives (l'appartenance à une association et la consommation d'alcool) avec le mauvais état de santé auto-déclaré selon le niveau de vie.

Ce modèle confirme que, quel que soit le niveau de vie, les individus qui consomment l'alcool se déclarent plus en mauvais état de santé (1,16 fois chez les pauvres et 1,15 fois chez les non pauvres) par rapport à ceux qui n'en consomment pas.

Cependant, le modèle infirme l'hypothèse selon laquelle les individus n'appartenant pas à au moins une association sont ceux qui se déclarent les plus en mauvais état de santé. En effet, indépendamment du niveau de vie, les individus qui appartiennent à au moins une association se déclarent plus en mauvais état de santé (1,69 fois chez les pauvres et 1,55 fois chez les non pauvres) par rapport à ceux qui n'appartiennent pas à une quelconque association.

c) Le modèle 2

Le modèle 2 prend en compte l'ensemble des variables démographiques, l'appartenance à une association et la consommation d'alcool. Le R-deux passe 1,2% pour le modèle 1 à 8,6% pour le modèle 2 dans le groupe des pauvres d'une part ; et de 1,2% (modèle 1) à 9,0% (modèle 2) chez les non pauvres d'autre part. Nous pouvons donc conclure que les variables démographiques ont le pouvoir explicatif le plus élevé car c'est la plus grande différence de R-deux observée entre deux modèles successifs quelconques.

Dans ce modèle, on constate qu'après contrôle par l'ensemble des variables démographiques de l'étude, confirme toujours les résultats obtenus dans le modèle précédent. En effet, les personnes qui consomment l'alcool se déclarent plus en mauvais état de santé par rapport à ceux qui n'en consomment pas, et ceux qui appartiennent à au moins une association se déclarent également plus en mauvais état de santé par rapport aux individus n'appartenant à pas à au moins une association.

On note également que l'âge, le sexe, le statut matrimonial, le lien de parenté avec le chef de ménage, et le statut migratoire interne déterminent la perception qu'un individu a de son état de santé.

S'agissant de l'âge, quel que soit le niveau de vie considéré, le modèle confirme l'hypothèse selon laquelle les personnes plus âgées ont plus de chance de se déclarer en mauvais état de santé que les personnes moins âgées. Par exemple, les personnes de 65 ans et plus ont 4,43 fois (chez les pauvres) et 6,57 fois (chez les non pauvres) plus de chance de se déclarer en mauvais état de santé par rapport aux jeunes de 15 à 24 ans.

En ce qui concerne le sexe, les résultats du modèle 2 montrent qu'indépendamment du niveau de vie, les hommes se déclarent moins en mauvais état de santé que les femmes (0,76 fois chez les pauvres et 0,69 fois chez les non pauvres).

Ensuite, le modèle ne confirme pas la relation brute obtenue entre le statut matrimonial et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé. En effet, quelque soit le niveau de vie, le modèle 2 confirme l'hypothèse que les individus mariés ou en union sont ceux qui présentent les meilleurs états de santé auto-déclarés. En effet, les célibataires et les personnes en rupture d'unions ont la même chance de se déclarer en mauvais état de santé. Par contre, les individus en union ont moins de chance que les célibataires de se déclarer en mauvais état de santé. Ce résultat permet de valider donc notre hypothèse sur le sens de la relation entre l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé et le statut matrimonial.

Quant à la relation entre le lien de parenté avec le chef de ménage et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé, l'observation des résultats du modèle permet de constater que, chez les pauvres, le lien de parenté avec le chef de ménage n'a pas d'effets sur l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé. Par contre, chez les non pauvres, le modèle confirme l'existence d'une relation entre le lien de parenté avec le chef de ménage et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé. Il ressort qu'à l'exception des personnes n'ayant pas de lien de parenté avec le chef de ménage, la chance de se déclarer en mauvais état de santé augmente avec le rapprochement du lien de parenté avec le chef de ménage.

Enfin, le modèle confirme que, quel que soit le niveau de vie, les natifs se déclarent moins en mauvais état de santé (0,63 fois chez les pauvres et 0,78 fois chez les non pauvres) par rapport aux non natifs.

d) Le modèle 3

Le modèle 3 met en relation l'appartenance à une association et la consommation d'alcool, les variables démographiques, et la situation d'activité. Le R-deux du modèle 3 par rapport au modèle 2 précédent augmente de 0,9 point et de 0,2 point respectivement chez les pauvres et les non pauvres.

Si le modèle permet de confirmer globalement les résultats observés dans le modèle 2, il permet également de confirmer que la situation d'activité est aussi un déterminant de l'état de santé auto-déclarée quel que soit le niveau de vie. En effet, le modèle confirme que chez les pauvres, les inactifs se déclarent plus en mauvais état de santé que les personnes actives (occupées ou chômeurs). Aussi, les chômeurs présentent des mauvais états de santé auto-déclarés que les actifs occupés dans le groupe des pauvres. En ce qui concerne les non pauvres, bien que les actifs occupés et les inactifs ont les mêmes chances de se déclarer en mauvais état de santé, ce sont les chômeurs qui s'auto-déclarent les plus en mauvais état de santé.

e) Le modèle 4

Le modèle 4 met en relation l'appartenance à une association et la consommation d'alcool, les variables démographiques, la situation d'activité, et les variables socioculturelles. Ce modèle final met donc en relation l'ensemble des variables explicatives. Le R-deux est passé de 9,1% pour le modèle 3 à 11,4% pour le modèle 4, et de 9,2% pour le modèle 3 à 9,8% pour le modèle 4 respectivement chez les pauvres et les non pauvres.

A l'exception de l'appartenance à une association et du statut matrimonial, les différents résultats observés entre l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé et chacune des autres variables dans le modèle 3 se trouvent maintenus dans le modèle 4.

D'après le modèle 4, le sens de la relation entre l'appartenance à au moins une association et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé devient fonction du niveau de vie. Chez les pauvres, cette relation disparaît après contrôle par les variables socioculturelles. L'appartenance à une association n'est pas discriminante dans l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé. Par contre, appartenir à au moins une association pour un individu non pauvre augmente ses chances de se déclarer en mauvais état de santé.

En ce qui concerne le statut matrimonial, l'observation du modèle 4 permet de constater que chez les non pauvres, les personnes en vivant en unions sont ceux qui se déclarent les moins en mauvais état de santé. En revanche, chez les pauvres, les personnes mariées ou en union et les célibataires ont les mêmes chances de se déclarer en mauvais état de santé. Les personnes séparées se déclarant les plus en mauvais état de santé.

L'hypothèse sur le sens de la relation entre le niveau de scolarisation et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé n'est pas confirmée dans ce modèle. En effet, indépendamment du niveau de vie, la probabilité de se déclarer en mauvais état de santé augmente avec le niveau de scolarisation. Les personnes les plus instruites se déclarent les plus en mauvais état de santé.

S'agissant en fin du milieu de résidence, le modèle confirme que, quel que soit le niveau de vie, les individus qui vivent en milieu rural se déclarent moins en mauvais état de santé (0,71 fois chez les pauvres et 0,87 fois chez les non pauvres) par rapport à ceux du milieu urbain. Indépendamment du niveau de vie, la probabilité de se déclarer en mauvais état de santé augmente avec l'urbanisation au Cameroun.

En définitive, au vu des résultats obtenus après ces analyses, nous pouvons dire que certaines de nos hypothèses se confirment. D'abord, quelque soit le niveau de vie, les réalités socioculturelles priment sur les facteurs économiques dans l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé au Cameroun. Cependant, les facteurs socioculturels ne sont pas les plus déterminants. Ce qui stipule que cette hypothèse n'est pas vérifiée. En effet, les résultats montrent que les facteurs démographiques sont des déterminants majeurs de l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé que ce soit chez les pauvres ou chez les non pauvres au Cameroun.

Toutefois, le niveau d'instruction de l'individu est, indépendamment du niveau de vie, le facteur le plus important parmi les variables socioculturelles associées à l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé au Cameroun.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore