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Les déterminants du mauvais état de santé auto- déclaré au Cameroun: une analyse à  partir des données d'ECAM 3

( Télécharger le fichier original )
par Nino Alfredo NDJONDO SANDJO
Université de Ouagadougou Institut supérieur des sciences de la population - Master en population et santé 2012
  

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CHAPITRE IV : SANTE PERÇUE DES HOMMES ET DES FEMMES SELON LE NIVEAU DE VIE AU CAMEROUN 

Dans ce chapitre nous présenterons les déterminants socioéconomiques du mauvais état de santé auto-déclaré des hommes et des femmes aussi bien chez les pauvres et que les non pauvres.

IV.1 Présentation des résultats

IV.1.1. Effets des variables indépendantes sur le mauvais état de santé auto-déclaré chez les hommes et les femmes pauvres

Il s'agit ici de mettre en exergue les similitudes et les divergences dans l'auto-perception de l'état de santé des hommes et des femmes pauvres au Cameroun.

Pour cela, nous avons considéré toujours un modèle d'analyse comportant l'ensemble des variables indépendantes. Cela permet de mettre en exergue l'effet net de chaque variable introduite. Les variables explicatives sont introduites bloc par bloc, et de façon progressive dans le modèle. Ce procédé permet de comprendre comment le pouvoir explicatif de certains blocs s'atténue ou se renforce au fur et à mesure que les autres blocs sont pris en compte. Le pseudo-R2 du modèle est un indicateur du pouvoir prédictif du modèle.

Nous nous basons sur l'évolution du pseudo-R2 pour apprécier le pouvoir explicatif de chaque bloc. Ces blocs sont au nombre de quatre. Le tableau 14 présente les principaux résultats obtenus de l'analyse explicative du mauvais état de santé auto-déclaré selon le sexe, et chez les pauvres au Cameroun.

Tableau 14 : Effets de chacune des variables explicatives sur la probabilité de se déclarer en mauvais état de santé selon le sexe et chez les pauvres au Cameroun (Rapport de chances)

 

Modèle 0

Modèle 1

Modèle 2

Modèle 3

Modèle 4

F

H

F

H

F

H

F

H

F

H

Membre d'une association

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non

1

1

1

1

1

1

1

1

1

1

Oui

1,66

1,58

1,66

1,87

1,38

1,39

1,41

1,41

1,12°

1,23*

Consommation d'alcool

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non

1

1

1

1

1

1

1

1

1

1

Oui

1,19

1,31

1,30

1,38

1,38

1,35

1,36

1,39

1,29

1,33

Age

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15-24 ans

1

1

 

 

1

1

1

1

1

1

25-34 ans

1,12°

1,02°

 

 

1,19°

1,07°

1,22°

1,20

1,28°

1,24°

35-44 ans

1,58

1,66

 

 

1,61

1,73

1,68

1,89

1,84

2,10

45-54 ans

2,37

2,39

 

 

2,67

2,47

2,36

2,65

2,89

3,09

55-64 ans

2,63

2,98

 

 

2,30

3,31

2,31

3,45

3,23

4,34

65 ans & +

5,30

4,35

 

 

4,30

4,69

3,89

4,41

6,05

6,14

Statut matrimonial

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Célibataire

1

1

 

 

1

1

1

1

1

1

Mariée(e)/Union libre

1,05°

1,73

 

 

0,76°

0,59

0,76°

0,63

1,05°

0,68°

Veuf (ve)/Divorcé(e)

2,78

3,67

 

 

1,16°

0,98°

1,21°

1,00°

1,68

1,11°

Parenté avec le chef de ménage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chef de ménage (CM)/Conjoint

1

1

 

 

1

1

1

1

1

1

Fils/Fille du CM/conjoint

0,72

0,47

 

 

1,04°

0,77°

0,99°

0,74°

0,94°

0,72°

Autre parent du CM/conjoint

1,59

0,66

 

 

1,21°

0,82°

1,08°

0,74°

1,05°

0,72°

Aucun lien avec le CM/conjoint

0,98°

0,68

 

 

1,12°

0,57°

1,00°

0,53°

0,94°

0,55°

Statut migratoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non Natif

1

1

 

 

1

1

1

1

1

1

Natif

0,58

0,61

 

 

0,59

0,71

0,59

0,72

0,70

0,81

Situation d'activité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actif occupé

1

1

 

 

 

 

1

1

1

1

Chômeur

1,58

1,30°

 

 

 

 

1,82

1,57°

1,50*

1,38°

Inactif

1,90

1,60

 

 

 

 

1,67

1,95

1,50

1,79

Niveau de scolarisation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Non scolarisé

1

1

 

 

 

 

 

 

1

1

Primaire

1,09°

1,14

 

 

 

 

 

 

1,71

1,48

Secondaire et plus

1,39

1,29

 

 

 

 

 

 

2,59

1,78

Milieu de résidence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Urbain

1

1

 

 

 

 

 

 

1

1

Semi-urbain

0,92°

0,98°

 

 

 

 

 

 

0,95°

1,03

Rural

0,56

0,70

 

 

 

 

 

 

0,70

0,76

R-deux ajusté

//

//

1,0%

1,6%

9,1%

7,3%

9,9%

8,3%

12,6%

9,5%

Source: ECAM3/INS/Cameroun; Note 1: °p>10%; *p<10%; Les autres coefficients significatifs à 5%;

Note 2 : F = Femmes ; H = Hommes

a) Le modèle 0

Ce modèle présente, pour les pauvres, l'effet de chaque variable explicative prise isolément sur le mauvais état de santé auto-déclaré selon le sexe au Cameroun. Indépendamment du sexe, il existe un lien entre chacune de ces variables explicatives et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé par les pauvres au Cameroun.

En effet, indépendamment du sexe, les pauvres appartenant à une association se déclarent plus en mauvais état de santé que ceux qui n'appartiennent à aucune association quelconque.

Aussi, la probabilité de se déclarer en mauvais état de santé chez les pauvres augmente quand on passe du statut de non consommateur d'alcool à celui de consommateur d'alcool, et cela quel que soit le sexe de l'individu.

S'agissant de l'âge, on constate qu'en général et indépendamment du sexe, les pauvres plus âgées se déclarent plus en mauvais état de santé que les pauvres moins âgées au Cameroun.

En ce qui concerne le statut matrimonial, on constate que chez les femmes pauvres ce sont les personnes séparées qui se déclarent les plus en mauvais état de santé. Les individus mariés et les célibataires ayant la même chance de s'auto-déclarer en mauvais état de santé. Quand aux hommes pauvres, c'est toujours les personnes séparées, suivies cette fois-ci des personnes en union qui se déclarent les plus en mauvais état de santé.

S'agissant du lien de parenté avec le chef de ménage, chez les pauvres, on constate que la nature de sa relation avec l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé est tributaire du sexe de l'individu. En effet, chez les femmes la probabilité de s'auto-déclarer en mauvais état de santé augmente quand on passe successivement du statut de Fils ou fille du CM/Conjoint, à celui de Sans lien de parenté, puis CM/Conjoint de et enfin à Autre parent du CM/Conjoint. Par contre, chez les hommes cette probabilité augmente plutôt quand on passe successivement du statut de Fils ou fille du CM/Conjoint, à celui de Autre parent du CM/Conjoint, puis de Sans lien de parenté et enfin de CM/Conjoint.

Aussi, le modèle montre qu'indépendamment du sexe, les pauvres non natifs de leur localité de résidence s'estiment plus en mauvais état de santé que les pauvres natifs.

En ce qui concerne la situation d'activité, on constate qu'indépendamment du sexe, les inactifs pauvres se déclarent les plus en mauvais état de santé par rapport aux actifs pauvres.

Quand au niveau d'éducation, chez les pauvres, le résultat n'est pas fonction du sexe de l'individu. En effet, indépendamment du sexe, la probabilité de s'auto-déclarer en mauvais état de santé augmente avec le niveau d'éducation.

Enfin, on constate qu'indépendamment du sexe, la probabilité de s'auto-déclarer en mauvais état de santé chez les pauvres au Cameroun augmente avec le degré d'urbanisation.

b) Le modèle 1

Le modèle 1 met en relation deux principales variables explicatives (l'appartenance à une association et la consommation d'alcool) avec le mauvais état de santé auto-déclaré des pauvres selon le sexe.

Les résultats du modèle ne confirment pas l'hypothèse selon laquelle les individus n'appartenant pas à au moins une association sont ceux qui se déclarent les plus en mauvais état de santé. En effet, indépendamment du sexe, les pauvres qui appartiennent à au moins une association se déclarent plus en mauvais état de santé (1,66 fois chez les femmes et 1,87 fois chez les hommes) par rapport à ceux qui n'appartiennent pas à une quelconque association. Quant à la consommation d'alcool, ce modèle confirme que, quelque soit le sexe, les pauvres qui consomment l'alcool se déclarent plus en mauvais état de santé (1,30 fois chez les femmes et 1,38 fois chez les hommes) par rapport à ceux qui n'en consomment pas.

c) Le modèle 2

Le modèle 2 prend en compte l'ensemble des variables démographiques, l'appartenance à une association et la consommation d'alcool. Le R-deux passe 1,0% pour le modèle 1 à 9,1% dans le groupe des femmes pauvres d'une part ; et de 1,6% à 7,3% dans le groupe des hommes pauvres d'autre part. On constate ainsi que les variables démographiques ont le pouvoir explicatif le plus élevé car c'est la plus grande différence de R-deux observée entre deux modèles quelconques.

Dans ce modèle, il apparaît qu'en plus des deux variables du modèle 1 où les relations précédemment établies sont maintenues, les variables démographiques introduites déterminent aussi l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez un individu pauvre et cela indépendamment de son sexe.

S'agissant de l'âge, quel que soit le sexe considéré, le modèle confirme que les personnes plus âgées pauvres ont plus de chance de se déclarer en mauvais état de santé que les personnes moins âgées pauvres.

En ce qui concerne le statut matrimonial, les résultats du modèle 2 montrent que chez les femmes pauvres, le statut matrimonial n'est pas discriminant dans l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé. Par contre chez les hommes pauvres, ce sont les mariés qui se déclarent moins en mauvais état de santé. Les célibataires et les divorcés ayant chacun la même chance de se déclarer en mauvais état de santé.

Quant à la relation entre le lien de parenté avec le chef de ménage et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé pour ce qui concerne les pauvres, le modèle ne confirme pas l'existence d'un lien et cela quel que soit le sexe de l'individu.

Enfin, le modèle confirme que, quelque soit le sexe, les natifs pauvres se déclarent moins en mauvais état de santé (0,59 fois chez les femmes et 0,71 fois chez les hommes) par rapport aux non natifs pauvres.

d) Le modèle 3

Le modèle 3 met en relation l'appartenance à une association et la consommation d'alcool, les variables démographiques, la situation d'activité et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé (selon le sexe) chez les pauvres. Le R-deux du modèle 3 par rapport au modèle 2 précédent augmente de 0,8 point et 1,0 point respectivement chez les femmes pauvres et les hommes pauvres.

Le modèle permet de confirmer que la situation d'activité détermine l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez les pauvres et cela quel que soit le sexe. En effet, le modèle confirme que chez les hommes pauvres, les inactifs se déclarent plus en mauvais état de santé que les actifs (occupés ou chômeurs). Toutefois, les actifs occupés et les chômeurs ont la même chance de s'auto-déclarer en mauvais état de santé. Chez les femmes pauvres, ce sont les chômeuses se déclarent les plus en mauvais état de santé (rapport de cote 1,82), ensuite ce sont les personnes inactives (rapport de cote 1,67).

e) Le modèle 4

Ce modèle final met en relation l'ensemble des variables explicatives. Il permet de confirmer que toutes les variables exogènes retenues dans le modèle sont des facteurs explicatifs du mauvais état de santé auto-déclaré chez les pauvres au Cameroun, et cela indépendamment du sexe de l'individu. Le R-deux est passé de 9,9% pour le modèle 3 à 12,6% pour le modèle 4 et 8,3% pour le modèle 3 à 9,5% pour le modèle 4 respectivement chez les femmes et les hommes.

Le modèle permet de confirmer l'ensemble des relations établies dans le modèle 3 à l'exception de celles portant sur l'appartenance à au moins une association et le statut matrimonial.

En effet, après contrôle par les variables socioculturelles (modèle 4), l'appartenance à une association n'est plus un facteur discriminant en matière d'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez les femmes pauvres au Cameroun. Toutefois, le sens de la relation établie entre cette variable et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé est maintenu chez les hommes pauvres.

En ce qui concerne le statut matrimonial, la relation est maintenue chez les femmes pauvres mais elle disparaît chez les hommes. En effet, le modèle ne permet pas d'établir un lien entre le statut matrimonial et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez les hommes pauvres.

S'agissant de la scolarisation, le modèle ne confirme pas l'hypothèse sur le sens de la relation entre le niveau de scolarisation et l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé aussi bien chez les femmes pauvres que chez les hommes pauvres. En effet, indépendamment du sexe, la probabilité de se déclarer en mauvais état de santé pour un pauvre augmente avec le niveau de scolarisation. Les personnes les plus instruites, indépendamment du sexe, se déclarent les plus en mauvais état de santé.

Pour ce qui concerne le milieu de résidence, le modèle confirme que, quelque soit le sexe, les pauvres qui vivent en milieu rural s'estiment moins en mauvais état de santé (0,70 fois chez les femmes et 0,76 fois chez les hommes) par rapport à ceux du milieu urbain. La probabilité de se déclarer en mauvais état de santé augmente avec l'urbanisation de façon générale. On note toutefois que chez les femmes, il n'y a pas d'effet différentiel entre le milieu urbain et semi-urbain dans l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé. Par contre chez les hommes, les personnes vivant en milieu semi-urbain se déclarent plus en mauvais état de santé que ceux qui vivent en milieu urbain.

En somme, au regard des résultats obtenus après ces analyses, nous pouvons affirmer qu'une de nos deux hypothèses ne se confirment pas. En effet, indépendamment du sexe, les facteurs socioculturels ne sont pas les plus importants dans l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez les pauvres au Cameroun. C'est dire donc que cette hypothèse n'est pas vérifiée. D'après les résultats, les facteurs démographiques sont les déterminants les plus importants dans l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez les hommes et les femmes pauvres au Cameroun. Toutefois, quel que soit le sexe et à l'exception des variables démographiques, les déterminants socioculturels priment sur les autres facteurs dans l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez les pauvres au Cameroun.

Cependant, le niveau d'instruction de l'individu est, indépendamment du sexe, le facteur le plus important parmi les variables socioculturelles associées à l'auto-déclaration d'un mauvais état de santé chez les pauvres au Cameroun.

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand