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Etude socioéconomique de la pauvreté chez les communautés vivant dans les zones cacaoyeres

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par Christian René KOFFI
UFHB - Master 1 2015
  

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Chapitre 1 :

Problématique

Section 1 :

Présentation de l'objet de recherche : la pauvreté

§1 : Définition de la pauvreté

La première démarche avant toute investigation concerne la définition de la pauvreté : Qu'est-ce que donc la pauvreté ? Savoir qui est pauvre est une préoccupation légitime pour ceux qui s'intéressent à ce sujet comme pour les gouvernants et organismes internationaux. Pourtant, y répondre exige des choix théoriques. D'après les théoriciens de la question, sa définition varierait entre deux pôles : une vision fondée sur la rareté des ressources et de biens (la misère se traduit par des carences) et une reconnaissance des inégalités fondées sur les rapports sociaux au sein d'une société. Ces deux pôles traduisent trois aspects de la pauvreté : monétaires ou financiers (la pauvreté est l'état d'une personne ou d'une collectivité qui ne dispose pas de ressources suffisantes pour satisfaire ses besoins primaires et vitaux) accessibilité (la pauvreté est une incapacité ou un manque d'accès de l'individu aux biens et services sociaux de base) et sociologique (pauvreté perçue comme un état d'esprit, un sentiment d'insécurité, de précarité, d'exclusion, de frustration, de vulnérabilité et d'impuissance, tout comme aussi de mentalité).

La littérature sur le concept de pauvreté est abondante, diverse et variée, ce qui pose un problème de définition universelle. Selon l'étymologie, le mot « pauvre » vient du latin pauper et du grec pênes (pauvre) et penia (pauvreté), vocables proches de peina (faim) et d'une façon lointaine à ponos (douleur) et poiné (châtiment, peine)2(*). Pour Georg Simmel, sociologue allemand, dans son ouvrage intitulé les pauvres (1908), la pauvreté est non seulement relative mais est aussi construite socialement : ceci nous amène à considérer le caractère relatif du concept de pauvreté. Ainsi est pauvre, celui dont les moyens ne suffisent pas à atteindre ses fins. De fait, chaque milieu, chaque classe sociale a ses besoins typiques ; L'impossibilité de les satisfaire signifie la pauvreté. Par ailleurs, pour Simmel : «C'est à partir de ce moment où ils sont assistés, peut être lorsque leur situation pourrait normalement donner droit à l'assistance, même si elle n'a pas été encore octroyée, qu'ils deviennent partie d'un groupe caractérisé par la pauvreté. Ce groupe ne reste pas unifié l'interaction entre ses membres, mais par l'attitude collective que la société comme totalité adopte à son égard. » A leur tour, B. Armes, W. Brown et S. Devarajan donne une définition de la pauvreté : « elle peut être définie au mieux comme étant une privation inacceptable du bien-être de l'être humain. Une personne peut donc être considérée comme pauvre quand elle ne peut se procurer les biens et services en quantité suffisante pour satisfaire ses besoins matériels fondamentaux.»3(*)

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, la pauvreté est un thème récurrent au sein des organisations internationales de développement.

En effet, selon la Banque Mondiale, est pauvre tout individu dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour.

De son côté, le PNUD, dans son rapport « Vaincre la pauvreté » publié en 2000, présente une définition de la pauvreté à trois échelles : l'«extrême pauvreté», la «pauvreté générale» et la «pauvreté humaine». Ainsi, «une personne vit dans la pauvreté extrême si elle ne dispose pas des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels habituellement définis sur la base de besoins caloriques minimaux. Une personne vit dans la pauvreté générale si elle ne dispose pas des revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels non alimentaires tels l'habillement, l'énergie et le logement et alimentaires ». La « pauvreté humaine », quant à elle, est présentée comme l'absence des capacités humaines de base.

Pour l'UNESCO, la pauvreté est « l'état où se trouve toute personne qui, d'une part, dispose d'un revenu très faible par rapport au reste de la population et qui, d'autre part, reste privée d'un véritable accès aux services de base nécessaires pour vivre (santé, logement, éducation) »;(UNESCO,1997).

Les types de pauvreté abordés par la Banque Mondiale sont centrés sur l'aspect monétaire. Elle distingue pauvreté absolue et pauvreté relative. La pauvreté absolue concerne les personnes dont le niveau de revenu est inférieur à celui nécessaire pour assurer la survie. La pauvreté relative, quant à elle, reflète une conception plus axée sur la répartition des revenus. Elle concerne les personnes situées au plus bas de l'échelle des revenus.

§2 : Typologie de la pauvreté

Il s'agira pour nous, de faire un bref survol des différentes typologies possiblesdepauvreté.

A. La théorie de la pauvreté capacitaire

D'après cette approche, ce qui manque ce n'est pas de l'utilité ou des besoins de base satisfaits, mais certaines capacités humaines vues comme raisonnablement minimales. Sen (1985) relève le sujet de la qualité de vie au-delà de la possession des commodités. Il évoque également l'espace intermédiaire entre celui des ressources ou moyens et celui des accomplissements, à savoir l'espace des libertés. Celui-ci consiste en un ensemble de capacités spécifiques définies en références à des types d'accomplissements appelés « fonctionnements ». Cette notion de « fonctionnement » décrit le type d'effet attendu à partir des capacités.4(*)

* 2 Alberto Wagner De Reyna, `'Progrès et développement'', recueil de textes, Ed l'Harmattan, 1990, p37

* 3 B. Armes, W. Brown et S. Devarajan, « Problèmes macroéconomiques », 2000, in : www. Worldbank.org/poverty

* 4 Sen A., « Commodities and capabilities », Amsterdam: North Holland, 1985 in Annual world bank, Conference on Development Economies, 1995, p.60

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