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Dynamique familiale et gestion de l'environnement en chefferie de Ngweshe. une analyse praxéo-interdiscursive

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par Pierre BAKENGA SHAFALI
Université Officielle de Bukavu - Doctorat en Sociologie 2012
  

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2.5. Economie du développement pour les pays en sous-développement

L'expression « économie du développement » a été utilisée pour la première fois en 1943 par Paul Roseintein-Rodan dans un article de l'Economic journal traitant de l'industrialisation de l'Europe de l'Est et du Sud-Est.

A.W.Lewis définit l'économie du développement comme l'analyse de l'économie des pays les plus pauvres.

Pour Stéphanie Treillet, on ne pourrait s'en tenir à définir l'économie du développement comme se rapportant à une partie du monde ; on se référera donc ici au caractère global et systémique de l'économie de développement, pour la définir comme l'étude des transformations structurelles sur le long terme des sociétés, en même temps que des blocages spécifiques qui entravent ces transformations - ce qu'on appelle sous- développement.65(*)

Cette rubrique sera, ainsi, très complexe parce qu'elle abordera sommairement des notions de sous-développement que sous-tend l'économie du développement, la notion de croissance et de progrès qui impliquent l'amélioration des conditions de vie sur le plan tant quantitatif que qualitatif ou encore le développement.

2.5.1. Notion de développement et croissance

a) Notion de développement

Etant donné que le thème abordé relève d'une dynamique d'un peuple dans ses actions transformatrices, il est bon qu'au terme développement qui sous-tend ces transformations nous donnions une définition qui nous permette d'évaluer les actions menées sur le terrain, leurs impacts tant positifs que négatifs.

Ainsi, nous estimons que le développement est une situation de mieux- être provenant d'un effort ardu, de mécanismes et des actions ayant tenu compte d'une situation antérieure précaire ou jugée insuffisante et qui se sont inscrits dans un cadre participatif communautaire et global et ce, à travers une stricte rationalité.

De cette définition découlent quatre éléments fondamentaux que nous examinerons tour à tour : la situation antérieure, l'effort dans les actions entreprises, l'aspect participatif communautaire et la rationalité.

1°. La situation antérieure 

C'est la situation du moment, analysée et évaluée négativement ou positivement qui éclaire les besoins ressentis, qui incite à des mécanismes nouveaux de transformation, des stratégies et des tactiques de développement. De ce point de vue, toute communauté ne se développe qu'à partir d'un point de départ jugé insignifiant et qu'il faut améliorer. C'est d'ailleurs pour cela que Walter Whitman Rostow, Conseiller des Présidents américains Kennedy et Johnson, estime que toutes les sociétés évoluent en franchissant cinq étapes :

- la société traditionnelle

- la société de transition ou le décollage

- le décollage (Take off)

- la maturité

- la société de consommation.66(*)

C'est la situation présente, antérieure au développement qui incite à de nouvelles transformations.

2°  L'effort

Les actions de développement exigent un effort soutenu et rationnalisé. Le développement n'est pas un état issu de la paresse et de l'immoralité, bien au contraire. C'est à travers la rigueur, des programmes rationnellement conçus et exécutés que les peuples accèdent à des situations améliorées.

3°  L'aspect participatif communautaire

Le développement n'est pas l'affaire d'un individu. Au sein d'une communauté, toutes les forces pensantes et agissantes devraient participer aux initiatives entreprises localement. Ces dernières peuvent provenir de n'importe qui, mais dès lors qu'elles sont jugées valables et rentables, pourquoi n'importerait-il pas que la dynamique soit globalisante ? C'est ainsi que tout ouvrage appartenant à la communauté doit être sous la protection de tous. C'est cette phase d'appropriation communautaire qui fait montre de responsabilité, pérennise les actions et incite à des actions nouvelles beaucoup plus améliorées.

4° La rationalité 

Il n'y aura jamais de développement dans le désordre et l'irrationalité. Le processus du développement exige la prise de conscience, les initiatives, le courage, la discipline, l'ordre et l'autoévaluation permanente. C'est par le fait d'être consciente, de ce principe que la chefferie s'est dotée de cette devise : « l'ordre fait le progrès ».

Nous estimons, enfin, que le développement se réalise par étapes à travers d'énormes difficultés qu'il faut surmonter. Il ne se fait pas avec facilité. C'est processus exigeant de travaux de longue haleine. Ki-Zerbo estime que « le développement n'est pas une course olympique ».67(*)

Ainsi, le terme de développement, selon Mukaba Mputu,68(*) trouve sa signification à travers cinq approches :

1°. L'approche étymologique : développer signifie : ôter l'enveloppe ; déployer ; faire apparaître ou argumenter. Amener à un stade plus avancé.

2°. Approche dite universelle : cette approche signifie tout simplement « recherche de mieux- être ». C'est donc une aspiration universelle puisque tout homme où qu'il soit et qui qu'il soit recherche le mieux-être. Mais une question se pose : qui définit ce mieux-être ? C'est ici que la notion de bien-être devient relative puisque variant selon les sociétés et les cultures.

3°. Approche dite opérationnelle : cette approche est dite également vulgaire, populaire ou pratique. Le terme « développement » contient au niveau de cette approche deux dimensions qui sont : la dimension « croissance » et la dimension « progrès ». La croissance se réfère à l'augmentation du taux de production alors que le progrès reflète le degré d'amélioration de cette même production.

La simple accumulation ne fait pas le développement, comme la simple amélioration n'apporte pas non plus de développement. Mais lorsque la dimension « croissance » s'accompagne de celle du « progrès » pour le même phénomène, on peut alors parler du développement. Ainsi, « développement » égale « croissance » plus « progrès ».

4°. L'approche conceptuelle : toutes les cultures et sociétés reconnaissent, à ce jour, que toute conception du développement ne peut tourner qu'autour de l'homme. L'homme est le seul acteur et bénéficiaire du développement. L'homme est l'alpha (agent, fondement, acteur) l'oméga (bénéficiaire et finalité du développement). Le développement s'adresse à tout homme et tout l'homme, c'est-à-dire l'homme à travers toutes ses spécificités et son intégralité, tenant compte de lui physiquement, moralement et culturellement. Comme dit plus haut, le développement est donc le résultat d'un effort de concertation, de solidarité, de travail et d'unité. C'est un idéal auquel tous les hommes veulent tendre malgré leurs multiples diversités culturelles.

5°. L'approche interventionnelle : elle définit l'effort que les agents et experts doivent fournir pour conduire leur nation au destin du développement. Ainsi, le développement est, conclut l'auteur, un choix de modèle que les sociétés définissent librement et qui leur assure plein épanouissement.

Notre point de convergence, ici, avec cet auteur se situe au fait que le développement est à la fois un effort, un idéal et une dynamique globalisante et rationnalisée.

Ce cheminement de recherche de mieux-être constitue ce que nous appelons « politique de développement » qui doit tenir compte du temps qui englobe stratégie et tactique de développement.

Une tactique de développement est une politique à court terme, elle est annuelle et repartie sur moins d'une année. Elle s'appelle aussi politique conjoncturelle.

Quant à la stratégie de développement, elle est aussi une forme de politique de développement mais qui implique une durée dans l'intervention. Cette durée est à moyen ou long terme. Elle porte aussi le nom de politique de perspective ou de planification. Elle peut être de trois ans ou plus selon qu'elle est dite à moyen terme ou à long terme. Une stratégie de développement utilise une idéologie propre, c'est-à-dire un monde de valeurs, d'idées, de conceptions, de pensées et de réflexions. Cette idéologie recherche à donner un sens à la politique, laquelle doit être soutenue par un système d'organisation. A ce jour, on parle de plus en plus du développement durable qui parait plus déterminant pour les communautés présentes et futures.

Selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement dans le rapport Brundtland[], le développement durable est : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

· le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité ;

· l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir »69(*).

Le concept de développement désigne donc tantôt un état, tantôt un processus, connotés l'un et l'autre par les notions de bien-être, de progrès, de justice sociale, de croissance économique, d'épanouissement personnel, voire d'équilibre écologique.70(*)

b) Notion de croissance 

Selon Madeleine Grawitz, la croissance est un processus cumulatif d'augmentation de la production et du potentiel de la production71(*). Ainsi, considérée, la croissance implique d'importantes ressources (matérielles, humaines, financières) et une production tant qualitative que quantitative. Elle est une phase importante du développement. La croissance est un processus et une conséquence de travail et de gestion rationnels.

* 65S. TREILLET, L'économie du développement, Paris, Nathan, 2002, p. 1.

* 66 P.BAIROCH, Le Tiers-Monde dans l'impasse, Paris, Gallimard, 1971, pp. 233-253.

* 67 J. KI-ZERBO, A quand l'Afrique, Entretien avec René Holenstein, Paris, Edition de l'aube,     2003, p.151.

* 68 O.BOREL, Les trois révolutions du développement, 2ème partie, Paris, éditions ouvrières,     pp. 1239.

* 69 Encyclopédie Wikipédia consultée, le 12.02. 2012.

* 70 G. RIST, Le développement. Histoire d'une croyance occidentale, 2e édition, Paris, Presses     des sciences po, 2001.

* 71 M. GRAWITZ, Lexique des sciences sociales, 8e édition, Paris, Dalloz, 2004, p.101.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius