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La participation politique dans les bidonvilles. Les cas de ?ewton-aéroport et de New-bell Douala.

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par Raouto Crazzilli NANTCHA
Université de Douala - MASTER II- DEA Sociologie  2015
  

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Rédigé et défendu par : NANTCHA Raouto Crazzilli Page 1

LA PARTICIPATION POLITIQUE DANS LES BIDONVILLES : LES CAS DE NEW-TOWN
AEROPORT ET DE NEW-BELL DOUALA

INTRODUCTION

Le bidonville, ce concept apparu en 1936 sous la plume1d'Augustin Berque, renferme en lui une réalité sociale particulière. Ces dernières décennies, il attire de plus en plus l'attention des chercheurs de différentes disciplines que ce soit géographes, anthropologues, politologues, économistes et sociologues. Ceci par le fait qu'il occupe des proportions de plus en plus croissantes dans le phénomène urbain. En effet, selon l'organisation des nations unies, plus de 35% de la population mondiale vivraient dans les bidonvilles. Au Cameroun,2 67% de la population urbaine du Cameroun vit dans les bidonvilles et ceci connaît une croissance annuelle de 5 ,5%. C'est face à cette situation que les chercheurs se sont intéressés à une étude sur les bidonvilles ; allant dans ce sens, une recherche sur la participation politique dans ces zones viendra apporter une plus grande compréhension de ce phénomène.

En effet, une brève incursion dans l'histoire politique du Cameroun3 nous permet de relever un ensemble d'éléments relatifs à son paysage politique et à la participation politique dans le pays en général et dans la ville de Douala en particulier. En effet, avant 1884, n'est pas défini, mais les différents peuples qui évoluent dans son territoire entretiennent de multiples échanges avec l'extérieur. Cependant, le tournant est pris avec « le traité germano-douala » du 12 juillet 1884 signé entre les commerçants allemands et les rois Akwa et Bell. Ce qui donna le droit au consul allemand Gustave Nachtigal de prendre possession de ce territoire au nom de l'empereur allemand Guillaume II. C'est ainsi que le Cameroun devint un protectorat allemand. A partir de là, l'évolution du Cameroun s'est effectuée en quatre étapes. La première fut le protectorat allemand de 1884 à 1916, impliquant que l'Etat protégé conserve les institutions traditionnelles en confiant à l'Etat protecteur le contrôle de sa politique étrangère, sa défense et sa monnaie. La seconde étape est la double administration franco-britannique, dont la première phase fut le condominium (entendu comme une forme spéciale d'administration collégiale d'un territoire par plusieurs puissances étrangères) franco-britannique de 1916 à 1919. Mais avec la fin de la première guerre mondiale en 1919 et la

1 BELAADI Ibrahim, Le bidonville : histoire d'un concept, article

2 www.rédaction-bonabéri.com

3Sindjoun (L.), Election et Politique au Cameroun : Concurrence Déloyale, Coalitions de Stabilité Hégémonique et Politique de l'Affection, Cameroun, African Association of Political Science, 1997, PP.89-121

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création en 1920 de la SDN (société des nations), le Cameroun change de statut et entre dans la deuxième phase qui est celle du régime de mandat international de 1919 à 1945. Ce nouveau statut consistait à confier la gestion de certains territoires à des puissances sous le contrôle de la SDN ; c'est ainsi que les populations avaient le droit d'adresser des pétitions au sujet de leur administration à la commission permanente des mandats. Cependant, avec l'éclatement de la seconde guerre mondiale, le Cameroun change une fois de plus de régime pour être sous celui de tutelle (qui est une solution transitoire destinée à favoriser l'évolution des populations vers la capacité à s'administrer elles-mêmes) qui va de 1945 à 1961. En effet, le 13 décembre 1946, l'ONU (organisation des nations unies) accorde la tutelle du Cameroun à la France et à l'Angleterre pour l'administration de leurs zones respectives selon leur législation, mais sous le contrôle du conseil de tutelle. Cette phase préparant le Cameroun vers l'indépendance se caractérisa par la mise en place de ses premières institutions sous la tutelle française et sous la tutelle britannique. Dans la sphère française, nous avons la création de l'union française en 1946 où les élus camerounais participent dans les institutions de cette union telles que : l'assemblée de l'union française, le conseil de la république, le conseil économique et social. En plus de l'union française furent créées des institutions locales telles que : l'ATCAM (assemblée territoriale du Cameroun) en 1952 ; l'ALCAM (assemblée législative du Cameroun) en 1957, favorisée par « la loi-cadre » de Gaston Deferre de 1956 qui prévoit aussi un conseil de gouvernement dirigé par un premier ministre (dont le tout premier fut André Marie Mbida avec son vice- premier ministre Ahmadou Ahidjo. Après plusieurs tractations, la citoyenneté camerounaise est reconnue sur le plan international, ce qui amène l'ONU à lever la tutelle sur le Cameroun le premier janvier 1960 permettant ainsi au Cameroun d'être indépendant et que soit élu le 05 Mai 1960 Ahmadou Ahidjo le premier président de la république du Cameroun. En ce qui concerne le Cameroun sous tutelle britannique, il est rattaché au Nigeria et est administré par une classe politique divisée en deux groupes : les anti-Nigéria conduits par John NguFoncha qui créa en 1949 le KUNC (Kamerun United National Congres), qui devint en 1955 le KNDP (Kamerun National Democratic Party). Le deuxième groupe est celui des pro-Nigéria avec pour leader le docteur Endeley Emmanuel qui fonda pour sa part le CNF (Cameroun National Federation).Au rang des élections, relevons celles de janvier 1959 remportées par John NguFoncha, partisan de la réunification ; aussi celle des 11 et 12 fevrier 1961 organisées par l'ONU relativement à la position du « northern » et du « southern Cameroon ». C'est ainsi qu'à l'issue de la conférence de Foumban de 1961, la réunification est proclamée, donnant naissance à la

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république fédérale du Cameroun (RFC).Nous notons donc que la vie politique du Cameroun pendant cette période était marquée par le multipartisme (de 1938 à 1966)4, la possibilité d'adresser des pétitions et de prendre part aux élections. En d'autres termes, une possible participation de la population à la vie publique de son pays parmi tant d'autres. Mais cette possibilité bien qu'existante formellement fut verrouillée dans les faits par les autorités en place, ce qui conduit le Cameroun dans le monopartisme (de 1966 à 1990). En effet, après son accession au pouvoir, le président Ahmadou Ahidjo créa l'UNC (union nationale Camerounaise) en septembre 1966, qui resta le seul parti en activité avant d'être remplacé le 24 Mars 1985 par le RDPC. Avec à la tête président Paul Biya. Ce parti demeura aussi le seul parti jusqu'en décembre 1990. Ce fut là le retour au multipartisme comme la résultante d'un ensemble de revendications sociopolitiques. C'est à partir de cet instant que furent légalisés de nombreux partis politiques, qui participèrent même aux élections législatives du 1ER Mars 1992.Elles ne constituent que les premières d'une longue liste d'élections (législatives, municipales et présidentielles) qui furent organisées sur le territoire Camerounais. Cette phase fut également marquée par un ensemble de réformes sur le plan institutionnel : c'est le cas des différentes modifications de la constitution (celle de 1972, celle du 18 janvier 1996 et celle du 14 avril 2008 ; c'est également le cas de la mise en place des organes pour l'organisation et la gestion des élections (l'ONEL remplacé le 29 décembre 2006 par ELECAM). De plus, notons que ces reformes s'étendent à l'aspect technique avec l'informatisation du fichier électoral, des cartes d'électeurs et de l'ensemble des documents électoraux (lors du double scrutin législatif et municipal du 22 Juillet 2007), le tout couronné par l'adoption le 19 Avril 2012 du nouveau code électoral introduisant la biométrie.

Nous notons ainsi que la population renoua concrètement avec une possibilité accentuée de contribuer à la vie politique de leur pays en décembre 1990. Puisque cette possibilité existait même à l'époque du monolithique (exemple des débats à l'intérieur du parti, juste pour relever que la participation politique ne se limite pas au multipartisme). Mais dans la ville de Douala, en dépit de cette mise en branle du processus de démocratisation, cet engouement de la participation à la vie publique du pays s'est éteint peu-à-peu au fil des années, et lors des différentes élections et évènements politiques. Partant alors du fait que la ville de Douala s'est accrue avec l'exode rural et son lot de conséquences telles que les bidonvilles, nous avons donc entrepris d'analyser ce phénomène de la participation politique dans ces milieux parce qu'ils regorgent une part importante de la population de cette ville.

4 Pigeaud (F.), Au Cameroun de Paul Biya, Paris, Edition Karthala, 2011, PP.9-18

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Une telle recherche a ceci d'intéressant que sur le plan pratique, elle nous plonge déjà au coeur de la démocratie dans ces quartiers afin de voir comment elle se porte, s'y manifeste et s'y vit. Egalement sous cet angle, elle pourrait permettre de voir si ou comment dans le cadre de la décentralisation, les communes mettent à contribution les populations de ces quartiers dans le processus de développement communautaire. Sur le plan institutionnel, cette étude pourrait permettre à l'organe en charge des élections de définir des stratégies d'approche de ces milieux pour une augmentation considérable des électeurs ou du nombre d'inscrits sur les listes électorales. Sur le plan social, cette recherche permettrait aux habitants de ces milieux de relever l'importance de leur implication dans la gestion de la chose publique. Aussi, elle permettrait à tout autre citoyen de toucher du doigt le vécu politique dans ces milieux. Sur le plan scientifique, dans le cadre de la pluridisciplinarité, elle a ceci d'intéressant que le regard sociopolitique permettrait de ressortir les formes d'organisation de ces populations relativement à l'accès de ces dernières aux services de base et aux droits, ainsi que les formes d'agitations sociales et politiques s'il y en a et enfin de savoir qui détient le pouvoir dans ces lieux et ce qui conditionne leur implication politique.

Fort de tout ce qui précède, des questions jalonnent notre esprit à savoir les populations dans ces zones participent-elles à la gestion de la cité ? Si oui, sous quelles formes ? Ou avant toutes formes de participations, comment conçoivent-elles la politique et la participation politique ?

Afin d'apporter des réponses à ces questions, nous nous fixons Comme objectif général : appréhender le phénomène de participation politique dans ces milieux. Pour le faire, nous nous proposons de ressortir spécifiquement :1) Ce qu'elles entendent par participation politique 2) Qui détient le pouvoir dans ces quartiers 3) Qui participe et comment 4) Le degré et le pouvoir de participation, les raisons et déterminants de ce degré d'implication politique.

C'est pour atteindre ces objectifs que ce mémoire se déclinera en trois parties :

La première portera sur le cadre théorique et méthodologique, articulée en deux chapitres. Le premier expose la problématique, qui ressort le constat de la recherche, le problème de recherche et la question de recherche ; et de la revue critique de la littérature, qui fait l'économie des travaux relatifs au sujet et clôture par l'opérationnalisation des concepts, après avoir précisé notre originalité. Le deuxième chapitre se consacrera à la méthodologie et plus précisément pour évoquer les champs et les théories mobilisées et clarifier la méthode, la logique, bref la manière dont nous procèderons sur le terrain pour collecter et analyser les données.

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La deuxième partie s'attardera sur l'imaginaire sociale des habitants des bidonvilles et la question de la participation politique, ainsi que les formes et degrés de participation politique dans ces milieux. Subdivisée en deux chapitres, le premier qui est le troisième de notre travail traitera de la représentation que ces habitants ont de la participation politique en général et de la politique en particulier. Le quatrième enfin s'appesantira sur le recensement des formes et le degré d'investissement dans la chose publique dans ces milieux.

Dans La troisième partie, nous toucherons les raisons et les causes de ce faible degré d'implication politique. Ce qui sera la tâche respective du cinquième et du sixième chapitre de notre travail.

Notons d'entrée de jeu que ce travail s'est effectué avec quelques difficultés. Elles sont liées à notre domaine d'étude qui est la politique. C'est pour cela que nous avons eu à affronter la réticence des habitants qui nous considéraient comme des personnes peu fiables. Aussi, l'autre difficulté réside au niveau de l'accès aux données électorales spécifiques à chaque quartier.

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