E. Limites Contexte
Comme nous avons pu le voir plus haut, le fait que l'on soit
passé par l'intermédiaire d'associations pour rentrer en contact
avec les patients a permis de mettre en lumière des individus qui ont
forcément accepté (à des degrés différents)
de prendre part au projet thérapeutique, notamment en ce qui concerne le
groupe des patients de pathologies cardiovasculaires. Ces derniers
étaient d'ailleurs tous de bons observant, bien qu'ils aient
mentionné plusieurs types d'obstacles qui ont pu faire barrage à
la compliance. En effet, ils se rendaient tous deux fois par semaine au club
Coeur et Santé afin de se retrouver et de pouvoir pratiquer des
activités physiques. Dès lors, nous nous sommes
empêché d'atteindre les patients les plus réfractaires
à une bonne observance, c'est-à-dire, ceux qui ne veulent pas se
soigner, qui ne trouvent pas les ressources nécessaires ou pour qui les
obstacles sont trop nombreux dans leur environnement afin de se comporter en
« bon patient ». Or, ces témoignages auraient
été intéressants et nous auraient permis d'avoir des
données plus hétérogènes. Nous l'avons
également mentionné dans une précédente partie, le
contexte de l'entretien était très formel concernant les
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patients du groupe Coeur et Santé, ce qui a pu asseoir
notre position dominante de chercheur dans l'échange et induire une peur
du contrôle médical chez les patients.
Une méthodologie restreinte
Bien entendu, nous n'avons que très peu d'entretiens et
ils ne peuvent en aucun cas être représentatifs d'une population.
Avec cette approche qualitative, nous avons tenté d'avoir des
éléments de réponse, de les saisir au cours d'un discours
ouvert (objectif de l'entretien non directif qui est de permettre un dialogue
relativement libéré). Si la création de nos
catégories sémantiques nous a permis de classer les groupes de
souffles, elle a également pu nous interdire de voir autre chose que les
catégories dans lesquelles nous les avons rangé (jeu de
l'isolation). Aussi, peut-être que nous aurions dû en créer
d'autres (prescriptions non-médicamenteuses ?), ou encore construire des
sous-catégories. Les questions du guide d'entretien, bien qu'elles
soient pour la plupart pertinentes, ont également pu souffrir d'un
manque d'explication et de compréhension de la part d'un public
extérieur à notre recherche.
De plus, une question sur la représentation de l'ETP
aurait pu être ajoutée afin de comprendre les arrière-plans
que renvoie une telle notion à des patients pas toujours
renseignés sur le sujet. Cependant, notre plus gros regret réside
dans l'absence du point de vu des professionnelles de santé. En effet,
ce dernier nous aurait permis d'avoir un point d'ancrage essentiel et de
comparer les arrière-plans du soignant et du soigné. La meilleure
façon de procéder aurait été de nous entretenir
avec leurs médecins et personnels de santé respectifs afin de
vérifier l'exactitude des prescriptions et les deux visions de la prise
en charge de la pathologie concernée. L'approche qualitative qui a
été choisie aurait également eu plus de pertinence si elle
avait été appuyée par une analyse quantitative. En effet,
ses deux méthodes, même si elles ont longtemps été
opposées, peuvent être associées (méthode mixte),
l'objectif étant d'expliquer des données quantitatives en se
servant de celles issues de l'approche qualitative.
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