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Le maintien du francais en contexte d expatriation


par Julie Horel
Universite de Rouen Normandie - Master Sciences du langage 2025
  

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6.1 Le défi du maintien linguistique dans la durée

Si la volonté de maintenir la langue familiale est souvent affirmée dans les premières années d'expatriation, cette motivation tend à s'éroder au fil du temps. Le quotidien, les ajustements liés à la vie à l'étranger, ainsi que les multiples sollicitations extérieures contribuent progressivement à affaiblir la rigueur initialement mise en place au sein du foyer.

Plusieurs témoignages recueillis dans le cadre de cette recherche soulignent ce phénomène : des parents qui, dans un premier temps, avaient instauré des règles claires visant à favoriser l'usage du français à la maison, reconnaissent qu'après quelques années, ces règles sont devenues plus souples, voire ont été partiellement abandonnées. En effet, l'analyse des familles interrogées révèle

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plusieurs tendances significatives dans la relation entre la durée de résidence aux Émirats et les stratégies de maintien du français. Une première observation concerne la difficulté croissante à maintenir une instruction formelle en français à mesure que les années passent. Les familles installées depuis plus de dix ans (Famille 1 et Famille 3) ont, au départ, tenté d'introduire un enseignement formel via le CNED ou des cours en ligne, mais ont progressivement arrêté, souvent faute de temps ou en raison des tensions engendrées par cette exigence. Cette tendance suggère que l'investissement initial dans l'enseignement du français peut s'éroder avec le temps, sous l'effet des contraintes quotidiennes et de l'adaptation progressive au contexte anglophone dominant.

Dans le cadre de nos entretiens, une corrélation intéressante apparaît entre la durée de résidence et la fréquence du mélange des langues. Les familles installées depuis plus de dix ans rapportent un mélange plus important entre le français et l'anglais au sein du foyer, comme l'illustrent les cas de la Famille 1 et de la Famille 3, où les parents observent une tendance marquée à l'alternance codique et une difficulté à maintenir le français comme langue principale au sein du foyer. Ce phénomène peut s'expliquer par le fait que, sur le long terme, les enfants sont exposés à un environnement majoritairement anglophone, d'abord à l'école, dans les interactions sociales et parfois même au sein de la fratrie, ce qui conduit à un renforcement progressif de l'anglais dans leur répertoire linguistique. À l'inverse, les familles résidant depuis une période plus courte, comme la Famille 2, rapportent un contrôle plus strict du langage à la maison, ce qui limite le mélange des langues.

Cette usure de l'engagement linguistique peut également s'expliquer par la fatigue psychologique qu'implique une vigilance constante, notamment lorsqu'elle s'exerce dans un cadre familial où les enjeux affectifs interagissent avec les enjeux éducatifs. À long terme, maintenir une politique linguistique familiale rigoureuse peut générer des tensions, voire un sentiment de fatigue ou de culpabilité chez les parents, qui n'arrivent plus à faire respecter les règles qu'ils avaient définies.

Dans le même sens, une corrélation intéressante apparaît entre la durée de résidence et la fréquence du mélange des langues. Les familles installées depuis plus de dix ans rapportent un mélange plus important entre le français et l'anglais au sein du foyer, comme l'illustrent les cas de la Famille 1 et de la Famille 3, où les parents observent une tendance marquée à l'alternance des langues et une difficulté à maintenir le français comme langue principale. Ce phénomène peut s'expliquer par le fait que, sur le long terme, les enfants sont exposés à un environnement majoritairement anglophone à l'école, dans les interactions sociales et parfois même au sein de la fratrie, ce qui conduit à un renforcement progressif de l'anglais dans leur répertoire linguistique. À l'inverse, les familles résidant depuis une période plus courte, comme la Famille 2, rapportent un contrôle plus strict du langage à la maison, ce qui limite le mélange des langues.

Ainsi, le défi ne réside pas uniquement dans la mise en place initiale d'un environnement propice à la langue familiale, mais surtout dans la capacité à maintenir cet engagement dans la durée, malgré les obstacles, les fluctuations de motivation, et l'évolution naturelle des dynamiques familiales et sociales.

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