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Essai d'etude evaluative des projets de developpement executes par CAJED et leur impact dans la protection de l'enfance en ville de Goma


par Frank Enjili Matata
Institut Supérieur de Développement Rural des Grands-Lacs - Licence 2022
  

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SECTION 2. FAIBLESSES ET CADRE NORMATIF DE LA PROTECTION DE L'ENFANCE

1. LES FAIBLESSES DE LA PROTECTION PAR LES ONG

Les faiblesses liées à la protection de l'enfant par les ONG sont à rechercher dans la nature de leur intervention et dans leur organisation sur le terrain.

a. La nature de l'intervention

L'intervention des organisations non gouvernementales, nationales ou internationales, en faveur de la protection de l'enfant consiste en des actions de caractère social ou des plaidoyers afin que les situations de violation prennent fin.

v Le caractère essentiellement social de l'intervention

Un large volet de l'intervention des ONG est de caractère social et caritatif et consiste en des dons en faveur de l'enfance malheureuse ou en difficulté notamment en conflit avec la loi. Ce volet consiste aussi en la prise en charge des enfants infectés ou affectés par le VIH/SIDA. Mais limitée à ce volet, la protection ne vise là que les effets d'une situation sans en rechercher les causes.A titre, il s'agit notamment :

Ø Des facteurs conjoncturels (facteurs politiques et militaires et leurs impacts d'une part, absence ou mauvais fonctionnement de l'appareil étatique et leurs conséquences d'autre part) : le contexte de crise a créé des conditions favorables ou aggravantes pour la violation des droits de l'enfant ;

Ø Des facteurs structurels c'est-à-dire d'un côté le contexte historique, socio-économique et culturel et de l'autre la faiblesse du cadre normatif interne et de l'engagement de l'Etat dans les instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme.

Tous ces facteurs favorisent les violations faites aux droits de l'enfant, que ce soit le droit à la non-discrimination, le droit à la vie , à l'identité et à la nationalité, le droit à la protection sociale et contre les pires formes de travail et les autres exploitations, les droits aux libertés, le droit à l'éducation, à la santé, tous ces droits qui ont amené les Nations à faire de l'enfant « un sujet de droit...reconnu dans ses capacités » et dont l'« avis est davantage pris en compte à différents niveaux...». (Françoise Martinetti, 2007)

S'attaquer aux effets pour soulager les enfants est vital, mais cibler les racines pour enrayer les causes semble plus apte à engendrer des solutions durables. C'est pourquoi les actions de plaidoyer des ONG sur le terrain sont indispensables mais sont en bute à des difficultés liées au contexte politique.

v Les difficultés du plaidoyer des ONG

Les ONG qui s'investissent dans le plaidoyer ne disposent pas d'un réel moyen de pression supplémentaire en dehors des rapports circonstanciés, périodiques ou des rapports alternatifs devant les organes de garantie du système international ou du système régional. Ces ONG disposent de peu de moyens de contrainte juridique et politique face à des acteurs insensibles et insuffisamment imbus de valeurs de la personne humaine. Or un plaidoyer efficace pour la défense des droits humain suppose la mise en jeu d'actions à intensité graduelle, allant des campagnes de sensibilisation et d'information aux marches et sit-in en passant par les négociations, des communiqués de presse, des déclarations ou toutes autres actions visant à obtenir la cessation des violations des droits humains ou empêcher leur commission.

b. L'organisation des ONG sur le terrain

Les ONG sont inégalement réparties sur le territoire. Elles manquent de coordination entre elles relativement à leurs activités, ce qui là aussi crée des chevauchements à l'instar de la répartition dans les zones couvertes.

v L'inégale couverture du territoire

Les ONG choisissent leurs zones de couverture en fonction de l'intérêt et de l'évaluation de la situation faite par chacune d'elles. C'est ainsi que certaines régions ont pu bénéficier de l'afflux massif d'ONG qui s'y sont installées et opèrent depuis ou même avant le déclenchement de la crise. Avant de s'installer les ONG opèrent des découpages territoriaux et des rattachements de localités. Seules sont bénéficiaires de leurs actions, les localités qui se retrouvent dans les délimitations par elles faites. Ces délimitations ne se soucient pas de la couverture du territoire entier du pays et les critères varient en fonction de leurs domaines d'intervention.

v Le manque de coordination et le chevauchement des activités liées à la protection

Ce manque de coordination existe au niveau du choix des zones de couverture et des activités que mènent ces ONG.

S'agissant du manque de coordination au moment du choix des zones de couverture, chaque ONG ne tient pas compte de l'existence sur place d'autres organisations avant de se décider à couvrir telle ou telle zone. En conséquence, plusieurs ONG intervenant sur le même plan se retrouvent concentrées dans les mêmes régions sans nécessairement que cette concentration soit justifiée par des besoins particulièrement énormes et pressants de protection.

Par ailleurs, les activités relatives à la protection étant multiformes, il y aurait plus d'efficacité dans la couverture des mêmes régions par des organisations intervenant sur des volets différents de sorte que leurs activités soient complémentaires les unes des autres. Or sur le terrain, il est remarqué que ces activités se chevauchent et donnent des résultats qualitativement et quantitativement insuffisants.

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