0.2. PROBLEMATIQUE
Depuis la signature en l'an 2000 de la déclaration sur
les OMD constituant le cadre de référence mondiale pour les
décideurs internationaux et nationaux, on retiendra qu'aujourd'hui que
leur atteinte semblerait être de plus en plus utopiques.
La question relative à la protection des enfants
constitue un des goulots d'étranglement dans le développement des
pays du monde. L'accroissement en nombre des enfants orphelins,
abandonnés, séparés, affectés et/ou infectés
du SIDA, des enfants dans la rue et des enfants délinquants, des enfants
soldats pose de graves problèmes quant à la gestion de leur
situation par les gouvernements que par les organisations de
développement. Pourtant, dans la plupart des cas, il apparait que
l'enfant est plus victime qu'auteur de sa situation alors qu'en
réalité il a besoin d'une protection spéciale et des soins
appropriés(UNICEF, 2005).
A l'issu de la première et de la deuxième guerre
mondiale, il a été constaté que les enfants, d'une
manière particulière, étaient touchés par des
effets négatifs dont ils étaient pourtant victimes. Il y a lieu
de citer parmi ces effets : la perturbation du système
éducatif (suite à la destruction des infrastructures scolaires,
à la séparation des familles, etc.), l'augmentation en nombre des
enfants orphelins et abandonnés, des troubles psychologiques et du
traumatisme chez les enfants ayant assisté au déroulement de la
guerre, etc. C'est dans cette optique, d'ailleurs, que les Etats du monde
avaient reconnu la nécessité d'assurer une protection efficace
aux enfants(UNICEF, 2005)
Des études montrent qu'entre 25 à 50% de tous
les enfants signalent avoir été victimes d'abus physiques graves
et fréquentes. On estime également que 215 millions d'enfants
sont impliqués dans le travail qui est une forme de leur d'exploitation
dont parmi eux 115 millions sont employés dans des travaux dangereux. Ce
chiffre effrayant montre l'ampleur des violations de la protection de l'enfance
dans le monde. Ces violations sont peu reconnues et insuffisamment
signalées, ce qui constitue un obstacle au respect des droits des
enfants. Elles sapent également le développement sain et la
survie des enfants. Ces violations se produisent dans tous les pays, cultures
et groupes socio-économiques(Medrano T., at.al. 2012)
L'histoire du développement des pays de la
sous-région, longtemps caractérisé par
des systèmes politiques fermés nous enseigne que depuis les
années 1960, les différents résultats dans
l'exécution des multiples projets de développement ont
donné des résultats mitigés : les échecs sont
restés nombreux, les succès rares ou incertains malgré les
quantités impressionnantes de ressources financières, et
l'espoir légitime suscité.(Claude
OUATTARA,2003)
Cependant, en Afrique l'enfant est au coeur d'une
pauvreté et d'une insécurité routinière et
persistante. Malgré les affichages symboliques, l'exaltation de l'enfant
comme « richesse commune » masque le sort déplorable
qui lui est réservé dans des sociétés qui bafouent
quotidiennement sa dignité humaine : écoles vétustes
ou inexistantes, hôpitaux mouroirs, logements insalubres, migrations
forcées, violences de toutes sortes, viols et abus sexuels, mutilations
génitales, enrôlement dans les conflits, travail pénible ou
forcé, esclavage, malnutrition, etc. Cette liste non exhaustive pourrait
être utilement complétée par celle des pratiques
culturelles négatives dont certains africanistes les classer dans le
sarcophage des coutumes
africaines.(Jean-Didier BOUKONGOU, 2020)
La victimisation des enfants africainss'inscrit dans des
contextes économiques, socioculturels et politiques.Les agressions
physiques, sexuelles et psychologiques subies par les enfants dans des
situations de paix ou de guerre, dans leur environnement familial ou
communautaire, constituent des obstacles à leur survie et à leur
développement harmonieux. Au vu des images diffusées par les
chaînes internationales de télévision à propos des
enfants mal nourris et malades au Soudan, à l'est du Congo (RDC), en
Somalie, au Niger et ailleurs en Afrique, il peut paraître superflu de
proposer une lecture critique d'une Charte africaine des droits et du
bien-être de l'enfant (CADBE).(Jean-Didier BOUKONGOU,
2020)
En RDC, la crise prolongée liée aux conflits
armés cycliques qui affectent le pays il y a plus de deux
décennies a entraîné des conséquences
néfastes sur les enfants. Ces derniers sont victimes d'enrôlement,
des violences sexuelles, de séparation volontaire avec leur famille et
autres abus. Les agences humanitaires et de protection de l'enfant s'activent
chaque jour pour apporter des réponses aux problèmes auxquels ils
sont confrontés.(CAJED, 2019)
En province du Nord-Kivu, les enfants sortis des forces et
groupes arméssont exposés au risque d'enrôlement et
ré-enrôlement suite à l'activisme des groupes armés
étrangers et ses factions d'une part et d'autre part des groupes
armés nationaux. De même, des opérations militaires de
l'armée nationale FARDC visant la traque de ces groupes armés,
ont des effets néfastes sur les enfants qui s'y trouvent. En effet,
certains enfants réussissent à s'échapper et se rendent
à la MONUSCO. Le territoire de Nyiragongo quant à lui reste le
bastion du cycle des violences non structurées par des meurtres,
enlèvements, viol, kidnappings, ... et un foyer de recrutement des
enfants dans des groupes armés.(CAJED, 2019)
Ainsi, la ville de Goma demeure jusqu'à présent
un carrefour où tous les présumés enfants associés
aux forces et aux groupes armés qui réussissent à
s'échapper et qui atteignent n'importe quels sites de la MONUSCO sont
ramenés presque chaque jour pour vérification, certification et
prise en charge en structures d'encadrement transitoire (Centre de Transit et
d'Orientation et Familles d'accueil transitoires). Il convient de signaler que
tous les enfants vérifiés ne sont pas EAFGA, certains parmi eux
sont certifiés ENA ou enfants séparés. La plupart de ces
enfants sont issus des familles déplacées dont le coût de
la vie dans le camp est intenable. Par ailleurs d'autres enfants
affectés par les conflits fuient la misère de leurs familles et
viennent chercher le travail dans les ménages à Goma. Ces enfants
se trouvent exploiter.
Les enfants ayant connu des situations difficiles dans leur
développement méritent d'être soutenus
précisément par les organisations qui ont une vision de
protection et d'encadrement afin de les apprendre la maturité, pour
qu'ils soient responsables et se sentent concernés de leurs situations
et qu'ils sachent prendre une décision rationnelle pour leur futur.
Ainsi, les organisations de protection des enfants ont le devoir de
préparer pour eux de bons sentiers pour que leur futur ne soit
épineux ni une montagne formée des roches.
On reconnaît volontiers qu'un projet de
développement est un ensemble d'actions limitées dans l'espace et
dans le temps. Mais la vraie mesure de sa réussite réside dans
les changements durables et autonomes qui continueront de se produire
auprès des populations cibles et de l'ensemble de la communauté
après que l'aide et les acteurs extérieurs ne soient
retirés. Bref, l'appropriation de changement effectué.
Cette appropriation devrait se traduire par une dynamique durable
d'auto-animation, de réflexion et d'analyse des problèmes
vécus et de prise en charge des risques d'échec ou de
réussite des actions du développement par les acteurs du milieu
bénéficiaire.(HAMIDOU B., 1992)Mais que
constate-t-on dans la réalité ?
A la lumière de ce qui précède, il y a
lieu de se poser les questions suivantes :
§ Question principale :
Comment les projets de développement
exécutés par CAJED contribuent à la protection de
l'enfance en ville de Goma ?
§ Questions spécifiques :
F Quels sont les problèmes auxquels se
heurtel'ONGD-CAJED dans l'exécution de ses projets ?
F Quel est l'impact des actions de l'ONGD-CAJED dans la
protection de l'enfance?
F Quelles sont les stratégies à envisager pour
que lesprojets de CAJED continuent à contribuer à la protection
de l'Enfance ?
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