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Les défis d'encadrement des petits producteurs du café dans le groupement de Lugendo en territoire de Kabare au sud-Kivu


par James BIBENTYO KAMUNGU
Institut supérieur de Développement Rural ISDR/Bukavu - Master 2023
  

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2. PROBLEMATIQUE

Le café constitue la deuxième boisson la plus populaire dans le monde après l'eau ; on estime que 1/3 de la population mondiale boit du café et représente le deuxième produit d'exportation des pays en développement, juste après le pétrole et vient avant le sucre, le coton, le cuivre ou encore le fer sur la liste des produits d'exportation.

Le café est plus qu'une boisson simple, il est le moteur économique des nombreux pays. La production africaine représente ¼ du café mondial. Selon l'organisation internationale du café OIC ; 125 millions de personnes dans le monde vivent de la culture du café. Le marché mondial du café est estimé à plus de 100 milliards de dollars américains par an, avec une consommation annuelle de près de 500 milliards des tasses de café.

Le café est produit dans cinquante pays dans le monde, par environ 100 millions des petits producteurs. L'Afrique, L'Amérique latine (Brésil, Colombie) et l'Asie (Vietnam) ; sont les principaux producteurs au niveau mondial. Les exportations mondiales de café vert en grains en 2024 ont totalisé 10 ,77 millions des sacs contre 9,34 millions des sacs au même mois de l'année précédente soit une hausse de 15, 3% c'est ce que indique l'organisation internationale du café dans son récent rapport de mai 2024 sur le marché du café. Le continent Africain est connu pour être le berceau du café ; il compte le plus grand nombre des pays producteurs de café et produit les meilleurs cafés au monde.

Les exportations de toutes les formes des café en provenance d'Afrique ont augmentés de 32,1% pour atteindre 1, 3 millions de sacs. La Côte d'Ivoire et l'Éthiopie ont été les moteurs de la croissance de la région en avril 2024, leurs exportations ayant augmenté respectivement de 202,5 % et 103,6 %, pour atteindre 0,15 million de sacs et 0,57 million de sacs, contre 0,05 million de sacs et 0,28 million de sacs en avril 2023(10)

Bien que l'Afrique soit le berceau du café elle exporte 2/3 de sa production sous forme de matières première et importe 1/3 sous forme de produits fabriqués (café solubles, café moulu). L'organisation interafricaine du café OIAC cité par l'OIC indique les petits producteurs africains ne reçoivent que moins de 5% de la valeur totale des ventes. En R.D.C ; le café représente actuellement le principal produit agricole d'exportation ; on estime que les plantations villageoises fournissent 70 % de la production totale. (11)

La caféiculture en RDC représente environ 61% des exportations contribuant largement à l'économie du pays. Alors que depuis plus d'une décennie la demande mondiale pour le café augmente de 2 % par an, l'offre mondiale à tendance à stagner. Ce décalage croissant entre l'offre et la demande explique une certaine pression à la hausse des cours mondiaux du café.(12).

Ce contexte est une opportunité unique de pouvoir générer de la richesse en zone rurale grâce à cette culture d'exportation, et permettre ainsi à des milliers des paysans congolais de sortir de manière durable de la pauvreté. (13)

Malgré cela, la production du café en RDC fait face à des sérieuses difficultés, les agriculteurs dépendent d'intermédiaires qui vendent leur café sans offrir des services en retour. Beaucoup des caféiculteurs sont exploités par ces intermédiaires qui offrent des crédits pour la récolte de café la plus récente à des tarifs extrêmement bas. Comme résultat, les agriculteurs du café sont en train de se battre pour survivre. Cette situation est presque la même dans toutes les provinces productrices du café en RDC parmi lesquelles le Sud-Kivu.

La province du Sud-Kivu à l'Est du pays étant une des grands producteurs du café en RDC ; la production du café au Sud-Kivu était estimé à 3milles tonnes de café en 2016, contre 7milles tonnes en 2022 et contre 10 milles tonnes de café produit en 2023 (ONAPAC/ Secteur de Bukavu 2022).

Le groupement de LUGENDO en territoire de Kabare , n'échappe pas à cette réalité ;Cette augmentation considérable de la production au cours du temps, est loin de satisfaire aux multiples besoins des petits producteurs du café qui sont confrontés à des multiples défis en plus de vendre leurs produits à un prix dérisoire , une situation qui contraint plusieurs caféiculteurs d'abandonner la filière pour d'autre secteur de la vie , pourtant ,elle constitue désormais la principale source de revenu ,depuis que la maladie du wilt bactérien a ravagée la quasi-totalité des bananeraies les quelles constituait jadis le moteur économique de la plupart des paysans  du groupement de Lugendo .

Les paysans producteurs du café de lugendo sont restés dans des conditions de vie déplorables malgré les multiples années qu'ils ont passés à exploiter leurs champs de caféiers. Certaines plantations des paysans ont vieillis ; avec des caféiers qui remontent à plus de 25 ans, les techniques culturales sont restées traditionnelles, avec une insuffisance d'outils oratoires et d'autres intrants agricoles nécessaires à la culture ; les maladies et ravageurs des caféiers ont pris place, ainsi que le manque des produits phytosanitaires sont autant de défis auxquels se trouvent confronté les caféiculteurs du groupement de Lugendo depuis plusieurs décennies.

Les petits producteurs n'étant pas directement connectés à un marché qui pourrait leur garantir la vente de leur café à un prix rémunérateur, ces derniers se retrouvent obligés de vendre leurs produits à des négociants ambulants dont certains en provenance du Rwanda voisin et il revient à ces dernier de fixer le prix de leurs choix au détriment des caféiculteurs.

Cette situation parait comme un paradoxe au vu de la rentabilité du café sur le marché mondial, mais cela ne parvient pas à générer des revenus significatifs aux petits producteurs se trouvant aux premiers niveaux de la chaine des valeurs du café; ces derniers se retrouvent comme abandonnés à leur propre sort.

Ceci ne permet donc pas aux petits producteurs d'améliorer leurs conditions de vie pourtant ils devraient jouir véritablement du gain tiré de ce que l'on qualifie de `'diamant vert' 'dont il est le principal producteur.

Face à cette situation nous tenterons de répondre aux questions ci-dessous que propose notre thématique tout au long de notre recherche pour à fin proposer des pistes de solution pour relever les défis liés à l'encadrement des caféiculteurs du groupement de Lugendo dans le territoire de Kabare.

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