2.
PROBLEMATIQUE
Le café constitue la deuxième boisson la plus
populaire dans le monde après l'eau ; on estime que 1/3 de la
population mondiale boit du café et représente le deuxième
produit d'exportation des pays en développement, juste après le
pétrole et vient avant le sucre, le coton, le cuivre ou encore le fer
sur la liste des produits d'exportation.
Le café est plus qu'une boisson simple, il est le
moteur économique des nombreux pays.
La production africaine représente ¼ du
café mondial. Selon l'organisation internationale du café
OIC ; 125 millions de personnes dans le monde vivent de la culture du
café. Le marché mondial du café est estimé à
plus de 100 milliards de dollars américains par an, avec une
consommation annuelle de près de 500 milliards des tasses de
café.
Le café est produit dans cinquante pays dans le monde,
par environ 100 millions des petits producteurs. L'Afrique, L'Amérique
latine (Brésil, Colombie) et l'Asie (Vietnam) ; sont les
principaux producteurs au niveau mondial. Les exportations mondiales de
café vert en grains en 2024 ont totalisé 10 ,77 millions des
sacs contre 9,34 millions des sacs au même mois de l'année
précédente soit une hausse de 15, 3% c'est ce que
indique l'organisation internationale du café dans son récent
rapport de mai 2024 sur le marché du café. Le continent
Africain est connu pour être le berceau du café ; il compte
le plus grand nombre des pays producteurs de café et produit les
meilleurs cafés au monde.
Les exportations de toutes les formes des café en
provenance d'Afrique ont augmentés de 32,1% pour atteindre 1, 3
millions de sacs. La Côte d'Ivoire et l'Éthiopie ont
été les moteurs de la croissance de la région en avril
2024, leurs exportations ayant augmenté respectivement de 202,5 % et
103,6 %, pour atteindre 0,15 million de sacs et 0,57 million de sacs, contre
0,05 million de sacs et 0,28 million de sacs en avril 2023(10)
Bien que l'Afrique soit le berceau du café elle exporte
2/3 de sa production sous forme de matières première et importe
1/3 sous forme de produits fabriqués (café solubles, café
moulu). L'organisation interafricaine du café OIAC cité par l'OIC
indique les petits producteurs africains ne reçoivent que moins de 5% de
la valeur totale des ventes. En R.D.C ; le café
représente actuellement le principal produit agricole
d'exportation ; on estime que les plantations villageoises fournissent 70
% de la production totale. (11)
La caféiculture en RDC représente environ 61%
des exportations contribuant largement à l'économie du pays.
Alors que depuis plus d'une décennie la demande mondiale pour le
café augmente de 2 % par an, l'offre mondiale à tendance
à stagner. Ce décalage croissant entre l'offre et la demande
explique une certaine pression à la hausse des cours mondiaux du
café.(12).
Ce contexte est une opportunité unique de pouvoir
générer de la richesse en zone rurale grâce à cette
culture d'exportation, et permettre ainsi à des milliers des paysans
congolais de sortir de manière durable de la pauvreté. (13)
Malgré cela, la production du café en RDC
fait face à des sérieuses difficultés, les agriculteurs
dépendent d'intermédiaires qui vendent leur café sans
offrir des services en retour. Beaucoup des caféiculteurs sont
exploités par ces intermédiaires qui offrent des crédits
pour la récolte de café la plus récente à des
tarifs extrêmement bas. Comme résultat, les agriculteurs du
café sont en train de se battre pour survivre. Cette situation est
presque la même dans toutes les provinces productrices du café en
RDC parmi lesquelles le Sud-Kivu.
La province du Sud-Kivu à l'Est du pays étant
une des grands producteurs du café en RDC ; la production du
café au Sud-Kivu était estimé à 3milles tonnes de
café en 2016, contre 7milles tonnes en 2022 et contre 10 milles tonnes
de café produit en 2023 (ONAPAC/ Secteur de Bukavu
2022).
Le groupement de LUGENDO en territoire de Kabare ,
n'échappe pas à cette réalité ;Cette
augmentation considérable de la production au cours du temps, est loin
de satisfaire aux multiples besoins des petits producteurs du café qui
sont confrontés à des multiples défis en plus de vendre
leurs produits à un prix dérisoire , une situation qui
contraint plusieurs caféiculteurs d'abandonner la filière pour
d'autre secteur de la vie , pourtant ,elle constitue désormais la
principale source de revenu ,depuis que la maladie du wilt bactérien a
ravagée la quasi-totalité des bananeraies les quelles constituait
jadis le moteur économique de la plupart des paysans du groupement
de Lugendo .
Les paysans producteurs du café de lugendo sont
restés dans des conditions de vie déplorables malgré les
multiples années qu'ils ont passés à exploiter leurs
champs de caféiers. Certaines plantations des paysans ont
vieillis ; avec des caféiers qui remontent à plus de 25 ans,
les techniques culturales sont restées traditionnelles, avec une
insuffisance d'outils oratoires et d'autres intrants agricoles
nécessaires à la culture ; les maladies et ravageurs des
caféiers ont pris place, ainsi que le manque des produits
phytosanitaires sont autant de défis auxquels se trouvent
confronté les caféiculteurs du groupement de Lugendo depuis
plusieurs décennies.
Les petits producteurs n'étant pas directement
connectés à un marché qui pourrait leur garantir la vente
de leur café à un prix rémunérateur, ces derniers
se retrouvent obligés de vendre leurs produits à des
négociants ambulants dont certains en provenance du Rwanda voisin et il
revient à ces dernier de fixer le prix de leurs choix au
détriment des caféiculteurs.
Cette situation parait comme un paradoxe au vu de la
rentabilité du café sur le marché mondial, mais cela ne
parvient pas à générer des revenus significatifs aux
petits producteurs se trouvant aux premiers niveaux de la chaine des
valeurs du café; ces derniers se retrouvent comme abandonnés
à leur propre sort.
Ceci ne permet donc pas aux petits producteurs
d'améliorer leurs conditions de vie pourtant ils devraient jouir
véritablement du gain tiré de ce que l'on qualifie de
`'diamant vert' 'dont il est le principal producteur.
Face à cette situation nous tenterons de
répondre aux questions ci-dessous que propose notre thématique
tout au long de notre recherche pour à fin proposer des pistes de
solution pour relever les défis liés à l'encadrement des
caféiculteurs du groupement de Lugendo dans le territoire de Kabare.
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