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Echos faunistiques et liens sacrés dans nicostratos d'Eric Boisset


par Sarra Halim
Université de Jijel - Master 2 Littérature  2023
  

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ANNEXE

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Éric Boisset parle de Nicostratos
(sur le site Web de l'édition Magnard)

Éric Boisset répond aux questions de Josiane Grinfas, auteur de l'appareil pédagogique de Nicostratos.

« Je ne voyage pas pour trouver l'inspiration, à laquelle je ne crois guère, sans doute parce qu'elle ne m'a jamais visité »

Josiane Grinfas : Que représente la Méditerranée dans votre imaginaire? Faites-vous partie de ces lecteurs émerveillés de L'Odyssée ? Aviez vous déjà voyagé en Grèce ?

Éric Boisset : Le Mare nostrum des anciens Romains est l'endroit du monde où je me sens le mieux. Dans ce « bassin où jouent des enfants aux yeux noirs », je suis tout particulièrement attiré par une pincée de rocs tantôt verdoyants, tantôt rocailleux : les îles grecques ! Tout me plaît là bas. Le souffle lent et profond de la mer ionienne, éternelle insomniaque se retournant sur une litière de coquilles bruissantes, le raffut des pinèdes dévorées par celles que le poète Elytis appelle « les anges de l'été », la chaude suffocation des chèvrefeuilles expirant dans la nuit, l'aurore couleur de framboise et le parfum des citronniers qu'on sent depuis la mer quand on arrive par le ferry du petit matin. Il faudrait des dizaines de pages pour consigner toutes les beautés dont la Grèce fourmille... J'ai lu L'Odyssée dans une très bonne traduction en classe de seconde. Ce long poème me plaît entre autre par ses trouvailles stylistiques. La tradition nous indique qu'Homère était aveugle. Il me semble que la pertinence de certaines images à forte « composante auditive », corrobore cette assertion : «Odysseus, tenant le grand arc, tendit aisément de la main droite le nerf, qui résonna comme le cri de l'hirondelle ». Une corde d'arc qu'on tend et qui rend un cri d'hirondelle : n'est-ce pas génial de justesse ? J'aime aussi les détails prosaïques qui abondent dans L'Odyssée, son côté «manuel de survie à usage des naufragés ». Par exemple, lorsqu'Ulysse, roulé par les vagues de la mer ionienne, échoue sur l'île des Phéaciens à la tombée du jour, nu et diamanté de cristaux de sel, il a la présence d'esprit de se recouvrir de feuilles mortes pour passer la nuit bien au chaud. Au matin, il est réveillé de la plus merveilleuse façon : par Nausicaa et ses jeunes servantes jouant à la balle après avoir lavé leur linge. Ces vierges poussent des cris aigus à la vue du vagabond hirsute qui voile son intimité d'une poignée de feuilles. Après l'avoir observé plus attentivement, elles décident de le ramener à la maison... Dans un registre plus sanguinolent, mais toujours très technique Ð et même prophylactique Ð, Ulysse, de retour au château, prend soin de « purifier avec du feu et du soufre » le salon où il a

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