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Echos faunistiques et liens sacrés dans nicostratos d'Eric Boisset


par Sarra Halim
Université de Jijel - Master 2 Littérature  2023
  

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ANNEXE

JG : Qu'est-ce qui caractérise l'amitié entre l'homme et l'animal, et, plus particulièrement, l'amitié entre un enfant - ou un adolescent - et un animal, selon vous ?

ÉB : « La terre a une peau et cette peau a des maladies ; une de ces maladies s'appelle l'homme. » Cette citation de Friedrich Nietzsche claque comme un coup d'aile de pélican. Hélas, elle est toujours d'actualité. L'homme est le super-prédateur de notre planète agonisante. Il a pour victime de prédilection l'animal, qui représente l'état de nature virginale. Quand un enfant noue une relation avec une bête, il entre en contact avec la part sauvage et pure de lui même. Un spectateur me disait ceci à la sortie du film : « Le pélican est très peu expressif et c'est justement pour cela qu'il est bien choisi : le père de Yannis est-il plus expressif envers son fils que ne l'est Nicostratos ? Et, au travers de cet animal inexpressif au possible, n'est-ce pas aussi l'image de son père que Yannis apprivoise ? Qui plus est, Yannis accorde à ce jeune animal l'attention qu'il aimerait recevoir de la part de son père, ce qui lui donne l'impression de réussir à où ce dernier a échoué. » Très pertinent ! J'avoue que je n'y avais pas pensé en écrivant le roman. Je crois que les animaux nous renvoient à la meilleure part de nous-mêmes.

JG : Que signifie le choix d'écrire des romans pour la jeunesse ? Est-ce une partie de vous-même que vous continuez de vivre à travers la fiction ?

ÉB : Cette distinction entre roman destiné à la jeunesse et roman pour adultes m'a toujours paru un peu artificielle. Je ne songe jamais à mes lecteurs quand j'écris. J'essaie simplement d'agencer mes phrases aussi harmonieusement que possible. Comme la clarté n'est pas ma langue maternelle, il me faut déployer des trésors de patience et d'astuce pour parvenir mes fins. Et c'est précisément ce qui me plaît dans l'écriture : parvenir à mettre de l'ordre dans le chaos de la pensée. Qu'on ne se méprenne pas : je ne suis pas un vieil enfant emmailloté d'oripeaux adultes. Rien n'est plus pathétique à mes yeux qu'une grande personne affligée du complexe de Peter Pan ! Mais nul ne peut échapper à sa part d'enfance. Un adulte chimiquement pur, ça n'existe pas. Comment pourrait-on vivre amputé de ce qui nous a construits ?

JG : Vous êtes co-scénariste du film Nicostratos le pélican d'Olivier Horlait. Qu'avez-vous découvert du cinéma ? Pour vous, qu'est-ce qu'une bonne adaptation cinématographique de roman ?

ÉB : Je connaissais le travail d'Olivier et mon postulat a été le suivant : cinématographiquement, il sait et j'ignore. Pour le reste, on discute. Adapter un roman, c'est rendre cinématographique ce qui est littéraire. Nous avons dû entièrement

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