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Evaluation des impacts socioéconomiques et durabilité des pratiques agroécologiques dans la grappe de Dan Saga (Aguié)


par Abdoulaye Djigo Tanko
Université Dan Dicko Dan Koulodo de Maradi - Master 2 2023
  

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3.1.4.3.3. Pratique de la régénération naturelle assistée ou RNA

La régénération naturelle assistée est l'une des plus importantes pratiques agroécologiques. Elle est pratiquée par 100% des producteurs échantillonnée et est pratiquée selon plusieurs fréquence. La figure 8 nous donne la proportion des fréquences de pratiques de la RNA sur l'ensemble des producteurs enquêtés. Il est à noter que 49,50% producteurs font la RNA de façon fréquent (qui signifie Bazara dans ce cadre) contre 0,5% qui le font rarement en fonction du besoin ressenti dans leur champs (Figure 8).

48%

Fréquent ( Bazara) Rarement Souvent Toujours

2%

0,50%

49,50%

Figure 8 : Fréquence de la pratique de la RNA dans la grappe. - Espèces utilisées dans la RNA en fonction des villages

Plusieurs espèces forestières sont rencontrées dans la grappe de Dan Saga. Parmi ces espèces, les plus évoquées sont : 83,8% de Sabara (Guiera senegalensis), 73,8% de Kalgo (Piliostigma reticulatum), 34,9% de Adoua (Balanites aegyptiaca), 37% de Gao (Faidherbia albida) et 31,5% de Magaria (Ziziphus mauritiana) (tableau 15, photo 4 & 5). Le nombre de pieds d'arbre est en moyenne de 317,06 #177; 3 187 pieds dans tous les villages enquêtés. Il est a noter que le nombre moyen des espèces forestières dans les champs est plus élevée Dogaraoua (2 417 #177; 11,74 pieds d'arbres/ha) et plus faible dans le village de Kokai (33,89 #177; 38,45 pieds d'arbres/ha). La présence de ces arbres dans les champs accentue la fertilisation et la protection des cultures.

L'analyse du tableau 15 ressort les proportions (%) des espèces utilisées dans la RNA en fonction des villages. Ainsi, le test de statistique de khi deux au seuil de 5% traduit qu'il n'ya pas une différence entre les villages concernant les variables (Guiera senegalensis, Faidherbia albida, Annona senegalensis, Azadirachta indica et Prosopis africana). Cependant, pour les variables (Piliostigma reticulatum, Balanites aegyptiaca, Ziziphus mauritiana et Cassia singuena), le test de khi deux traduit qu'il y a une différence significative entre les villages.

34

Tableau 15 : Espèces utilisées dans la RNA en fonction des villages (%)

Villages

Espèces utilisées

DS

DA

GB

HI

KK

MA

Moy.

X2

Sign.

Guiera senegalensis J.F.Gmel.

72,6

84

73,1

84,6

88,9

100

83,8

11,2

*

Piliostigma reticulatum (DC.) Hochst.

65,8

84

61,5

84,6

77,8

69,6

73,8

7,1

ns

Balanites aegyptiaca Delile

45,2

36

34,6

34,6

33,3

26,1

34,9

3,5

ns

Faidherbia albida A. Chev.

31,5

52

50

42,3

33,3

13

37

11,4

*

Annona senegalensis Pers.

43,8

44

15,4

46,2

25,9

13

31,3

15,1

*

Ziziphus mauritiana Lam.

45,20

24

26,9

34,6

37

21,7

31,5

7,2

ns

Cassia singuena Guill.

37

20

19,2

34,6

11,1

39,1

26,8

10,1

ns

Azadirachta indica A.Juss

39,70

20

19,2

73,1

7,4

21,7

30,1

34,0

**

Prosopis africana Guill.

34,20

16

19,2

30,8

3,7

34,8

23,1

12,8

*

* = p < 0,05 ** = p << 0,05 ns = non significatif

Légende : DS : Dan Saga, DA : Dogaraoua, GB : Guidan Bakoye, HI : Hardo Illia, KK : Kokai, MA : Mallamawa, X2 : Test de Khi X2, Sign. : Signification.

Photo 4 : Illustration de la pratique de la RNA sur l'espèce Piliostigma reticulatum dans la grappe de Dan Saga.

35

Photo 5 : Illustration de la pratique de la RNA sur un jeune plant de l'espèce Guiera senegalensis dans la grappe de Dan Saga.

- Etat des lieux de la pratique de la Régénération Naturelle Assistée (RNA)

Il découle de cette étude que la superficie moyenne touchée par la RNA est de 3,3 #177; 3,15 ha. La nombre de pratiquant de la RNA varie selon le village est en moyenne de 301 #177; 761 personnes dans la grappe. A l'échelle des villages, on remarque Dan Saga regorge le plus grand nombre de pratiquants de la RNA (668 #177; 11,5 personnes) contre le village de Kokai qui regorge le plus petit nombre de pratiquants (45 #177; 94,7 personnes). En ce qui concerne le pourcentage - théorique de rendement augmenter grâce à la RNA qui est en moyenne de 25,47%, on note que le village de Guidan Bakoye a la plus grande moyenne avec 35,38% et le village de Kokai, le plus petit pourcentage qui est de 22,56%. Et enfin, pour le pourcentage des revenus du ménage (23,84% en moyenne), le tableau 16, nous montre une prédominance de 31,09% en moyenne dans le village de Mallamawa et le village de Dan Saga a la plus petite moyenne (21,07%).

Le tableau 16 montre les proportions de la RNA en fonction des villages d'étude. En effet, Pour ce qui est du nombre de pratiquant et leur superficies emblavées sur la pratique de la RNA, le test statistique ANOVA montre qu'il n'y pas une différence significative entre les villages e pour ces deux variables. Mais, le test statistique de Khi deux, montre une différence significative uniquement entre les villages concernant la variable (% des revenus du ménage).

36

Tableau 16 : Proportions de la RNA en fonction des villages du grappe

Villages

Pratique de la RNA

Superficie
touchée (ha)

Nbre de
Pratiquants

% rendement
de la

production

% des revenus
du ménage

DS

3,7 #177; 3,21

668 #177; 11,5

23,03

21,07

DA

2,4 #177; 1,30

132,8 #177; 257,3

26,4

26,76

GB

3,7 #177; 5

105,6 #177; 173

35,38

24,81

HI

4,7 #177; 2,4

61 #177; 31,6

22,81

23,81

KK

2 #177; 1,49

45 #177; 94,7

22,56

21,52

MA

2,6 #177; 3,1

116 #177; 213,4

27,43

31,09

Moy. G

3,3 #177; 3,15

301 #177; 761

25,47

23,84

Test Khi deux

 
 

X2 : 250,08 Sign. : ns

X2 : 183,50 Sign. : **

Test ANOVA

F = 2,931
P = 0,014

F = 6,064 P = 0

 
 

** = p << 0,05 ns = non significatif

Légende : DS : Dan Saga, DA : Dogaraoua, GB : Guidan Bakoye, HI : Hardo Illia, KK : Kokai, MA : Mallamawa, F : Statistique de F, P : p-Value.

- Principales contraintes liées à la pratique de la RNA

Dans la grappe de Dan Saga, la régénération naturelle assistée fait face à d'énormes obstacles dont entre autres : La coupe frauduleuse du bois (57,23%). Cette pratique est l'une des contraintes majeures qui provoque l'abandon de la protection des jeunes arbres dans les champs. Ensuite, L'émondage (35,23%) qui est plus pratiqué par les éleveurs transhumants (photo 4b). L'espèce la plus émondée est Faidherbia albida où les branches sont complètement coupées. Ensuite 6,95% de la mauvaise pratique, 6,42% de tradipraticien (photo 4a), et enfin 4,98% des dégâts des animaux autochtone.

a

b

37

Photo 6 : (a) prélèvement frauduleuse d'écorces de Pterocarpus erinaceus (Madobiya) par les tradipraticiens dans le village de Mallamawa - (b) coupes frauduleuses de bois de Faidherbia albida par les éleveurs transhumants.

3.1.4.3.4. Champs Ecole Paysan ou Champs de diversité (CEP ou CD)

Les villages de la grappe ayant bénéficier du CEP ou CD sont : Dan Saga, Mallamawa, et Guidan Bakoye (photo 5). Il ressort de cet échantillonnage détaillé au tableau 17, 34,1% des répondants sont des bénéficiaires directs des CEP faite par PPILDA et 24,5% sont des bénéficiaires indirects (membres de la famille du bénéficiaire direct).

Le tableau 17 montre Impacts du Champs Ecole Paysan ou Champs de diversité (CEP ou CD) en fonction des villages d'étude. En effet, Pour ce qui est des variables comme Année de CEP après le départ du projet, Formateurs issus de l'intervention du projet et Jeunes producteurs formés chaque année, le test statistique ANOVA montre qu'il n'y pas une différence significative entre les villages pour ces trois variables. Mais, le test statistique ANOVA, montre une différence significative entre les villages concernant les variables (OP formés et % d'augmentation de rendement grâce CEP).

38

Tableau 17 : Impacts du Champs Ecole Paysan ou Champs de diversité (CEP ou CD) en foction des villages

Villages

Impacts

Dan Saga

Guidan Bakoye

Mallamawa

Moy.

ANOVA

Durée après le projet (ans)

11

8

8

9

F = 6,46 P = 0,003

OP formés

3

3

1

2

F = 1,30 P = 0,27

Nbre. Formateurs sortant du CEP

9

7

4

7

F = 13,28 P = 0

Nbre. Jeunes formés par an

4

1

0

2

F = 7,74 P = 0,001

% d'augmentation de rendement

33

42

32

35,67

F = 1,12 P = 0,33

Légende : DS : Dan Saga, DA : Dogaraoua, GB : Guidan Bakoye, HI : Hardo Illia, KK : Kokai, MA : Mallamawa, F : Statistique de F, P : p-Value.

a

b

Photo 7 : (a) Outils de gestion de cotisation des membres - (b) dispositif de mise en place des parcelles de CEP ou CD dans le village de Dan Saga.

3.1.4.3.5. Appui Conseil Agropastorale (ACAP)

Les villages de la grappe ayant bénéficié de l'ACAP sont : Dan Saga, Hardo Illia et Mallamawa. Lors des activités du PPILDA, Chaque bénéficiaire avait eu en moyenne 10 kg de mil et 5kg de semences de niébé (HKP pour le mil et IT 90K 372-1-2 pour le niébé) et 1 sac d'engrais. La quantité de la récolte est en moyenne 707,7 #177; 1810 kg par bénéficiaire. Il est également à rappeler qu'en moyenne 30,3% des enquêtés affirme que la variété de mil reçues est toujours disponible et la cultive chaque année.

La récolte est destinée : à la consommation familiale (66,57%), la vente (57,03%), à faire des dons entre famille ou communauté (31,17%) et enfin a la conservation comme semence pour la prochaine saison (18,20%). L'autoconsommation et don familiale sont plus élevée à Hardo Illia avec comme moyenne respectivement de 80,80% et 42,30%. En revanche, ils sont faibles à Dan

39

Saga (respectivement de 49,3% et 16,4%). En ce qui concerne la vente, le village de Mallamawa a le plus élevé des moyennes (69,60%) contre 43,80% à Dan Saga. En fin pour la conservation comme semence pour la prochaine saison, elle est plus dominante à Mallamawa (26,10%) et plus faible à Hardo Illia (3,80%). L'analyse du tableau 18 ressort les proportions (%) des espèces utilisées dans la RNA en fonction des villages. Ainsi, le test de statistique de khi deux au seuil de 5% traduit qu'il n'y a pas une différence entre les villages concernant toutes les variables.

Tableau 18 : Proportion (%) de devenir des récoltes issues de l'ACAP en fonction des villages

Villages

Devenir récolte

Dan Saga

Hardo Illia

Mallamawa

Moy.

X2

Sign.

Autoconsommation

49,30

80,80

69,60

66,57

82,84

**

Vente

43,80

57,70

69,60

57,03

64,72

**

Dons

16,40

42,30

34,80

31,17

35,15

**

Conservation comme semence

24,70

3,80

26,10

18,20

26,67

**

** = p < 0,05

3.1.4.3.6. Impacts socioéconomiques des pratiques agroécologiques

Les pratiques agroécologiques mise en oeuvre ont permis de répondre à une situation de crise de fertilité de l'écosystème et de rendements agricoles très faibles à hauteurs de 56%. Ces pratiques ont permis également une diminution des coûts de production (56,65%) du fait de la réduction et/ou la substitution d'intrants externes par la valorisation des produits locaux (graines de neem, piments, fumure organique, compost). Sur le plan de la création d'emploi, elles représentent de potentielles opportunités d'emplois productifs et rémunérateurs à hauteur de 64%. Sur le plan de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la diversification des productions (légumineuses, produits animaux, fruits et légumes), contribue à une alimentation plus saine et plus équilibrée de la population de la grappe de dan saga (50%). Sur le plan de la santé, l'usage de biopesticides (44%) et de la biodiversité agricole favorisent la régulation naturelle des ravageurs, tout en réduisant de façon significative les effets néfastes dû à l'utilisation des engrais chimique sur la santé humaines et animales. Et enfin sur le plan de l'autonomisation des femmes, la mise en avant des valeurs sociales comme l'équité sociale conduisant à la formation des femmes paysannes aux pratiques agroécologiques a permis une augmentation de 39 % de leurs revenus. Cette dynamique leur a permis non seulement d'être autosuffisantes mais également de dégager un revenu supplémentaire à travers la vente des surplus et des

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produits transformés issus de leurs productions (agricole et forestier), et ainsi leur a également assurer une émancipation économique et une valorisation de leur rôle dans l'exploitation.

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