3.1.4.3.3. Pratique de la régénération
naturelle assistée ou RNA
La régénération naturelle assistée
est l'une des plus importantes pratiques agroécologiques. Elle est
pratiquée par 100% des producteurs échantillonnée et est
pratiquée selon plusieurs fréquence. La figure 8 nous donne la
proportion des fréquences de pratiques de la RNA sur l'ensemble des
producteurs enquêtés. Il est à noter que 49,50% producteurs
font la RNA de façon fréquent (qui signifie Bazara dans ce cadre)
contre 0,5% qui le font rarement en fonction du besoin ressenti dans leur
champs (Figure 8).

48%
Fréquent ( Bazara) Rarement Souvent Toujours
2%
0,50%
49,50%
Figure 8 : Fréquence de la pratique de la RNA dans la
grappe. - Espèces utilisées dans la RNA en fonction des
villages
Plusieurs espèces forestières sont
rencontrées dans la grappe de Dan Saga. Parmi ces espèces, les
plus évoquées sont : 83,8% de Sabara (Guiera
senegalensis), 73,8% de Kalgo (Piliostigma reticulatum), 34,9% de
Adoua (Balanites aegyptiaca), 37% de Gao (Faidherbia albida)
et 31,5% de Magaria (Ziziphus mauritiana) (tableau 15, photo 4 &
5). Le nombre de pieds d'arbre est en moyenne de 317,06 #177; 3 187 pieds dans
tous les villages enquêtés. Il est a noter que le nombre moyen des
espèces forestières dans les champs est plus élevée
Dogaraoua (2 417 #177; 11,74 pieds d'arbres/ha) et plus faible dans le village
de Kokai (33,89 #177; 38,45 pieds d'arbres/ha). La présence de ces
arbres dans les champs accentue la fertilisation et la protection des
cultures.
L'analyse du tableau 15 ressort les proportions (%) des
espèces utilisées dans la RNA en fonction des villages. Ainsi, le
test de statistique de khi deux au seuil de 5% traduit qu'il n'ya pas une
différence entre les villages concernant les variables (Guiera
senegalensis, Faidherbia albida, Annona senegalensis,
Azadirachta indica et Prosopis africana). Cependant, pour les
variables (Piliostigma reticulatum, Balanites aegyptiaca,
Ziziphus mauritiana et Cassia singuena), le test de khi deux
traduit qu'il y a une différence significative entre les villages.
34
Tableau 15 : Espèces utilisées dans la RNA en
fonction des villages (%)
|
Villages
Espèces utilisées
|
DS
|
DA
|
GB
|
HI
|
KK
|
MA
|
Moy.
|
X2
|
Sign.
|
|
Guiera senegalensis J.F.Gmel.
|
72,6
|
84
|
73,1
|
84,6
|
88,9
|
100
|
83,8
|
11,2
|
*
|
|
Piliostigma reticulatum (DC.) Hochst.
|
65,8
|
84
|
61,5
|
84,6
|
77,8
|
69,6
|
73,8
|
7,1
|
ns
|
|
Balanites aegyptiaca Delile
|
45,2
|
36
|
34,6
|
34,6
|
33,3
|
26,1
|
34,9
|
3,5
|
ns
|
|
Faidherbia albida A. Chev.
|
31,5
|
52
|
50
|
42,3
|
33,3
|
13
|
37
|
11,4
|
*
|
|
Annona senegalensis Pers.
|
43,8
|
44
|
15,4
|
46,2
|
25,9
|
13
|
31,3
|
15,1
|
*
|
|
Ziziphus mauritiana Lam.
|
45,20
|
24
|
26,9
|
34,6
|
37
|
21,7
|
31,5
|
7,2
|
ns
|
|
Cassia singuena Guill.
|
37
|
20
|
19,2
|
34,6
|
11,1
|
39,1
|
26,8
|
10,1
|
ns
|
|
Azadirachta indica A.Juss
|
39,70
|
20
|
19,2
|
73,1
|
7,4
|
21,7
|
30,1
|
34,0
|
**
|
|
Prosopis africana Guill.
|
34,20
|
16
|
19,2
|
30,8
|
3,7
|
34,8
|
23,1
|
12,8
|
*
|
* = p < 0,05 ** = p << 0,05 ns = non significatif
Légende : DS : Dan Saga, DA : Dogaraoua,
GB : Guidan Bakoye, HI : Hardo Illia, KK : Kokai, MA : Mallamawa, X2
: Test de Khi X2, Sign. : Signification.

Photo 4 : Illustration de la pratique de la RNA sur
l'espèce Piliostigma reticulatum dans la grappe de Dan Saga.

35
Photo 5 : Illustration de la pratique de la RNA sur un jeune
plant de l'espèce Guiera senegalensis dans la grappe de Dan
Saga.
- Etat des lieux de la pratique de la
Régénération Naturelle Assistée (RNA)
Il découle de cette étude que la superficie
moyenne touchée par la RNA est de 3,3 #177; 3,15 ha. La nombre de
pratiquant de la RNA varie selon le village est en moyenne de 301 #177; 761
personnes dans la grappe. A l'échelle des villages, on remarque Dan Saga
regorge le plus grand nombre de pratiquants de la RNA (668 #177; 11,5
personnes) contre le village de Kokai qui regorge le plus petit nombre de
pratiquants (45 #177; 94,7 personnes). En ce qui concerne le pourcentage -
théorique de rendement augmenter grâce à la RNA qui est en
moyenne de 25,47%, on note que le village de Guidan Bakoye a la plus grande
moyenne avec 35,38% et le village de Kokai, le plus petit pourcentage qui est
de 22,56%. Et enfin, pour le pourcentage des revenus du ménage (23,84%
en moyenne), le tableau 16, nous montre une prédominance de 31,09% en
moyenne dans le village de Mallamawa et le village de Dan Saga a la plus petite
moyenne (21,07%).
Le tableau 16 montre les proportions de la RNA en fonction des
villages d'étude. En effet, Pour ce qui est du nombre de pratiquant et
leur superficies emblavées sur la pratique de la RNA, le test
statistique ANOVA montre qu'il n'y pas une différence significative
entre les villages e pour ces deux variables. Mais, le test statistique de Khi
deux, montre une différence significative uniquement entre les villages
concernant la variable (% des revenus du ménage).
36
Tableau 16 : Proportions de la RNA en fonction des villages du
grappe
|
Villages
|
Pratique de la RNA
|
|
Superficie touchée (ha)
|
Nbre de Pratiquants
|
% rendement de la
production
|
% des revenus du ménage
|
|
DS
|
3,7 #177; 3,21
|
668 #177; 11,5
|
23,03
|
21,07
|
|
DA
|
2,4 #177; 1,30
|
132,8 #177; 257,3
|
26,4
|
26,76
|
|
GB
|
3,7 #177; 5
|
105,6 #177; 173
|
35,38
|
24,81
|
|
HI
|
4,7 #177; 2,4
|
61 #177; 31,6
|
22,81
|
23,81
|
|
KK
|
2 #177; 1,49
|
45 #177; 94,7
|
22,56
|
21,52
|
|
MA
|
2,6 #177; 3,1
|
116 #177; 213,4
|
27,43
|
31,09
|
|
Moy. G
|
3,3 #177; 3,15
|
301 #177; 761
|
25,47
|
23,84
|
|
Test Khi deux
|
|
|
X2 : 250,08 Sign. : ns
|
X2 : 183,50 Sign. : **
|
|
Test ANOVA
|
F = 2,931 P = 0,014
|
F = 6,064 P = 0
|
|
|
** = p << 0,05 ns = non significatif
Légende : DS : Dan Saga, DA : Dogaraoua,
GB : Guidan Bakoye, HI : Hardo Illia, KK : Kokai, MA : Mallamawa, F :
Statistique de F, P : p-Value.
- Principales contraintes liées à la
pratique de la RNA
Dans la grappe de Dan Saga, la
régénération naturelle assistée fait face à
d'énormes obstacles dont entre autres : La coupe frauduleuse du bois
(57,23%). Cette pratique est l'une des contraintes majeures qui provoque
l'abandon de la protection des jeunes arbres dans les champs. Ensuite,
L'émondage (35,23%) qui est plus pratiqué par les éleveurs
transhumants (photo 4b). L'espèce la plus émondée est
Faidherbia albida où les branches sont complètement
coupées. Ensuite 6,95% de la mauvaise pratique, 6,42% de tradipraticien
(photo 4a), et enfin 4,98% des dégâts des animaux autochtone.

a
b
37
Photo 6 : (a) prélèvement frauduleuse
d'écorces de Pterocarpus erinaceus (Madobiya) par les
tradipraticiens dans le village de Mallamawa - (b) coupes frauduleuses de bois
de Faidherbia albida par les éleveurs transhumants.
3.1.4.3.4. Champs Ecole Paysan ou Champs de
diversité (CEP ou CD)
Les villages de la grappe ayant bénéficier du
CEP ou CD sont : Dan Saga, Mallamawa, et Guidan Bakoye (photo 5). Il ressort de
cet échantillonnage détaillé au tableau 17, 34,1% des
répondants sont des bénéficiaires directs des CEP faite
par PPILDA et 24,5% sont des bénéficiaires indirects (membres de
la famille du bénéficiaire direct).
Le tableau 17 montre Impacts du Champs Ecole Paysan ou Champs
de diversité (CEP ou CD) en fonction des villages d'étude. En
effet, Pour ce qui est des variables comme Année de CEP après le
départ du projet, Formateurs issus de l'intervention du projet et Jeunes
producteurs formés chaque année, le test statistique ANOVA montre
qu'il n'y pas une différence significative entre les villages pour ces
trois variables. Mais, le test statistique ANOVA, montre une différence
significative entre les villages concernant les variables (OP formés et
% d'augmentation de rendement grâce CEP).
38
Tableau 17 : Impacts du Champs Ecole Paysan ou Champs de
diversité (CEP ou CD) en foction des villages
|
Villages
Impacts
|
Dan Saga
|
Guidan Bakoye
|
Mallamawa
|
Moy.
|
ANOVA
|
|
Durée après le projet (ans)
|
11
|
8
|
8
|
9
|
F = 6,46 P = 0,003
|
|
OP formés
|
3
|
3
|
1
|
2
|
F = 1,30 P = 0,27
|
|
Nbre. Formateurs sortant du CEP
|
9
|
7
|
4
|
7
|
F = 13,28 P = 0
|
|
Nbre. Jeunes formés par an
|
4
|
1
|
0
|
2
|
F = 7,74 P = 0,001
|
|
% d'augmentation de rendement
|
33
|
42
|
32
|
35,67
|
F = 1,12 P = 0,33
|
Légende : DS : Dan Saga, DA : Dogaraoua,
GB : Guidan Bakoye, HI : Hardo Illia, KK : Kokai, MA : Mallamawa, F :
Statistique de F, P : p-Value.

a
b
Photo 7 : (a) Outils de gestion de cotisation des membres - (b)
dispositif de mise en place des parcelles de CEP ou CD dans le village de Dan
Saga.
3.1.4.3.5. Appui Conseil Agropastorale
(ACAP)
Les villages de la grappe ayant bénéficié
de l'ACAP sont : Dan Saga, Hardo Illia et Mallamawa. Lors des activités
du PPILDA, Chaque bénéficiaire avait eu en moyenne 10 kg de mil
et 5kg de semences de niébé (HKP pour le mil et IT 90K 372-1-2
pour le niébé) et 1 sac d'engrais. La quantité de la
récolte est en moyenne 707,7 #177; 1810 kg par
bénéficiaire. Il est également à rappeler qu'en
moyenne 30,3% des enquêtés affirme que la variété de
mil reçues est toujours disponible et la cultive chaque année.
La récolte est destinée : à la
consommation familiale (66,57%), la vente (57,03%), à faire des dons
entre famille ou communauté (31,17%) et enfin a la conservation comme
semence pour la prochaine saison (18,20%). L'autoconsommation et don familiale
sont plus élevée à Hardo Illia avec comme moyenne
respectivement de 80,80% et 42,30%. En revanche, ils sont faibles à
Dan
39
Saga (respectivement de 49,3% et 16,4%). En ce qui concerne la
vente, le village de Mallamawa a le plus élevé des moyennes
(69,60%) contre 43,80% à Dan Saga. En fin pour la conservation comme
semence pour la prochaine saison, elle est plus dominante à Mallamawa
(26,10%) et plus faible à Hardo Illia (3,80%). L'analyse du tableau 18
ressort les proportions (%) des espèces utilisées dans la RNA en
fonction des villages. Ainsi, le test de statistique de khi deux au seuil de 5%
traduit qu'il n'y a pas une différence entre les villages concernant
toutes les variables.
Tableau 18 : Proportion (%) de devenir des récoltes issues
de l'ACAP en fonction des villages
|
Villages
Devenir récolte
|
Dan Saga
|
Hardo Illia
|
Mallamawa
|
Moy.
|
X2
|
Sign.
|
|
Autoconsommation
|
49,30
|
80,80
|
69,60
|
66,57
|
82,84
|
**
|
|
Vente
|
43,80
|
57,70
|
69,60
|
57,03
|
64,72
|
**
|
|
Dons
|
16,40
|
42,30
|
34,80
|
31,17
|
35,15
|
**
|
|
Conservation comme semence
|
24,70
|
3,80
|
26,10
|
18,20
|
26,67
|
**
|
** = p < 0,05
3.1.4.3.6. Impacts socioéconomiques des
pratiques agroécologiques
Les pratiques agroécologiques mise en oeuvre ont permis
de répondre à une situation de crise de fertilité de
l'écosystème et de rendements agricoles très faibles
à hauteurs de 56%. Ces pratiques ont permis également une
diminution des coûts de production (56,65%) du fait de la
réduction et/ou la substitution d'intrants externes par la valorisation
des produits locaux (graines de neem, piments, fumure organique, compost). Sur
le plan de la création d'emploi, elles représentent de
potentielles opportunités d'emplois productifs et
rémunérateurs à hauteur de 64%. Sur le plan de la
sécurité alimentaire et nutritionnelle, la diversification des
productions (légumineuses, produits animaux, fruits et légumes),
contribue à une alimentation plus saine et plus équilibrée
de la population de la grappe de dan saga (50%). Sur le plan de la
santé, l'usage de biopesticides (44%) et de la biodiversité
agricole favorisent la régulation naturelle des ravageurs, tout en
réduisant de façon significative les effets néfastes
dû à l'utilisation des engrais chimique sur la santé
humaines et animales. Et enfin sur le plan de l'autonomisation des femmes, la
mise en avant des valeurs sociales comme l'équité sociale
conduisant à la formation des femmes paysannes aux pratiques
agroécologiques a permis une augmentation de 39 % de leurs revenus.
Cette dynamique leur a permis non seulement d'être autosuffisantes mais
également de dégager un revenu supplémentaire à
travers la vente des surplus et des
40
produits transformés issus de leurs productions
(agricole et forestier), et ainsi leur a également assurer une
émancipation économique et une valorisation de leur rôle
dans l'exploitation.
|
|